Une œuvre de dix titres produite sous le label World circuit et qui est disponible sur toutes les plateformes depuis le 10 juin 2022.
«Revenir aux racines de cette musique est un nouveau départ
pour moi et je n'ai jamais passé autant de temps ou travaillé aussi dur sur un
album. Je savais que ça devait être profond, durable et puissant et j'ai donc
pris beaucoup de temps pour réfléchir à comment le faire et le mettre ensemble».
C’est la confession faite par Vieux Farka (de son vrai nom Bouréima Touré) à la
presse à la veille de la sortie de son nouvel opus, «Les Racines». Un album
disponible depuis le 10 juin 2022.
Même si son talent est incontestable, le jeu de guitare et les arrangements des œuvres de Vieux Farka Touré s’apparentaient jusque-là à un bruyant rock 'n' roll (rock and roll) qu’aux envoûtantes mélodies des monstres sacrés du blues comme son père, feu Ali Farka Touré. Au début de sa carrière, l’ambition du jeune artiste était sans doute de s’affranchir de la notoriété de son charismatique et légendaire papa en s’ouvrant sa propre voie vers la célébrité.
Et il y est parvenu avec plus ou moins de succès avec ses
différents albums.
Il s’agit notamment de «Vieux Farka Touré» (Modiba/World
Village ; 2006), «Fondo» (Six Degrees Records, 2009), «The Secret» (Six Degrees
Records, 2011), «Mon Pays» (Six Degrees Records ; 2013) et «Samba» (Six Degrees
Records, 2017). Des œuvres qui lui ont
quand même ouvert les portes du showbiz mondial. Et cela à travers un
genre atypique défini par certains critiques comme «un syncrétisme musical à
base de blues, funk et reggae, agrémenté de tradition malienne». Et cela avec
des sources majeures d'influence comme Jimmy Hendrix, James Brown, Michael
Jackson, Bob Marley…
Ce qui fait que les fanatiques du blues l’écoutaient beaucoup plus par reconnaissance que par admiration. Aujourd’hui, le jeune virtuose de la guitare semble avoir pris conscience de toute sa responsabilité en tant qu’héritier, en tant que fils d’un terroir qui s’est toujours ouvert au brassage sans jamais y laisser son âme. «Quoi que tu fasses, quel que soit l’endroit où tu pars, quel que soit le domaine où tu évolues, à un moment, tu dois retourner chez toi… Il faut savoir regarder en arrière, vers nos ancêtres», déclare Vieux pour justifier son retour aux sources.
SUR LES TRACES D’ALI FARKA TOURÉ- Selon des critiques, les
dix titres de «Les Racines» dégagent l’exquis parfum d’un «desert blues» pur et
accrocheur. «Ça, c’est vraiment la musique que je dois faire. C’est la musique
de chez moi, de là où je suis né, de là où j’ai grandi», a-t-il reconnu devant
des confrères de la presse internationale. Ce nouvel album marque certainement
un tournant décisif dans la carrière de ce talent jovial et taquin. Il propulse
sa carrière dans une autre dimension avec des titres captivant comme «Gabou Ni
Tie».
En plus de le ramener aux racines du blues, reconnaissent
des critiques, «ce titre propulse aussi
Vieux Farka dans la dynamique de l’engagement artistique» de son regretté père.
«Dans mon pays, le Mali, l’éducation traditionnelle est très importante pour
remplir par la suite ses fonctions d'adultes. Il s'agit ici d’une jeune fille
qui ne veut pas suivre cette éducation ancestrale. Elle passe tout son temps à
vagabonder, elle n'écoute pas les conseils de ses parents et ne fait que des
mauvaises fréquentations. Là, on lui demande de revenir dans le rang parce
qu'on a des valeurs coutumières à respecter.
Tu dois respecter tes parents et
toute la communauté pour la conservation de nos valeurs traditionnelles»,
raconte le fils d’Ali Farka à propos de ce titre dans lequel il doit sans doute
se reconnaître en partie. Quant au titre «Les Racines», il le réconcilie avec la musique songhaï que des critiques
qualifient de «desert blues». Un genre atypique rendu célèbre par le regretter
Ali Farka Touré. Une légende qui a su brillamment relever le défi de prouver
que les racines du blues sont en Afrique, notamment sur les berges du Djoliba
(fleuve Niger).
Et pour ce virage dans sa carrière, Vieux ne pouvait mieux
trouver que «World circuit», une maison de production qui a été le tremplin du
rayonnement mondial de son défunt et illustre père. Une première ! «C’est
compliqué de travailler avec Nick Gold parce que ce n’est pas n’importe qui :
c’est un père pour moi», confesse Vieux. Et d’ajouter, «il a voulu attendre que
je fasse d’autres projets avant de collaborer. Pour ce disque, c’est comme si
Ali était avec moi, donc c’était une très grosse pression pour moi de
travailler avec lui. Nick est très exigeant… Le jour où j’ai enfin soufflé,
c’est quand il m’a appelé pour me féliciter pour l’album. C’était comme si Ali
Farka venait me dire : mon fils, tu as bien travaillé» !
Un soulagement d’autant plus que, reconnaît le jeune artiste, «quand tu viens d’un monde musical de rock et de pédales... et soudain revenir à la tradition, à ce monde de savoir, ce n’est pas facile, surtout quand tu sais que Nick Gold est le producteur. C’était vraiment marcher sur les traces de mon père, sans aucun artifice». Le guitariste virtuose suit également les traces de son père en collaborant sur cet album avec des stars comme Amadou Bagayoko (Gabou Ni Tie) et Madou Sidiki Diabaté (Les Racines).
La quête d’une sonorité atypique
Absent des bacs depuis 2017 (l’album Samba), Vieux Farka
Touré, a profité du coup d’arrêt imposé par la pandémie au coronavirus pour
faire le point de sa carrière et penser à l’avenir. «J'avais envie de faire un
album plus traditionnel depuis très, très longtemps. C'est important pour moi
et pour le peuple malien de rester connecté à nos racines et à notre histoire»,
reconnaît-il.
«C’est toute une réflexion qui me travaille depuis très
longtemps, mais j’ai commencé à m’y mettre avec cette pause mondiale et la fin
des tournées et des voyages. Ce qui m’a permis de marquer une pause. Je n’ai
jamais passé autant de temps ni travaillé aussi dur sur un album parce que tout
à coup, j’ai eu le temps de réaliser ce que je voulais une sonorité très
particulière ! J’ai voulu jouer avec la guitare de mon père pour recréer ce son
et puis j’ai travaillé avec Jerry Boys, l’ingénieur du son qui a collaboré des
années avec mon père. Jerry a fini le boulot», a-t-il expliqué dans un
entretien accordé à nos confrères de PAM (pan-african-music.com).
Ce projet, le «Hendrix du Sahara» l’a conçu et réalisé
pendant deux ans à Bamako dans son home studio installé au domicile paternel.
Il en a donc résulté un somptueux album de dix titres (Gabou Ni Tie, Les
Racines, Flany Konaré, Ngala Kaourene, Tinnondirene, Ndjehene Direne, Lahidou,
L’Âme, Adou et Be Together) axés sur l’éducation, la paix, la cohésion sociale…
«Au Mali, la musique est le principal moyen de transmettre des informations et
des connaissances ; de sensibiliser ; de mobiliser ; d’éveiller les consciences…»,
expliquait-il (à propos du nouvel album) à la presse occidentale. Et d’ajouter,
«mon père s'est battu pour la paix et, en tant qu'artistes, nous avons
l'obligation d'éduquer sur les problèmes auxquels notre pays est confronté, de
rallier les gens et de les guider vers la raison».
Aujourd’hui, Bouréima dit Vieux Farka Touré est déterminé à perpétuer l’héritage paternel sur tous les plans. «Je suis son chemin. Je suis moi aussi dans l’agriculture, à l’écoute de la vie du village et du social. Impossible de laisser tomber ça. C’est une grande responsabilité, ce n’est pas facile, mais que faire ? C’est notre destin ! Ça nourrit ma musique», reconnaît-il. Ne soyez donc pas surpris de le voir un jour solliciter les suffrages des populations pour se faire élire «Monsieur le Maire» comme feu son père Ali Farka décédé alors édile de Niafunké !
Moussa BOLLY
Rédaction Lessor
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