Journalistes et reporters d’images lors d'une conférence de presse
S’il est difficile d’accomplir cette mission en période de crise, les médias ne doivent pas renoncer à apporter leur pierre dans la promotion et la consolidation de la paix et de la stabilité. Ils doivent aider à forger une opinion nationale et internationale favorable au pays, sans vouloir maquiller les choses, mais à les restituer avec le plus grand professionnalisme. Sur ce plan, la crédibilité des journalistes et autres communicateurs est essentielle. Les médias peuvent être des vecteurs de cohésion sociale en diffusant des informations fiables, en facilitant le dialogue entre les communautés et en promouvant les droits de l’Homme et l’état de droit. La presse malienne, à un moment donné de la crise, a été utilisée comme rempart contre de prétendues persécutions de communautés minoritaires pour mettre à mal notre vivre ensemble. Heureusement que le professionnalisme et la fibre patriotique des journalistes ont prévalu. Ceux-ci ont apporté leur pierre dans la déconstruction des narratifs de ces prophètes de malheur, à qui on avait trop longtemps laissé le boulevard libre dans la guerre communicationnelle.
Les observateurs et analyses politiques s’accordent à admettre que les médias peuvent également aider à prévenir la désinformation et à renforcer la résilience de la société. Qu’ils soient traditionnels ou sociaux, ces canaux peuvent fournir des informations vérifiées et équilibrées sur l’actualité ou les évènements majeurs, aidant à contrer les rumeurs et à prévenir la propagation de la désinformation.
Dans le contexte de crise sécuritaire et socio-politique dans notre pays, certains médias adoptent des pratiques contraires à l’éthique et à la déontologie du journalisme. En diffusant des rumeurs et des informations non vérifiées, ils fragilisent davantage une cohésion sociale déjà mise à rude épreuve. Pour mieux comprendre le rôle et la responsabilité des médias dans la promotion de la paix, nous sommes allés à la rencontre de quelques professionnels du secteur. Regards croisés de spécialistes sur la question.
MESSAGES D’APAISEMENT- Bandiougou Danté, président de la Maison de la presse, pense que la promotion de la paix est une responsabilité collective. Compte tenu de leur influence et de leur place dans la société, les médias jouent un rôle clé. «Par leur travail, ils favorisent l’information, la sensibilisation et le vivre-ensemble entre les communautés, tout en encourageant la tolérance», explique le président de la faîtière de la presse. Selon lui, les journalistes doivent respecter strictement les principes fondamentaux du journalisme, en sélectionnant des sujets et des formats pertinents pour répondre aux préoccupations des populations. Cela passe par des articles équilibrés, porteurs de dialogue et d’échanges intercommunautaires. Salif Sanogo, ancien directeur général de l’ORTM, insiste sur l’importance de l’objectivité et de l’impartialité dans le traitement de l’information. «Notre credo doit être l’équilibre, la neutralité, la fiabilité des sources et leur protection», précise-t-il. Il met en garde contre le choix des mots, dont l’impact peut varier, selon les contextes géographiques et culturels. «Les mots doivent être choisis avec soin, car ils peuvent devenir des maux», a-t-il dit, ajoutant qu’un traitement biaisé de l’information, qui attiserait les tensions sociales ou propagerait des préjugés, doit être évité à tout prix. Pour Salif Sanogo, chaque étape du processus journalistique, de l’attribution des reportages à la rédaction des titres, en passant par le montage ou la gestion des rédactions, doit refléter exactitude, impartialité et responsabilité.
Abdoulaye Guindo, coordonnateur national de la plateforme de blogueurs Benbéré, soutient que les journalistes doivent non seulement relater les faits, mais aussi contribuer à consolider la paix, la cohésion et la réconciliation. Cela implique de transmettre des messages d’apaisement et de donner la parole à toutes les parties concernées. «L’éthique journalistique inclut un rôle de médiateur, orienté vers la réconciliation», explique Abdoulaye Guindo, Avant de demander : «Si un journaliste, par sa plume, provoque des conflits et ou l’instabilité, où pourrait-il exercer son métier ?». Pour lui, le comportement quotidien des journalistes est essentiel pour promouvoir la paix.
changement de perspective- Maciré Diop, rédacteur en chef du Journal du Mali, s’inscrit dans la même vision. Ce journaliste aussi considère les médias comme des acteurs clés dans la promotion de la paix, particulièrement dans un pays confronté à des tensions multiples. Leur responsabilité, selon lui, est de fournir une information fiable, équilibrée et responsable, tout en combattant les fausses informations et en favorisant le dialogue intercommunautaire. «Les médias doivent valoriser les initiatives locales de réconciliation et amplifier les voix des victimes ou des artisans de la paix», souligne-t-il. S’adapter au contexte de paix exige de changer de perspective sans renoncer à l’esprit critique. «Le journaliste doit expliquer les conflits avec rigueur, sans alimenter la peur ou la haine, en choisissant des mots apaisants et en mettant en avant des récits positifs», ajoute Maciré Diop. Cela nécessite, d’après lui, sensibilité, formation et parfois, un repositionnement éditorial.
Pour le rédacteur en chef du Journal du Mali, promouvoir la paix n’implique pas de sacrifier la vérité ou d’abandonner les règles du journalisme. Au contraire, cela demande encore plus de rigueur. D’après lui, la vérification des faits, le croisement des sources et le pluralisme des opinions sont essentiels pour garantir la crédibilité de l’information. «Ce qui change, c’est l’intention du journaliste. Au lieu de se limiter à relater les tensions, il doit chercher à en comprendre les causes et proposer des clés pour apaiser», explique Maciré Diop. Ainsi, le journaliste reste fidèle à sa mission d’informer tout en assumant pleinement sa responsabilité sociale dans un contexte de fragilité.
Souleymane SIDIBE
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