À travers le Programme d’éducation et de formation démocratique et politique (PREFODEP), l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD), avec l’appui de l’Union européenne, œuvre depuis plusieurs années à l’émergence d’une nouvelle génération de citoyens et de leaders engagés, capables de contribuer activement à la consolidation démocratique du pays. Majoritaire sur le plan démographique, la jeunesse malienne exprime depuis longtemps son aspiration à participer pleinement à la gestion des affaires publiques, tout en dénonçant son accès limité aux espaces de décisions. Cette problématique est devenue plus aiguë depuis la crise multidimensionnelle de 2012, qui a fragilisé les institutions, affecté la cohésion sociale et altéré la confiance entre gouvernants et gouvernés. Les évènements politiques intervenus à partir d’août 2020, suivis des Assises nationales de la Refondation, ont ravivé l’espoir d’un renouveau fondé sur des réformes structurelles profondes. Toutefois, sans une participation qualifiée, responsable et durable des jeunes, cette dynamique de refondation risquerait de rester inachevée. C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit le PREFODEP, en transformant l’engagement citoyen en compétences, en valeurs démocratiques et en actions concrètes.
PLUS DE 850 JEUNES FORMÉS DEPUIS 2021
Financé
par l’Union européenne, le PREFODEP a permis, depuis son lancement en avril
2021, de former plus de 850 jeunes, femmes et hommes, âgés de 18 à 35 ans. La
première phase du Programme (2021–2022) a concerné 210 bénéficiaires à Bamako,
tandis que la seconde phase (2023–2025) a étendu les activités à Sikasso et
Mopti, avec un dispositif semi-virtuel pour les Régions de Gao et Kidal. Au
total, près de 1.000 jeunes auront bénéficié de ce programme sur l’ensemble des
deux phases. La formation repose sur un curriculum de 11 modules clés,
articulés autour du triptyque « connaissances, compétences et valeurs ». Les
enseignements portent notamment sur les techniques d’expression écrite et orale
et l’affirmation du leadership, l’histoire politique du Mali, la démocratie,
les institutions de la République, la décentralisation, les droits humains, le
genre, les médias, le plaidoyer, la gestion des conflits, ainsi que le
panafricanisme et la géopolitique internationale.
IMPRESSION DU COACH DAOUDA SAMAKÉ
« La formation a gagné en qualité au fil des années avec la correction de certaines lacunes; notamment les critères de sélection des auditeurs (niveau d’analyse, engagement, etc.), l’actualisation des différents modules chaque année, la mise en synergie des différentes expériences et compétences à travers des groupes WhatsApp et autres réseaux sociaux, l’initiation de cadres de rencontres et d’échanges. Daouda Samaké a témoigné que le programme a su impliquer voire amener chaque acteur à s’en approprier et à s’imposer une exigence d’excellence et de résultat. Pour lui, cette valorisation et responsabilisation des parties prenantes (autorités, partenaires techniques, commission scientifique, formateurs, alumnis, auditeurs et autres personnes ressources pouvant être d’un apport) a été pour chacun dans le domaine qui le concerne, un défi à relever très souvent avec engagement et engouement.
La
qualité de l’équipe des experts formateurs, de la logistique, des salles,
l’opportunité et la pertinence du module dans la perspective d’un Mali nouveau
avec des acteurs politiques nouveaux et une nouvelle perception des stratégies
de conquête du pouvoir ont vraiment émerveillé les participants. Le management,
la disponibilité, le savoir-faire et l’approche participative adoptée par
l’équipe de l’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD-Mali)
qui a semé la graine de l’espoir, constituent une source d’inspiration pour les
jeunes auditeurs et aspirants politiques à s’engager pleinement pour
l’émergence d’un Mali nouveau. »
UNE
APPROCHE PÉDAGOGIQUE AXÉE SUR LA PRATIQUE
Au-delÃ
des cours théoriques, le PREFODEP se distingue par une approche pédagogique
résolument pratique. Le programme intègre des dispositifs complémentaires tels
que le coaching, le mentorat, les cafés politiques, les débats publics
médiatisés, les sorties pédagogiques et les voyages d’étude. Ces espaces
d’échanges permettent aux jeunes de dialoguer avec des décideurs publics, des
universitaires et des acteurs de la société civile, tout en confrontant les
notions acquises aux réalités du terrain. La lutte contre la désinformation et
la promotion de la responsabilité citoyenne à l’ère du numérique figurent
également parmi les priorités du programme.
TÉMOIGNAGE D’UNE ALUMNI, UNE VOIX QUI S’AFFIRME
Alumni
de l’école démocratique, promotion Mahamane Santara, Fatoumata Dramane Kané
illustre l’impact concret du programme. « J’ai été motivée à rejoindre l’école
démocratique, parce que je suis une jeune citoyenne très active sur les réseaux
sociaux. Avant, je ne connaissais même pas la Taxe de développement régional et
local. Cette situation a éveillé ma curiosité et m’a poussée à vouloir
comprendre ce qui se passait réellement au sein de l’école. J’ai réalisé que je
pouvais utiliser ma voix pour faire quelque chose de bien et contribuer au
changement. J’ai compris que la parole peut être un véritable outil de
transformation sociale. », témoigne-t-elle.
Aujourd’hui, elle envisage de s’engager auprès des jeunes filles de sa
communauté.
REGARD D’UN FORMATEUR SUR L’INNOVATION DU PROGRAMME
Président
de la commission scientifique de Mopti et formateur, Abba Kassambara salue
l’originalité du PREFODEP. « Ce qui m’a
motivé à rejoindre cette initiative, c’est d’abord l’approche méthodologique,
aussi bien pour les formateurs que pour les auditeurs. Le contenu est une
innovation qui contribue à former l’homme malien nouveau à la politique et à la
démocratie. À Mopti, l’école a permis de constituer un vivier de 155 jeunes
formés, aujourd’hui très sollicités dans les médias et les débats publics sur les
questions de démocratie et de gouvernance », souligne Abba Kassambara.
RECOMMANDATIONS
DU COACH DAOUDA SAMAKÉ POUR LA SUITE
Pour
Daouda Samaké, les acquis doivent être capitalisés et les alumnis; surtout les
majors doivent être régulièrement accompagnés jusqu’à un certain niveau
d’affirmation de leadership au sein de leurs communautés. Les projets citoyens
les plus pertinents et qui sont susceptibles d’avoir un impact communautaire
plus considérable et durable doivent être techniquement et financièrement
accompagnés pour permettre aux alumnis porteurs de ces projets d’acquérir plus
de crédibilité et de notoriété afin de se faire une place de choix sur la scène
communautaire et régionale. Il propose aussi de rééditer une nouvelle phase des
écoles (démocratique et politique) et l’étendre à d’autres capitales régionales
en tirant des leçons de la phase précédente (plus de rigueur dans la sélection
des auditeurs, uniformisation des fondamentaux de la méthodologie des
facilitateurs), et maximiser les atouts et opportunités (l’utilisation des
réseaux sociaux pour améliorer la communication, implication régulièrement de
tous les acteurs).
DES
IMPACTS DÉJÀ PERCEPTIBLES SUR LE TERRAIN
Les impacts du PREFODEP sont désormais visibles. Les jeunes formés affichent une meilleure compréhension des enjeux politiques et un engagement accru. À ce jour, plus de 300 initiatives ont été portées par les alumnis dans des domaines variés. Arrivant à son terme en décembre 2025, le PREFODEP aura contribué à la formation d’une masse critique de jeunes leaders conscients et outillés. L’élan créé confirme un pari stratégique : la refondation durable du Mali passe avant tout par l’investissement dans le capital humain et par une jeunesse capable de porter une démocratie résiliente et inclusive.
Souleymane SIDIBE
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