Perspectives sahéliennes : la BCID-AES, accélératrice de la révolution sahélienne

La session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’Uemoa, tenue à Lomé au Togo le 12 juillet dernier, aura été historique. Mais d’une manière peu ordinaire, non pas à cause de décisions marquantes pour l’évolution de l’organisation, mais en raison d’un fait rare : les ministres de la zone AES ont choisi de quitter la table.

Publié mardi 29 juillet 2025 à 07:35
Perspectives sahéliennes : la BCID-AES, accélératrice de la révolution sahélienne

L’organisation monétaire, créée en 1994, s’est alors retrouvée seule face à un dilemme : respecter ses règles internes qui imposent une présidence tournante du Conseil, cette fois-ci dévolue de droit au Burkina Faso ou les tordre pour ne pas subir la nouvelle donne géopolitique régionale. Or le Burkina Faso, membre a pris des options nouvelles qu’il faut désormais intégrer : son appartenance à la Confédération des États du Sahel (AES), dont les orientations souveraines viennent bousculer l’ordre financier régional établi, dont l’Uemoa est un des instruments.

L’avènement de l’AES et son processus d’affermissement institutionnel imposent de rebattre les cartes. C’est en cela que la nouvelle Banque confédérale d’Investissement et de Développement (BCID-AES) s’impose comme une pièce maîtresse du nouvel échiquier financier régional. Ce cap a été réaffirmé le jeudi 24 juillet à Niamey, à l’occasion de la réunion des ministres chargés des Finances de la Confédération. Quelques jours après le sommet des Chefs d’État de l’Autorité de développement intégré du Liptako-Gourma, cette rencontre témoigne d’une volonté d’accélérer la mise en place de l’arsenal institutionnel nécessaire à la réalisation des ambitions des peuples et dirigeants de l’AES.

À Niamey, les ministres ont planché sur l’opérationnalisation de la BCID-AES, principal levier financier des projets du pilier développement. Au regard de la trajectoire engagée, c’est désormais adieu à l’aide au développement, cet outil longtemps privilégié pour maintenir nos États dans l’asservissement au service d’un impérialisme cynique ou encore des prêts à des taux d’intérêts iniques. Avec un capital initial de 500 milliards de Fcfa, la Confédération veut doter sa banque de la puissance requise pour qu’elle ne soit ni éléphant blanc ni colosse aux pieds d’argile.

Le ministre Alousséini Sanou, président du Conseil des ministres des Finances de l’AES, et ses pairs, savent combien les attentes des Chefs d’État et des populations sont fortes sur ce projet. Dans les discours, l’urgence et la délicatesse sont placées en tête de la stratégie d’opérationnalisation.

La BCID-AES se verra naturellement confier les missions d’une banque d’investissement et de développement. Pour nos trois pays réunis, il faut un outil solide pour faciliter les opérations financières des entreprises et des organismes publics : levée de fonds, fusions, introductions en bourse. Il faut aussi un levier puissant pour financer les projets à fort impact social et économique, comme ceux attendus au Burkina Faso, au Niger et au Mali les trois poumons de la Confédération, désormais propriétaires de la BCID-AES.

Face aux conditionnalités défavorables longtemps imposées par les institutions financières régionales et internationales, la BCID-AES entend proposer une alternative crédible et durable, conforme aux impératifs de souveraineté et de destin assumé. C’est en cela que la réunion de Niamey fut cruciale pour la marche de l’AES, car il s’agit de «bâtir un cadre d’intégration économique et financière solide capable de répondre aux défis structurels et aux besoins de développement de nos populations», selon les mots du ministre Sanou.

Niamey fut donc une étape charnière : les experts y ont élaboré des documents précis pour baliser le chemin vers une BCID-AES forte et viable. Cette institution en gestation s’annonce comme une véritable accélératrice de la révolution sahélienne. Et comme l’a dit le Premier ministre du Niger, Mahamane Lamine Zeine, la Confédération doit démontrer sa «capacité à passer rapidement des intentions aux décisions, des décisions aux actions, des actions aux réalisations, et des réalisations aux impacts». En moins de deux ans pour l’Alliance, en un an pour la Confédération, nos trois États ont montré la voie sûre vers la souveraineté, le développement véritable et un avenir solide dans un Sahel prospère.

Alassane Souleymane

Lire aussi : Journée annuelle de l’entreprise privée : Le ministre moussa alassane Diallo appelle à une PME forte

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé, samedi 10 janvier, la cérémonie de célébration de la Journée annuelle de l’entreprise privée, organisée au Conseil national du patronat du Mali (CNPM) par le département de l’Industrie et du Commerce à tra.

Lire aussi : Attaque des États-Unis contre le Venezuela : La Confédération AES dénonce une ingérence inacceptable

Dans un communiqué datant de ce jeudi 8 janvier et signé par son Président, et Président du Faso, Ibrahim Traorė, la Confédération des Etats du Sahel (Confédération AES) dénonce l'attaque des États-Unis d’Amérique contre la République bolivarienne du Venezuela..

Lire aussi : Perspectives sahéliennes : Les attentes des populations confédérales pour 2026

La proximité de la 2ᵉ session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES, tenue à Bamako, avec la fin de l’année 2025 a permis aux dirigeants de se projeter sur l’avenir, notamment sur cette nouvelle année qui commence..

Lire aussi : Sommet de l'AES à Bamako : La reconnaissance du mérite au service de l'intégration sahélienne

Dans le cadre des activités de la 2è session ordinaire du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a procédé ce mardi 23 décembre, au Palais de Koulouba, à la décoration du Capitaine I.

Lire aussi : À l’heure du Mali, À la présidence confédérale : des lumières d’Assimi aux outils d’IB

La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit son chemin, nourrie chaque jour par la ferveur populaire qui l’accompagne et par la détermination des chefs d’État des trois pays à en faire un tournant décisif pour assurer un bien-être collectif durable. Tel est l’esprit de la Confé.

Lire aussi : Palais de Koulouba : Un dîner à l’honneur des présidents Tiani et Traoré

Dans le cadre de la 2è session du collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a offert un dîner à l’honneur de ses hôtes le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger et le Capitaine .

Les articles de l'auteur

À l’heure du Mali : Le cas Vénézuélien, entre désarroi mondial et fermeté sahélienne

Dans une précédente chronique, parue dans notre livraison du 5 janvier dernier et intitulée «Entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique», nous évoquions la journée du 3 janvier 2025 et «la torpeur quasi mondiale provoquée, un peu plus tôt, par l’arrestation du président d’un État souverain par les forces d’un autre, telle qu’elle a été vécue au Venezuela »..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 12 janvier 2026 à 08:54

Perspectives sahéliennes : Les attentes des populations confédérales pour 2026

La proximité de la 2ᵉ session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES, tenue à Bamako, avec la fin de l’année 2025 a permis aux dirigeants de se projeter sur l’avenir, notamment sur cette nouvelle année qui commence..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 06 janvier 2026 à 10:02

À l’heure du Mali : 2026, entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique

La journée du 3 janvier 2026 illustre-t-elle déjà l’allure que nous réserve la nouvelle année, pour le Mali comme pour le monde ?.

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:40

Perspectives sahéliennes : L’hiver noir et le prix de l’acier

Remontons le fil de l’histoire et posons-nous dans un moment mémorable : la conférence des chefs d’État de France et d’Afrique à Paris. Le mercredi 4 novembre 1981, une conférence de presse conjointe réunit le président français François Mitterrand, ses homologues ivoirien Félix Houphouët-Boigny et zaïrois Mobutu Sese Seko. Beaucoup de choses sont dites ce jour-là, et certains extraits circulent encore aujourd’hui sur les réseaux sociaux..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 30 décembre 2025 à 08:27

À l’heure du Mali, À la présidence confédérale : des lumières d’Assimi aux outils d’IB

La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit son chemin, nourrie chaque jour par la ferveur populaire qui l’accompagne et par la détermination des chefs d’État des trois pays à en faire un tournant décisif pour assurer un bien-être collectif durable. Tel est l’esprit de la Confédération : redessiner la carte géopolitique régionale et continentale, imposer de nouveaux paradigmes de gouvernance vertueuse..

Par Alassane Souleymane


Publié mercredi 24 décembre 2025 à 08:40

La Confédération AES, par le sang et pour la prospérité

Cher lecteur, merci de lire votre quotidien national Sidwaya, que vous tenez en main en ce moment et dont vous scrutez chaque mot. Quoi ? Vous pensez que je me trompe de titre ? Je dis bien Sidwaya..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:54

Maroc-Comores, 2-0

En ouverture, le pays organisateur fait l’essentiel.

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:21

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner