On lui colle à la peau affectueusement le surnom de «Pinochet». Pourquoi ce sobriquet en référence au dictateur chilien Augisto Pinochet ? C’est parce que l’ancien Premier Ousmane Issoufi Maïga a le don de mettre utilement la pression sur tout collaborateur et d’extraire le meilleur de lui. Mais aussi du fait de sa rigueur dans la gestion des affaires publiques.
Il a vu le monde un jour de 1946 dans le Septentrion malien, précisement dans la Région de Gao. Il obtient son baccalauréat au lycée technique de Bamako. Son césame en poche, il s’envole pour l’Union soviétique et s’inscrit à l’Université de Kiev en Ukraine. Après l’obtention de son diplôme en 1970 (une Maîtrise en économie), Ousmane Issoufi Maïga quitte l’ex-Union des Républiques socialistes et soviétiques (ex-URSS) pour les États-Unis. Il rejoint l’American University à Washington DC et y décroche un diplôme en économie de développement bancaire et financier.
Ce brillant parcours universitaire ouvre devant lui les portes du monde du travail. Il deviendra Administrateur de la BCEAO, de la BOAD, de la BADC, puis gouverneur au FMI, à la Banque mondiale, à la BADC et à la BID. Celui qui a le patriotisme chevillé au corps a de la hauteur de vue parce qu’il a toujours mis le pays au dessus de ces belles opportunités de carrière et y revient pour travailler au ministère des Finances en tant directeur général à plusieurs reprises notamment à la Caisse autonome d’amortissement, aux Marché publics. Sa carrière ministérielle débute en 1991 avec le poste de Ministre Contrôleur général d’Etat dans le gouvernement de Transition.
En juin 2002, il prend les rênes du ministre de la Jeunesse et des Sports où il donnera un véritable coup d’accélérateur aux travaux effectués dans le cadre de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2002) dans notre pays. Ce qui n’est guère étonnant puisqu’il est connu pour être un féru de sports. Après l’organisation magistrale de cette compétition au Mali, il a été sollicité par la Corée du Sud pour des conseils dans l’organisation et la mobilisation du public lors de la coupe du monde de football, la même année.
Celui qui était alors promis à un bel occupera ensuite les fonctions de ministre de l’Économie et des Finances et de ministre des Transports et de l’Équipement, avant d’accéder le 29 avril 2004 au poste de Premier ministre sous le régime de l’ancien Président de la République feu Amadou Toumani Touré. À cause de ses nombreuses qualités d’homme d’État, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, l’a désigné président du comité qui a conduit le Dialogue inter-Maliens.
Avant de le choisir ensuite comme président de la Commission de rédaction de l’avant-projet puis du projet de Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale. Il a dirigé avec brio cette commission qui a écouté les Maliens, rédigé un document qui a été remis au Chef de l’État. Après avoir institué le prix annuel pour la promotion de la paix au Mali, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga a donc été désigné comme le premier lauréat pour ses nombreux efforts dans ce sens.
Jessica K. DEMBELE
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