Véritable opportunité d’affaires et de développement
de l’économie locale, la «Ziyara», une visite pieuse dans une ville sainte ou
chargée d’histoire et de symboles religieux, est un rituel qui draine du beau
monde, notamment les fidèles musulmans. Cela prend une autre dimension à Nioro,
une ville à l’érudition avérée avec des guides spirituels vertueux. Les fidèles
musulmans se bousculent aux portillons de cette ville qui passe pour une
université religieuse et qui accueille de nombreuses visites pieuses. Celles-ci
mobilisent des milliers de fidèles, génèrent des ressources pour les communautés
et boostent l’économie locale. Malheureusement, aucune donnée chiffrée n’est
disponible pour soutenir cette réalité.
Le directeur national du tourisme, Mamari
Diarra, déplore aussi l’absence de statistiques sur ce type de tourisme,
sous-tendu par des convictions religieuses. Les initiateurs de Ziyara pensent
que ce n’est pas du tourisme parce que ça va au-delà du simple plaisir de découvrir.
C’est aussi un enseignement religieux et un acte de spiritualité. Depuis
l’accession de notre pays à l’indépendance, l’industrie touristique
connait une profonde mutation tant sur le plan administratif que démographique.
On peut retenir l’éclatement de l’Office malienne de tourisme et de l’hôtellerie
en deux structures, la direction nationale du Tourisme et l’Agence de promotion
touristique du Mali. Il y a eu aussi des textes réglementaires relatifs à la
Politique nationale du tourisme.
La crise sécuritaire que traverse notre pays
depuis 2012 a plombé le tourisme. Ces dernières années, il y a un regain d’intérêt
pour le tourisme religieux auquel s’identifient de nombreuses confréries
religieuses. Un dossier publié en 1979 dans les colonnes de Soudjata (un
journal édité à l’époque par l’Amap) rappelle que le tourisme religieux est un
phénomène très ancien qui a connu un grand essor au XIe siècle avec l’arrivée
des almoravides et la chute de l’Empire du Ghana.
À l’époque, l’islam devait
connaître une grande expansion dans les deux grands empires successifs, celui
du Mali et Songhaï, dont les empereurs devaient d’ailleurs faire des
retentissants pèlerinages à La Mecque (Kankou Moussa et Askia Mohamed). Depuis,
le tourisme religieux n’a cessé de prendre l’ampleur dans notre sous-région.
Ainsi, il se positionne comme un secteur
plus vital dans les localités de Nioro, Dilly, Djenné, Tombouctou, Bandiagara,
Tamani, Ségou, Hamdallaye, Kita, Déguimbéré qui est même devenu un grand centre
de pèlerinage pour les Toucouleurs d’Afrique de l’Ouest après la disparition légendaire
d’El Hadj Oumar Tall.
Tous y gagnent-Nioro du Sahel n’est pas le
bout du monde, mais ce n’est pas non plus la porte d’à côté du fait du mauvais état
de la route. Après 9 heures de secousses sur une route moins carrossable sur
des kilomètres, le visiteur retrouve finalement la ville religieuse. Dans cette
cité des grands érudits, on aperçoit partout les signes ostentatoires d’un
enracinement à l’islam.
Les portraits du chérif de Nioro arborés par ses
disciples portant des chapelets au cou monopolisent l’attention. à l’arrivée de
notre bus, des enfants mendiants se faufilent entre les passagers et tendent la
sébile. Sans être remis de notre état de fatigue après un voyage qui avait tout
d’une descente aux enfers, nous nous sommes rendus dans les zawiyas des hamallistes
et de la famille Tall pour découvrir ces établissements qui fonctionnent sous
l’autorité de la confrérie religieuse.
Les Ziyara apportent un bol d’air à l’économie
locale. Les plus courues demeurent celles du chérif de Nioro et d’El hadj Omar
Foutiya Tall. Le préfet de Nioro, Almamy Ibrahima Kagnassi, indique que
l’administration accompagne chaque année l’organisation de ces activités, en
termes de sécurité, de couverture sanitaire, mais aussi d’assistance
protocolaire dans l’accueil des autorités et autres personnalités étrangères
qui y participent.
Dans cette ville de tolérance religieuse, les communautés
vivent en parfaite harmonie. Au cours des Ziyara, on initie des actions de
nettoyage, de construction et d’entretien des voies, des maisons et d’autres
projets à caractère humanitaire se concrétisent. La Ziyara permet aux croyants
de se retrouver autour d’un intérêt commun. Des milliers de personnes se déplacent
à Nioro. Cela représente une niche pour stations de service, commerçants,
restaurateurs voire confectionneuses de colliers. Tous y gagnent.
Le premier adjoint au maire, Seckna Ba,
reconnaît aussi l’apport économique des Ziyara. «Toutes les couches
professionnelles en bénéficient», souligne
l’élu de la Commune urbaine de Nioro du Sahel. Certains interlocuteurs
acceptent d’aborder la question des Ziyara avec nous. Samba Dicko, commerçant
au Grand marché de Nioro explique que les différentes Ziyara sont importantes
dans le développement socio-économique de la Région. à l’en croire, les affaires
de tous prospèrent en cette période.
Un autre grand commerçant, Amadou Fima Diarra, partage cet avis. Pour lui, c’est aussi une opportunité de nouer des contacts avec d’autres compatriotes et ceux venus d’autres pays comme la Mauritanie et d’ailleurs. La Ziyara impulse la modernisation de la ville et la rénovation de certaines voies reliant Nioro à d’autres localités. Le visage de la ville change aussi, car ses ressortissants y investissent de plus en plus dans la construction de maisons à l’architecture moderne comme ces maisons à étages qui y pullulent maintenant pour améliorer les conditions d’hébergement des hôtes. La ville reste toujours un véritable carrefour de rencontres où plusieurs langues sont parlées (bambara, peulh, sarakolé, maure, entre autres.
patrimoine de L’unesco- Pendant les Ziyaras,
tous les secteurs sont mobilisés. Selon un animateur d’une radio locale, la
ville entre dans une effervescence commerciale. Des objets de provenances
diverses, notamment d’Afrique du Nord et de la Mauritanie sont proposés. Une
jeune vendeuse de chapelets qui a requis l’anonymat explique parfois vendre 30
chapelets par jour lors des Ziyara et se retrouver avec une recette journalière
d’une semaine de vente en d’autres temps. Pour Mamadou Hawa Sylla, chef de
village de Diakha (un des 7 quartiers de la ville) et représentant de la Ligue
malienne des imans et érudits (Limama), la ville Nioro est une terre bénie. Ce
qui explique la mobilisation des fidèles musulmans.
Selon lui, les fidèles se
retrouvent pour implorer Allah, le Clément et Miséricordieux. Tout le monde en
profite et des projets de développement sont mis en ouvre par la communauté
locale. Nioro dispose d’un patrimoine architectural qui a une valeur
historique, culturelle et religieuse et possède des lieux chargés de symboles qui sont régulièrement
visités. Il y a, entre autres, le quartier Kassoumba où repose le grand
guerrier, El hadj Omar, le Puits sacré de la famille du chérif de Nioro, le
Cimetière des érudits, la Grande mosquée de Nioro, classée patrimoine de
l’Unesco.
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L’érudition
Parler de la ville religieuse de Nioro sans
parler des différentes confréries religieuses de la localité, notamment les
Hamallistes ou la Tijaniyya relève de l’impossible. La contrée accueille chaque
année de nombreuses ziyaras. L’érudition de la ville justifie amplement cette
forte sollicitation et le grand intérêt des fidèles musulmans pour ces visites
qui leur permettent de recevoir un enseignement religieux et d’adorer le Créateur
de l’univers avec des saints hommes.
Le natif de Nioro Youba Bathily en donne les
raisons dans son livre intitulé : «Nioro du Sahel, la ville promise». L’écrivain
rappelle que Nioro du Sahel est la ville du fondateur de la branche Hamawiya ou
encore la tendance dite des «onze grains», Cheick Sidi Mohamed Lakhar. Ce maître
spirituel est le père de Mohamédou Ould Cheickna dit Bouillé, actuel chef des
Hamallistes. C’est aussi la ville du Khalife général des Tidjanes du Mali, El
Hadj Omar Tall, qui a vécu dans cette ville en tant que leader de la confrérie
tidjane avec ses descendants. Il y a aussi une troisième grande famille
religieuse dans la même cité à savoir : la famille Kaba Diakité où, sont
issus des imams de la Grande mosquée de la ville.
La particularité de la ville de Nioro du Sahel est la cohésion entre les confréries religieuses qui prônent une culture de tolérance, de vivre ensemble, mais aussi un islam tolérant, de dialogue et de paix. Une religion qui accepte surtout les autres dans la différence. Les différentes confréries religieuses organisent chaque année des ziyaras pour implorer le Créateur de l’univers. La ville connue pour sa grande culture religieuse accueille chaque année des dizaines de ziyaras.
Amadou SOW
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