La zone de Niono, à l’instar de plusieurs localités du pays dans les années 1970-1980, a connu une formation musicale d’une grande notoriété, appelée le Bronconi dont l’objectif était de valoriser le folklore du Kala. L’aire culturelle du Kala, se trouvant dans la Région de Ségou, est limitée au Nord-ouest par la zone de Kourouma, au Sud par Mema (Nampala). Les premiers villages du Kala sont Toumakoro, Thiémedely, Sokolo, entre autres.
Il comprend essentiellement trois préfectures, l’arrondissement central (Niono), de Sokolo, de Nampala. Avec la décentralisation, il se subdivise en douze communes dont Dogofry, Kala siguida, Diabaly, Mariko, Niono, Pogo, Nampalari, Siribala. L’orchestre, le Bronconi est issu de la fusion de deux formations musicales qui ont existé bien avant les indépendances et qui ont continué à émerveiller leurs fans après les indépendances. Selon nos sources, ces formations musicales uniquement constituées d’instruments à vent, chantaient à l’époque, les hauts faits de la nation et interprétaient les hymnes nationaux des pays étrangers dont les Chefs d’État, en visite au Mali, passaient par Ségou. Ils représentaient à Ségou ce que la fanfare représentait à Bamako.
Toujours selon nos sources, ce n’est qu’après le changement de régime en1968 que les commandants de cercle d’alors, le chef d’escadron Ibrahima Arwalo Maïga, les capitaines Zoumana Traoré et Kourech Aguibou Tall vont se donner à fond pour le plein épanouissement de la jeunesse. Ainsi, vers 1972, le Bronconi verra le jour avec la mise à sa disposition d’un important lot d’instruments.
De nouveaux musiciens adhèrent à la formation et les répétitions s’intensifient sous l’égide du chef de l’exécutif local et du service local de la jeunesse des sports, des arts et de la culture. Toujours selon nos sources, le nom Bronconi a été attribué à la formation musicale en hommage aux 80 jeunes appelés Bronconi qui se distinguaient par leur habillement vestimentaire, leur parure, leur élégance et qui ont porté haut le flambeau de la province du Kala. Bassidi Traoré, un ancien musicien du Broncoli, aujourd’hui âgé de 79 ans, soutient que pour motiver le groupe ou le maintenir, les autorités faisaient embaucher certains musiciens par des services locaux, tandis que d’autres bénéficiaient d’équipements, de matériels pour leurs activités ou même de terrain à usage d’habitation.
Très attachée au folklore du Kala, une commission de recherche avait été mise en place pour recueillir des chansons populaires et des récits historiques.
Le Bronconi a, à son actif, deux séries d’enregistrements. Le premier enregistrement a été fait en 1975 et comptait 12 morceaux: Fimanin, Jama jama, Tara Bouare, Joba, Min ye min ye, Aiche- Sunguru cejugu, Nana, Cemedeli, Dugani, Fala, Pari wari. Le deuxième enregistrement a eu lieu en 1979 et compte 11 morceaux: Sarakala muso, Maa umam, Maya gasi, Picun, Areza- Bazani, Clambe, Mayide, Saama uwara, Maa ni wasola, Satura.
Le Bronconi a, par ailleurs, toujours participé aux semaines régionales. Il fut la coqueluche des amateurs de la bonne musique comme le témoignent les multiples sollicitations dont il a fait l’objet (Bamako, Kayes, Mopti…).
Aujourd’hui, le Bronconi, à l’image des autres formations musicales, n’existe plus pratiquement. Les conditions sociales et matérielles dans lesquelles se trouvaient les musiciens ne leur permettaient pas de s’adonner entièrement à l’orchestre. Pour bon nombre de personnes, la décadence ou la désagrégation du Bronconi et les autres formations musicales dans la contrée est due à l’individualisme qui a pris le pas sur le collectif. Les anciens continuent à se souvenir de cette belle formation et de tant d’autres qui ont fait rayonner notre pays sur le plan musical à travers le monde.
Mahamadou SAMAKE / AMAP - Niono
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