Professeur agrégé Mody Abdoulaye Camara
Ce n’est vraiment pas faire offense aux autres hôpitaux publics que de dire qu’en termes d’imagerie par résonance magnétique (IRM) c’est ce qui se fait de mieux aussi à l’Hôpital du Mali. Cet établissement hospitalier (fleuron de la Coopération sino-malienne) boxe aujourd’hui dans la catégorie des grands avec un plateau technique de pointe en matière d’imagerie médicale et des compétences qui y officient.
L’Hôpital du Mali a acquis une nouvelle machine en 2024. C’est la seule machine du genre fonctionnelle dans le secteur public au Mali. Le seul établissement hospitalier universitaire (CHU) de la Rive droite dispose donc d’un plateau technique relevé qui le permet de réaliser des prouesses en matière de diagnostic des pathologies, notamment en termes d’examen scanographique ou d’IRM.
Parlons de l’IRM. L’histoire de cette technique médicale innovante basée sur l’utilisation d’un aimant, permettant de visualiser l’intérieur du corps à des fins diagnostiques ou thérapeutiques a acquis droit de cité au Mali en 2014.
Le chef du Service de l’imagerie médicale, Professeur agrégé, Mody Abdoulaye Camara, nous a accordés, lundi dernier dans son bureau, une interview sur ce bol d’air que représente cette technique de pointe dans le diagnostic pointu des maladies. Le radiologue explique que cette machine a la particularité de voir les lésions plus précocement que la plupart des modalités d’imagerie médicale. Et de poursuivre qu’elle est plus dédiée à toutes les maladies du tissu, que ce soit le nerf, le cerveau, les muscles et l’intérieur de l’os qu’on appelle la moelle osseuse.
Pr Mody Abdoulaye Camara, qui sait de quoi il parle, assure que l’ancienne machine IRM n'est pas du tout obsolète. Mais en termes de performance, notamment de précision, d’efficacité et de rapidité, elle n’est pas comparable au nouvel appareil. Aujourd'hui, insiste le praticien hospitalier, cet appareil permet de faire de meilleurs diagnostics liés notamment au cerveau et au muscle de la peau. Ce professeur agrégé de radiologie rend hommage à la direction de l’administration hospitalière qui a permis aux patients d’accéder à cet examen de pointe qui leur aurait coûté une grosse fortune dans le secteur privé. À ce niveau, un examen IRM coûterait au bas mot 200.000 Fcfa contre 125.000 Fcfa à l’Hôpital du Mali.
Pr Mody Abdoulaye Camara précise que son service enregistre une moyenne de 10 patients par jour. Il souligne aussi que l’IRM est hyper sollicitée à l’Hôpital du Mali du fait que c’est le seul établissement public à disposer de cet appareil fonctionnel au Mali. «Ce qui fait que le délai de programmation des patients peut être relativement long s’étendant sur deux à trois semaines», fait-il savoir, avant d’ajouter que ce délai est raccourci pour les enfants et pour les patients qui sont hospitalisés même s’ils ne sont pas à l’Hôpital du Mali. Y compris les enfants qui constituent une priorité par rapport au programme de santé nationale et l’état du patient.
Par ailleurs, le radiologue regrette que certains patients sèchent le rendez-vous fixé sans prévenir. Ça fait des trous dans notre programmation, déplore-t-il. Un autre défi, selon Pr Mody Abdoulaye Camara a trait à la maintenance de l’appareil d’IRM. Le toubib note que lorsque la machine tombe en panne, ou il y a d’autres difficultés, la prise en charge des malades peut aller jusqu’à des mois à cause des procédures de sélection des techniciens spécialisés en maintenance. «Depuis l’installation de la machine en 2024, nous n’avons pas connu d’interruption trop prolongée», assure-t-il.
Et de citer le problème de formation du personnel par rapport aux équipements. «Nous voulons installer l’angiographie numérique qui va travailler sur les pathologies des vaisseaux, sans qu’on soit obligé d’opérer les patients. Nous voulons aussi soigner les patients qui ont des cancers, sans qu’on soit obligé toujours de passer par la radiothérapie», annonce le patron du service de l’imagerie médicale à l’Hôpital du Mali.
Mohamed DIAWARA
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