Momo Traoré : La dame de fer du Kénédougou

De son vrai nom Bamousso Sika, Momo Traoré fut l’une des figures emblématiques du royaume du Kénédougou. Tous, enfants du roi Mansa Daoula Traoré, Momo était la sœur cadette de Tièba et de Babemba Traoré.

Publié vendredi 12 mai 2023 à 06:01
Momo Traoré : La dame de fer du Kénédougou

Elle s’est distinguée par son amour inconditionnel pour son royaume, mais aussi sa bravoure sur les champs de bataille. Momo Traoré était une passionnée du maniement des armes. La naissance d’un guerrier hors-pair dans le royaume du Kénédougou avait été longtemps annoncée par l’oracle au roi Mansa Daoula Traoré. Quand la reine est tombée enceinte, le roi s’attendait alors à un fils sinon au célèbre guerrier qui lui avait été prédit.


L’accouchement de la reine fut une grande surprise dans le royaume. Cette nuit, quand on a informé le roi que sa femme a accouché, il a envoyé l’un de ses gardes vérifier le sexe de l’enfant. Quand ce dernier a su que c’était une fille, il n’est plus retourné. Le roi envoya un deuxième garde, idem. C’est alors qu’il s’est déplacé pour constater de visu ce qui se passait. Arrivé dans la case de la reine, il s’est mis à tâter le corps de l’enfant pour connaître son sexe. Et là, il était surpris, car c’était une fille et non un garçon.

Le prénom «Momo» tire son origine du fait que le roi a «tâter le corps de l’enfant», nous détaille l’ancien directeur du Musée régional de Sikasso, Nando Goïta. Devenue grande, poursuit-il, Momo Traoré était chef d’un détachement militaire qui était composé d’hommes (les sofas) et de femmes (les amazones). Elle guerroyait auprès de son père au même titre que les hommes. Momo Traoré était prête à défendre à tout moment son royaume. Elle était maligne et avait beaucoup de stratégies pour combattre l’ennemi. «Elle combattait en chevauchant.


Elle maniait non seulement les fusils de traite, les flèches, les couteaux, mais elle était aussi douée dans le corps à corps. En voyant Momo au combat, on avait l’impression de voir un homme. Souvent, elle était contrainte d’enlever son boubou devant ses captifs pour qu’ils croient en sa féminité», explique –t-il. Sur le plan des conquêtes menées par Momo Traoré, ses amazones et ses sofas, le directeur régional de la culture, Adama Niang, évoquera notamment la conquête du roi Fafa Togola de Kignan, du village de Bamoussobou, de Mandela, de Sokourani et de Sofarasso. «à chaque fois qu’elle capturait des esclaves lors des conquêtes, elle mettait des entraves à leurs pieds avant de les amener dans son fief à Bougoula Hameau».

Le siège de Samory Touré. Entre mai 1887 et août 1888, la troupe de Samory Touré (roi de l’empire du Wassoulo) voulait combattre l’empire du Kénédougou. Le roi Tièba Traoré avait pris le soin de rassembler toute la population ainsi que des vivres à l’intérieur du mur du Tata. Durant 16 mois, la troupe de Samory Touré a siégé derrière le mur du tata. Par finir, leur stock de nourriture était épuisé. Les villages environnants, n’approuvant pas la conquête du royaume du Kénédougou, leur avaient barré les routes. Donc, ils ne pouvaient plus recevoir de nourriture, car il n’y avait plus de passage. Ils étaient obligés de consommer des aubergines d’Afrique et du néré qui se trouvaient près du Tata. C’est en ce moment que Momo et ses amazones ont décidé de prendre la situation en main.

C’est alors que le roi leur a donné son feu vert. Les amazones ont ourdi un complot machiavélique contre les ennemis. Elles ont préparé un plat délicieux avant d’y ajouter du somnifère. C’est en absence de Samory que les amazones ont offert les mets à sa troupe. Malgré le refus du chef de l’armée de Samory (Kémébourama), une grande partie de la troupe a mangé le plat des amazones, car ventre creux n’a point d’oreille. Quand ils ont commencé à s’en dormir, les amazones se sont accaparées de leurs armes, Tièba et le reste des sofas sont venus les exterminer. Quelques soldats de Samory Touré étaient allés à la recherche du bois de chauffe.


Ces derniers sont venus trouver les corps sans vie de leurs camarades et ils ont fui. C’est comme cela que le siège de Samory Touré a été levé. «Les nombreux captifs de Momo y cultivaient afin de nourrir les enfants orphelins, les veuves, les grands malades et les personnes démunies», raconte Mando Goïta. Selon certaines sources, Momo était mariée à un certain Mama. L’actuel village «Mamabougou» tirerait son origine de ce prénom. 

Le vieux Abdoulaye Traoré est membre de la grande famille des Traoré (la famille fondatrice de Sikasso), il est actuellement chef du quartier de Bougoula-ville et confirme la bravoure de Momo Traoré. «Elle aimait vraiment la fraternité… », Affirme-t-il. Momo Traoré, elle a été enterrée dans la case de son père à Bougoula Hameau (6 km) de la ville de Sikasso. En tout cas, Momo Traoré demeure une référence dans l’histoire des conquêtes du royaume du Kénédougou.      


***************



C’est la première fois qu’un peintre malien expose au Japon. Mamary Diallo a réussi cette prouesse. Il a procédé au vernissage de son exposition individuel intitulée «Taama», ou le voyage le produite par  le laboratoire du Pr Ikegaki, en collaboration avec le Center for Africa-Asia Contemporary Culture Studies de l’Université Seika de Kyoto. C’était en présence notamment de son parrain le basketteur professionnel Cheick Diallo, du Pr Oussouby Sacko et bien sûr du public japonais constitué de professionnels et d’amateurs.

***************


Amap-Sikasso

 

Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso

Lire aussi : Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national..

Lire aussi : Biennale à Tombouctou : Le satisfécit du président de la délégation spéciale du conseil régional

Pour Issaka Nazoum, ce rendez-vous culturel a été une opportunité de montrer au monde qu’il y a une vie au Mali, particulièrement à Tombouctou qui demeure une destination sûre, contrairement aux informations véhiculées par certains médias.

Lire aussi : La Biennale de Tombouctou 2025 : Plus qu'une fête, un acte politique fort

Les lampions se sont éteints sur la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou lundi dernier sous la férule du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Mais d’ores et déjà, on peut affirmer, sans prendre de gants, que Tombouctou a vécu de sa belle vie tant la fête a .

Lire aussi : Dialogue et paix

Dans la cadre des activités de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, et sa collègue de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sal.

Lire aussi : Nioro et Gao : À hauteur d’attente

Les troupes qui participent à la Biennale artistique et culturelle administrent un bel exemple de vivre-ensemble depuis le début de la compétition..

Lire aussi : Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Bougouni sur la plus haute marche du podium

La région a remporte le premier prix. Les Régions de Dioïla et de Tombouctou complètent respectivement le tableau. L’orchestre de Kidal s’en sort avec le prix spécial du Président de la Transition. Bougouni organisera l’édition de 2027.

Les articles de l'auteur

Sitafa Berthé : «Les semences locales de pomme de terre sont de bonne qualité»

La saison froide est propice pour la culture de la pomme de terre. En cette période de semis ou encore de plantations de semences de la pomme de terre, Sitafa Berthé, président de la Coopérative des producteurs de semence de la pomme de terre (Faso shi) de Sikasso, mais aussi de la Confédération nationale des producteurs de pomme terre du Mali, met en valeur les semences locales.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mardi 13 janvier 2026 à 09:46

Tribunal de grande instance de Sikasso : La chambre criminelle tient sa 1ère session

La 1ère session de la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Sikasso qui a démarré, lundi dernier, se poursuivra jusqu’à vendredi prochain. La session jugera cinq dossiers à savoir un cas de meurtre et quatre cas d’atteinte sexuel (viols et pédophilies)..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mercredi 17 décembre 2025 à 11:18

Sikasso : Réformes politiques, institutionnelles et électorales au cœur d’une rencontre

-.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mardi 09 décembre 2025 à 09:03

Sikasso : Manifestation de soutien aux autorités et à l’armée

À l’appel du Collectif des femmes de la ville, des centaines de Sikassois sont descendus dans la rue, mardi dernier, pour réaffirmer leur soutien et leur solidarité sans faille aux autorités de la Transition et aux Forces armées maliennes (FAMa). Ils ont surtout dénoncé la cabale médiatique contre notre pays et appelé les Maliens à s’unir pour relever les défis.

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié jeudi 04 décembre 2025 à 10:37

Cabale médiatique contre notre pays : Les Sikassois disent stop

Face à la cabale médiatique orchestrée par les médias français pour déstabiliser notre pays, plusieurs Maliens ont exprimé leur indignation à la télévision nationale. Les forces vives de Sikasso ne sont pas restées en marge. Sur le sujet, notre équipe de reportage a fait un micro-trottoir afin de connaître leurs impressions..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié mardi 02 décembre 2025 à 10:28

Reprise de Kidal par l’Armée : L’Université de Sikasso débat des enjeux et perspectives de la souveraineté territoriale

14 novembre 2023-14 novembre 2025, cela fait deux ans que les Forces armées maliennes ont repris Kidal. Pour la commémoration de ce retour de l’État à Kidal que l’Université de Sikasso a organisé, vendredi dernier, une grande rencontre. «Retour effectif de l’État à Kidal, enjeux et perspectives d’une souveraineté territoriale affirmée», était le thème retenu à cet effet..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 08:13

Sikasso : Le carburant disponible dans certaines stations-service

Plusieurs localités du pays connaissent la crise du carburant. Mais à Sikasso la situation est relativement appréciable. Actuellement, certaines stations-service de la ville sont opérationnelles..

Par Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso


Publié vendredi 14 novembre 2025 à 14:35

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner