#Mali: Mois de Ramadan : Le crachat, maître des lieux

«Tuuh», crache un passant sans se soucier du monde qui l’entoure. Le même geste est répété par un motoriste qui se courbe pour le mettre à même le sol. Effet de Ramadan oblige. Les crachats visibles un peu partout sont annonciateurs de la pratique.

Publié jeudi 04 avril 2024 à 07:40
#Mali: Mois de Ramadan : Le crachat, maître des lieux

En cette période du mois béni, ce geste est devenu presque la norme en raison du jeûne observé par les fidèles jeûneurs. Que ce soit dans les rues ou dans la circulation, c’est avec tous les risques encourus que les cracheurs se livrent à rejeter leur salive. Conséquences ? À longueur de journée, le geste donne lieu à des invectives entre deux ou plusieurs personnes sujets d’éclaboussures des crachats.

Le mois de jeûne a ses exigences. Effet Ramadan ou pas, tout le monde s’accorde à reconnaître que la pratique se fait dans des conditions requises pour avoir du hassanate. D’où des débats sur le fait d’avaler sa salive ou pas. C’est pourquoi certains qui avalent, l’estiment comme un facteur d’annulation de jeûne. Ceux-ci se mettent à cracher excessivement et partout sans aucun discernement. D’autres privilégient le fait que le jeûne rime avec propreté en adoptant des méthodes hygiéniques comme le faire dans de boîtes de sable ou de cendres.

En ce lundi matin du mois de mars, la circulation est très dense sur le tronçon de Sébenicoro, en Commune IV du District de Bamako allant vers le centre ville. Dans un tohu-bohu indescriptible, automobilistes et motocyclistes tentent de se frayer un chemin. Soudain, Hassan qui n’arrive pas à prendre son mal en patience sur son engin à deux roues, se voit couvert d’un crachat sur son T-shirt par une passagère d’un Sotrama de passage. La réaction du jeune homme a été vive. Ce dernier s’est mis à placer des mots vulgaires, des cris en poursuivant le véhicule tout fâché.

Les témoins de la scène ont apporté leur soutien au motocycliste insinuant qu’ils sont nombreux ceux qui adoptent ces habitudes dans la circulation routière depuis le début du Ramadan. «Il faut vraiment que de tels comportements cessent maintenant. Ce n’est pas du tout un acte responsable», disaient-ils entre eux. Un peu loin, nous assistons à une autre scène de querelle du genre causée par le rejet de crachat. L’un derrière l’autre en pleine circulation sur l’échangeur faisant face à la Cité administrative, celui qu’on désigne par X qui est devant, ouvre son casque et crache.

Le vent l’emporte derrière lui jusqu’auprès de Y. Celui-ci qui est derrière s’énerve et s’empresse à le poursuivre en l’insultant pour son mauvais comportement envers sa personne. Le fautif ne voulant pas s’arrêter pour écouter la plainte, est apostrophé par l’offensé. Et c’était pour crier l’un sur l’autre. Il a fallu l’intervention des policiers d’à côté pour calmer la situation.

Hadji Diaby fait face au même problème pendant le Ramadan. Du début jusqu’à la fin du mois, cette ménagère ne reste pas une minute sur place sans chercher un endroit pour cracher. «Je ne peux pas du tout avaler ma salive étant en jeûne car depuis l’enfance, il nous ont mis en tête que si l’on jeûne, l’on ne peut ni boire, ni manger, encore moins avaler sa salive», raconte notre interlocutrice qui croit dur comme fer à sa façon de faire. Pour éviter des déplacements pour aller faire ses besoins, Awa Keita quant à elle, s’est dotée d’une serviette lui permettant de rejeter sa salive pour éviter de quelconques regards indiscrets.

De l’avis de l’Imam Moussa Konaté sur le sujet, en Islam, la salive est considérée comme une chose pure. Il affirme que cette pureté reste personnelle quand la personne garde sa salive dans la bouche. Le religieux cite le Prophète Mohammed (paix et salut sur lui) qui s’est adressé à ses compagnons en ces termes : «Quiconque parmi vous veut cracher pendant la prière, qu’il ne le fait pas devant lui, ni sur son côté droit mais plutôt sur son côté gauche.

Mais, s’il y a une ou des personnes à sa gauche, ne pas le faire sur ces derniers, mais le faire au milieu». Moussa Konaté souligne que quand on crache sur quelqu’un, ça devient désagréable malgré la pureté de la salive. «Quand on crache sur autrui, ça dérange la personne, et devient un péché car l’islam dit qu’on ne doit pas déranger son prochain», prévient l’imam.

Fadi CISSE

Lire aussi : Région de Tombouctou : Les FAMa démantèlent d'importants sanctuaires logistiques appartenant aux terroristes

Dans le cadre de la sécurisation du territoire, les Forces armées maliennes (FAMa) mènent actuellement des opérations de contrôle de zone de grande envergure dans le secteur ouest de la localité de Léré, Région de Tombouctou..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : Des kits alimentaires remis à des familles vulnérables

Ce geste du Général d’armée Assimi Goïta s’inscrit dans le cadre du Ramadan 2026 qui va bientôt débuter.

Lire aussi : Mutilations génitales féminines : Halte à la pratique !

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré la Journée internationale du 6 février «Tolérance zéro» aux mutilations génitales féminines (MGF)/excision sous le thème : «Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enj.

Lire aussi : Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali : Moussa Coulibaly rempile

Le secrétaire général (sortant) de la Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali (FENAME), Moussa Coulibaly , a été reconduit à son poste pour un mandat de cinq ans. Il dirige un bureau de 36 membres, en plus des 7 membres de la Commission de vérification..

Lire aussi : Affaires Paramount-Embraer : Le dossier renvoyé pour l’audition d’autres témoins

Le verdict tant attendu dans le procès dit «Paramount-Embraer» n’a finalement pas été rendu, le vendredi dernier, comme annoncé. Lors de cette séance, la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle national économique et financier a décidé de rabattre.

Lire aussi : Recrutement de 200 surveillants pénitentiaires : le ministre Mamoudou Kassogué lance la première phase

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a procédé, samedi dernier sur la colline de Badalabougou, au lancement de la première phase du concours de recrutement de 200 agents du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éduc.

Les articles de l'auteur

Semaine du numérique : E-Gouvernement à l’ère de l’IA

La 3è édition, prévue du 29 au 31 janvier prochain, sera marquée par des compétitions entre les start-up et PME de l’espace AES, cyberdefenseurs juniors et services relevant de l’administration malienne.

Par Fadi CISSE


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:08

Cyber espace : Le Mali renforce sa viabilité avec le point ML

L’Agence des technologies de l’information et de la communication (Agetic) prévoit un budget de plus de 2,96 milliards de Fcfa pour les Projets de programme d’activités au titre de l’exercice 2026..

Par Fadi CISSE


Publié mardi 30 décembre 2025 à 08:36

Orange digitale : MAX IT TV voit le jour

Orange Mali vient de franchir une nouvelle étape en lançant « Max it TV », une évolution majeure qui redéfinit l’accès au divertissement. La cérémonie organisée à cet effet, lundi dernier, dans un hôtel, a été présidée par la directrice marketing d’Orange Mali, Mme Kané Adrienne Habibatou Keïta, en présence de plusieurs invités..

Par Fadi CISSE


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:58

BNDA : Une performance renforcée à partir de 2026

La BNDA a injecté près de 433 milliards de Fcfa dans le financement de l’économie malienne en 2024.

Par Fadi CISSE


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:53

Amap : Le budget 2026 estimé à 2,510 milliards de Fcfa

Pour l’exercice 2026, l’Agence malienne de presse et de publicité (Amap) prévoit un budget de plus de 2,510 milliards de Fcfa contre plus de 2,462 milliards de Fcfa en 2025, soit une augmentation de 1,01% pour un montant de près de 50 millions de Fcfa..

Par Fadi CISSE


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:11

Titre Apurement de la dette intérieure : l’État rétablit la confiance avec le secteur privé

Avec le paiement de 312 milliards de dette intérieure, les entreprises peuvent relancer leurs investissements, financier l’achat de nouveaux intrants et honorer leurs propres dettes.

Par Fadi CISSE


Publié mercredi 17 décembre 2025 à 12:25

Drissa Meminta : Un activiste noble

Moyenne de taille, teint d’ébène, sourire aux lèvres, il nous accueille avec courtoisie et beaucoup d’enthousiasme ce lundi matin (8 décembre) dans son bureau sis à l’ACI 2000 en Commune IV du District de Bamako. Lui, c’est Drissa Meminta, activiste sur les réseaux sociaux..

Par Fadi CISSE


Publié vendredi 12 décembre 2025 à 08:23

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner