Le ton est monté d’un cran entre Paris et Bamako ces derniers jours après que les autorités maliennes aient demandé le départ des forces spéciales danoises arrivées sans autorisation au Mali pour rejoindre la Force Takuba. La ministre française des Armées Florence Parly a accusé les autorités de la Transition de multiplier les «provocations».
La réponse du gouvernement ne s’est pas fait attendre à travers son Porte-parole, le colonel Abdoulaye Maïga. Ensuite, le chef de la diplomatie française, Jean Yves Le Drian est allé plus loin. Avant que son homologue Abdoulaye Diop, ne le recadre dans une interview accordée à des médias français.
Réagissant aux déclarations de Jean Yves Le Drian qui a dénoncé «des mesures irresponsables» prises par une «junte illégitime» concernant les forces spéciales danoises, Abdoulaye Diop s’est dit surpris que ces propos viennent d’un diplomate de la trempe de Le Drian qui parle au nom d’un grand pays comme la France.
Selon lui, ce sont des propos empreints de mépris qu’il a d’ailleurs condamné et jugé inacceptables. «Nous devons tous nous respecter. Il est bon que Monsieur Le Drian comprenne que ce ne sont pas les insultes qui règlent les problèmes entre nations, que ce que nous attendons de la France, grande nation, est qu’elle puisse avoir une attitude constructive, moins agressive, moins hostile et moins empreinte de mépris vis-à -vis des autorités maliennes qui incarnent aujourd’hui la souveraineté de notre pays», a-t-il dit.
À la question de savoir si Bamako va exiger des excuses de Paris ou prendre d’autres mesures, le ministre Abdoulaye Diop a précisé que le Mali n’exclut rien de la table si la souveraineté et le peuple malien ne sont pas respectés.
«Nous demandons que Paris nous respecte en tant que pays. Nous respectons la France, nous respectons le peuple français. Il n’y a pas de problème entre le peuple français et le peuple malien.
Mais l’attitude des autorités françaises doit changer pour prendre en compte cet élément qu’il y a des autorités responsables au niveau du Mali et que seul un engagement avec ces autorités permet de gérer leur présence au Mali.
Et cette présence doit répondre aux intérêts supérieurs du Mali», a insisté le chef de la diplomatie malienne. Il a précisé que le gouvernement est en train de revoir plusieurs accords et traités de défense pour que ceux-ci ne violent pas nos dispositions constitutionnelles, la souveraineté du Mali et prennent en compte l’intérêt des Maliens.
«Si ce n’est pas le cas, le Mali n’hésitera pas soit à dénoncer, soit à demander un réajustement de ces différents traités», a souligné le ministre Diop, tout en saluant la décision sage des autorités danoises de retirer leurs forces sans plus d’acrimonie.
Le ministre Abdoulaye Diop a déclaré que l’attitude agressive et hostile à l’endroit du Mali n’a rien à voir avec les raisons qui sont mises en avant liées au respect de la démocratie, au respect des droits de l’Homme, à des coups d’État.
«Le Mali est puni parce que les choix politiques de ses autorités ne conviennent pas à certains», a souligné le ministre Diop qui a déclaré que la France applaudit des coups d’État quand cela va dans le sens de ses intérêts et condamne quand cela va dans le sens contraire de ses intérêts. «Cette politique de deux poids deux mesures aussi doit cesser», a laissé entendre le chef de la diplomatie malienne.
Répondant au ministre Le Drian qui dit qu’il faut rester digne au regard des 53 soldats français tombés au Mali, Abdoulaye Diop n’est pas allé avec le dos de la cuillère. «Je demanderai à Monsieur Le Drian de rester digne aussi, parce que nous reconnaissons les sacrifices des soldats français.
Mais aussi, on doit comprendre qu’avant que la France ne vole au secours du Mali, le Mali et les Africains aussi sont venus mourir ici en Europe pour la libération et la liberté de ce pays». C’est pourquoi, il demande qu’on arrête cette mobilisation et toute cette campagne de dénigrement contre les autorités maliennes.
À propos de la Russie, le ministre Diop a indiqué que la coopération avec ce pays est historique. «Notre coopération avec la Russie est une coopération d’État à État. Le Mali ne s’adresse qu’au gouvernement russe qui répond à nos sollicitations avec une grande célérité et une grande efficacité», a fait remarquer Abdoulaye Diop.
Il a précisé que ces 7 derniers mois, les équipements et les fournitures qui ont été acquis via cette coopération, ce type d’investissements n’a jamais été fait au cours des 15 ou 20 dernières années. S’agissant des sanctions de la Cedeao, le chef de la diplomatie malienne estime qu’il faut sortir de cette politique de sanctions.
Selon lui, si celles prises contre le Mali, qui sont des actions au-delà de la normale, étaient efficaces, il ne serait pas arrivé ce qui est en train de se passer au Burkina Faso.
Concernant la durée de la transition, il dira que le gouvernement reste ouvert pour pouvoir convenir de la période la plus appropriée qui prenne en compte l’intérêt supérieur du Mali, mais aussi qui prenne en compte les exigences…
Dieudonné DIAMA
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