C’est
désormais une évidence : les cours d’eau débordent et la situation hydrologique
du pays inquiète. De Banankoro sur le fleuve Niger à Gourbassi sur le Falémé en
passant par Kéniéroba et Sélingué sur le Sankarani, Koulikoro, Ségou,
Ké-Macina, Diré et Ansongo sur le Niger ; les seuils d’alerte de 1967 sont
atteints et même dépassés. Et l’alerte critique aux crues est déjà lancée
depuis des semaines. La montée des eaux est spectaculaire de Bamako à Sofara en
passant par Beleny Kegny à San, Banankoro, Ké-Macina et Mopti.
Les
précipitations enregistrées dans la bande sahélienne et localement au nord des
pays du golfe de Guinée (Niger, Burkina Faso, Sénégal, Mauritanie, Mali,
Nigeria et Guinée Conakry) ont été supérieures de 120% à 200% aux moyennes de
ces cinq dernières années.
La situation hydrologique le long des
fleuves Niger et Bani est marquée par la poursuite de la montée des niveaux
d’eau. Une situation qui provoque déjà des débordements des eaux du cours
normal par endroits. Les seuils d’alerte sont dépassés notamment à Bamako.
Plusieurs zones de la capitale sont mises en vigilance rouge, selon le
communiqué du Centre de coordination et de gestion des crises.
Il s’agit de Kalaban Coro (sur toute la partie de la station de pompage de la
Somagep.SA, Djikoroni para), de Badalabougou (sur toute la zone située entre le
palais de la Culture et l’ancienne ambassade du Sénégal), de la Cité du Niger
surtout la zone de l’hôtel Mandé, de Sotuba zone industrielle, de la corniche
de la Cinquantaine (alentours de la brigade fluviale). Autres localités
concernées : Koulikoro (partie avale de la brigade fluviale, le village de
Diarrabougou), Ségou (village de Sekoro
et quartier Somono), San (Bélény Kegni. Goukoro), Djénné (Sy, Touara, Soala),
Mopti ville (zone périphérique de la confluence Ban/Niger), Diré, Tombouctou
(Koryoumé), Banankoro, Ké-macina et Diafarabé. À cet égard, le ministre de la
Sécurité et de la Protection civile, secrétaire permanent du Comité
interministériel de gestion des crises et des catastrophes, invite les populations
à l’évacuation des zones riveraines, car la montée continue et les apports
d’eau sont très importants.
Pour mieux appréhender la situation actuelle, l’analyse des spécialistes de l’hydraulique s’impose. Dr Abdrahamane Sylla, spécialiste en hydrologie et observateur averti des cours d’eau, assure que les risques de débordement et d’inondations sont réels. «La montée des eaux continue avec une cadence très importante, ce qui présage des risques d’inondations dans les semaines à venir», alerte le spécialiste. Selon lui, la situation hydrologique particulière de cette année avait été prédite par les services météorologiques annonçant que cette année, l’hivernage sera marqué par une pluviométrie exceptionnelle. Ainsi, à ce jour, explique-t-il, la cote d’alerte est dépassée de 20 cm à Bamako. «Ce dépassement va continuer. Il faut noter que Banankoro (Kangaba) constitue la première station d’observation du fleuve Niger à son entrée sur le territoire malien à partir de la Guinée. À ce jour, le niveau de montée d’eau à Banankoro est estimé à 744 cm contre 508 cm en 2023, 691 cm en 2018 et 712 cm en 1967. Le seuil d’alerte étant fixé à 750cm», détaille notre interlocuteur.
BARRAGE
DE SELINGUÉ- Il ressort du bulletin d’information des services hydrauliques
qu’à Kénieroba, à la confluence Sankarani/Niger, le niveau d’eau actuel est
estimé à 608 cm contre 428 cm en 2023, 647 cm en 2018 et 650 cm en 1967, alors
que le seuil d’alerte est de 650 cm.
Quant au barrage de Sélingué toujours
sur le Sankarani, le niveau d’eau est estimé aujourd’hui à 346,48 m contre
346,50 m requis. À Bamako, sur le Niger, le niveau d’eau est estimé à 390 cm
contre 393 cm en 2018 et 390 cm en 1967, le seuil étant de 380 cm soit un
dépassement de 10 cm. À Kayes sur le fleuve Sénégal, le niveau de l’eau est de
752 cm contre 379 cm en 2023, 587 cm en 2022 et 976 en 1967, alors que le seuil
est fixé à 859 cm. À Gourbassi sur la Falémé, le niveau d’eau est aujourd’hui
de 650 cm contre 377 cm en 2023, 444 cm en 2022 et 538 cm en 1967.
Dr
Abdrahamane Sylla indique que cette situation présage divers types
d’inondations; notamment les inondations par la formation de crues
torrentielles suite aux fortes pluies, les inondations par le ruissellement
urbaine et agricole, mais aussi les inondations par les montées d’eau ou celles
liées à la crue du fleuve. Notre interlocuteur déplore aussi les apports d’eau
qui viennent toujours de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, de façon générale
des pays voisins.
Pour cause, les fleuves sont interconnectés entre les pays. Parlant des lâchers
d’eau qui ont commencé, il y a un mois au niveau des différents barrages, notre
interlocuteur explique que le processus se fait à travers un mécanisme bien
maîtrisé par les services hydrologiques. « Ici, le mécanisme est adossé à des calculs
scientifiques appropriés. Lorsqu’on lâche au niveau de Sélingué, ces services
ont des équipements adéquats à Bamako, Koulikoro et ailleurs qui permettent en
permanence de suivre le niveau de l’eau. Ils savent exactement sur le long du
fleuve quel est l’impact du volume lâché et apprécient son évolution en
fonction de son impact et de leurs attentes», révèle-t-il.
«Les
lâchers, c’est pour sauver le barrage. Il y a une cote maximale que l’eau ne
doit pas dépasser qui est de 349 m, et actuellement nous sommes à la cote 346 m
dans le barrage de Sélingué. La montée d’eau est de 25 cm par jour, en une
semaine le barrage est plein donc d’où la nécessité de procéder à ces lâchers»,
explique l’expert. Le spécialiste ajoute que les lâchers d’eau sont surtout très
bénéfiques pour les usagers du fleuve, notamment les pêcheurs. Cela permet aux
poissons de quitter l’amont du fleuve pour venir à l’aval du barrage.
De la réunion du Comité interministériel de gestion de crises et catastrophes, tenue le 19 septembre dernier au Centre de coordination et gestion des crises (Cecogec), il ressort un cumul de 377 cas d’inondations depuis le début de l’hivernage, 6 cas de vents violents, 8 cas de foudre, 30.209 cas d’effondrements et 32.822 cas de maisons à risque d’effondrement ou endommagées. Cette situation a engendré 187.767 personnes sinistrées, soit 53.417 hommes, 58.676 femmes et 75.674 enfants. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés.
Babba COULIBALY
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