#Mali : Confédération de l’#AES : Les attentes des opérateurs économiques maliens

Les hommes d’affaires maliens confirment que la création de cette organisation offre de nombreux avantages aux opérateurs économiques des trois pays. Ils demandent la levée des barrières douanières, la promotion de la culture du blé et la bonne circulation des médicaments dans l’espace AES

Publié mardi 06 août 2024 à 20:04
#Mali : Confédération de l’#AES : Les attentes des opérateurs économiques maliens

Des opérateurs économiques lors d’une rencontre avec le ministre Moussa Alassane Diallo, hier au CICB



Au cœur de la région sahélienne, une nouvelle dynamique stratégique s’est dessinée avec la création, le 6 juillet dernier, de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). Par cette initiative, le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent mutualiser leurs moyens pour un développement durable basé sur leurs ressources propres et un partenariat respectueux de la souveraineté de chacun des trois pays. Dans la déclaration de Niamey qui consacre la naissance de la Confédération AES, les chefs d’État ont affiché leur détermination à assurer un développement durable en mettant en œuvre une politique économique et sociale endogène. Mieux, ils ont exprimé leur volonté commune de prévenir les déséquilibres commerciaux et de maintenir la confiance des acteurs économiques.


Qu’attendent les opérateurs économiques maliens de cette Confédération censée promouvoir les échanges économiques et commerciaux afin de transformer le potentiel économique en résultat de développement tangible axé sur le développement endogène ? Des acteurs du secteur privé se sont confiés à notre équipe de reportage. Rencontré au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le premier vice-président en charge du commerce au Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Cheick Hamalla Simpara, est optimiste : «Nos attentes sur le plan institutionnel, c’est que les principaux responsables soient en phase. On a un idéal commun et une vision commune et il y a une orientation commune. En des pareils cas, je pense qu’il y a une symbiose qui se crée dans cet ensemble qui est cohérent et qui est lié par le même destin.»


Cheick Hamalla Simpara pense que la Confédération AES offre beaucoup d’avantages pour les opérateurs économiques des trois pays. Et pour la concrétisation des ambitions sur ce plan, préconise-t-il, les barrières qui entravent les échanges commerciaux entre les trois États, doivent être levées. «C’est un milieu ouvert et complémentaire. Les responsables doivent se parler et les opérateurs économiques doivent se regrouper pour mutualiser leurs efforts, leurs biens et dire que la concurrence n’est plus entre nous mais plutôt entre nous et les autres.


Avec cet idéal, on se regroupe. Cela à l’avantage de grossir notre marché de consommation parce que l’économie est liée à la consommation et la consommation déclenche la production. L’un dans l’autre, c’est une bonne opportunité», soutient le vice-président du CNPM, soulignant que les opérateurs économiques de ces trois pays sont en contact quotidiennement, mais ce sont les institutions qui sont en retard. «On n’a pas la notion des frontières, car une personne peut avoir sa boutique au Burkina et sa maison au Mali. Cette Union nous rassure», dit-il.



AVANTAGE COMPARATIF- Mamadou Lamine Haïdara est le président de la Fédération des boulangers et pâtissiers du Mali et président de la chaîne de valeur de la filière pain. Lui aussi recommande la levée des barrières douanières et la création d’un cadre de concertation entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. «Il faut prendre des décisions unilatérales propres aux trois États parce que le blé est une denrée rare. Il va falloir intensifier sa culture et mettre les instruments en place pour accélérer la production et la productivité de la culture du blé», suggère-t-il.


Mamadou Yattassaye, président de l’Organisation patronale des industriels du Mali, abonde dans le même sens estimant que la mutualisation des moyens de ces trois États (confrontés à des défis sécuritaires) pour une densification de leurs besoins, ne peut être qu’une opportunité pour les opérateurs économiques. Et au président du Syndicat privé des pharmaciens, Dr Cheick Oumar Dia, de renchérir : «Si je prends le pan de la souveraineté thérapeutique qui est la fabrication des médicaments, je pense qu’il serait intéressant que lorsque le Mali produit un médicament qu’on puisse le vendre plus facilement au Burkina Faso et au Niger et vice-versa».


Pour ce syndicaliste, les goulots d’étranglement qui existent souvent par rapport aux barrières douanières et autres doivent tout simplement disparaître. Ainsi, le système de Confédération permettra la circulation des médicaments dans la zone AES sans beaucoup de contraintes.
«C’est un avantage comparatif par rapport à l’espace global qui est la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Cet espace AES, qui parait restreint aujourd’hui, permet une bonne circulation des médicaments sans beaucoup de contraintes douanières et autres.


C’est un aspect très important», commente le pharmacien. Selon lui, le coût de la consommation de médicaments dans les trois pays membres est estimé à plus de 600 milliards de Fcfa par an. «Ce serait donc une valeur ajoutée qu’on puisse prendre notre souveraineté thérapeutique en fabriquant des médicaments et en évitant d’importer tout», dit-il.
Dr Cheick Oumar Dia apprécie cette initiative de nos dirigeants et se dit très optimiste, puisque l’AES s’élargira dans les jours à venir. «Il faut faire une analyse très approfondie de toutes les contraintes et les avantages que nous pouvons tirer de cette Confédération», exhorte notre interlocuteur.

Babba COULIBALY

Lire aussi : Assainissement du secteur minier : Le gouvernement serre la vis

Annulation de permis inactifs, renforcement des contrôles et lutte contre l’orpaillage clandestin : le gouvernement entend imposer le respect des règles et faire profiter davantage les Maliens de leurs ressources minières.

Lire aussi : Modification de la loi de finances 2026 : Le CNT donne son quitus

Les membres du Conseil national de Transition (CNT) ont approuvé, ce jeudi 22 octobre 2026 au Centre international de conférences de Bamako, le projet de loi relatif à la modification de la loi de finances pour l’exercice 2026. Les travaux de la plénière étaient présidés par le président .

Lire aussi : UEMOA : les livres blancs des filières coton-textile, phosphates- engrais au coeur d’une réunion ministérielle

Les ministres sectoriels des États membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) se réuniront ce vendredi 23 octobre 2026 à Ouagadougou, une réunion pour la restitution des livres blancs des filières coton-textile, phosphates- engrais..

Lire aussi : Financement de l’économie : Les ressorts d’une nouvelle dynamique

Du crédit bancaire au marché financier régional, la BCEAO diversifie les mécanismes de mobilisation des ressources. Pour le Mali, l’enjeu est de transformer ces possibilités en investissements productifs, en entreprises plus solides et en emplois durables.

Lire aussi : Agriculture : Lancement des opérations d’égrenage et de commercialisation du coton-graine à fana et Dioïla

La délégation de la CMDT a saisi l’occasion pour échanger avec les acteurs locaux sur les difficultés de production et les perspectives de la filière. La tournée se poursuivra à Bla et à Koutiala.

Lire aussi : Baisse des prix de la viande : Un ouf de soulagement pour les ménages

Selon le nouveau barème communiqué par l’Association des bouchers du Mali, le kilogramme de viande de mouton passe de 5.000 à 4.500 Fcfa, soit une diminution de 500 Fcfa. Celui du bœuf sans os est vendu à 3.750 Fcfa contre 4.000 Fcfa auparavant. La viande de bœuf avec os passe de 3.500 à 3..

Les articles de l'auteur

9ᵉ édition de la Semaine de la microfinance du Mali : Cap sur l’inclusion financière

La 9ᵉ édition de la Semaine de la microfinance du Mali a été officiellement lancée mardi au Centre international de conférences de Bamako (CICB). La cérémonie était présidée par Abdoulaye Traoré, secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, représentant le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances Alousséni Sanou..

Par Babba COULIBALY


Publié jeudi 22 octobre 2026 à 15:20

Semaine de la microfinance : Rendez-vous mardi prochain au CICB

La 9ᵉ édition de cet événement mensuel se tiendra du 20 au 23 octobre à Bamako, autour des enjeux de l’inclusion financière et du financement de l’économie.

Par Babba COULIBALY


Publié jeudi 15 octobre 2026 à 08:38

Commande publique : Les produits locaux à privilégier

Dans une note d’orientation datée du 13 février 2026, le ministre d’état, ministre de l’Économie et des Finances invite les exécutants des marchés publics à privilégier les entreprises nationales et les produits locaux. Pour traduire cette volonté en actes concrets, chaque département ministériel doit inscrire une enveloppe de 100 millions de Fcfa dans son budget 2026.

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 14 octobre 2026 à 08:27

Office malien des substances précieuses : Pour mieux capter les renus de l’or

Installés mercredi, le PDG Soumaïla Siby et les administrateurs de l’OMASP auront pour mission de mieux encadrer l’orpaillage et les petites mines, afin d’accroître les recettes de l’État.

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 09 octobre 2026 à 09:32

N’Tabacoro : Reboisement d’un îlot

À N’Tabacoro, les Logements sociaux se dotent peu à peu d’un cadre de vie à la hauteur de leur vocation. Sur l’îlot OX, une cinquantaine d’arbres ont été plantés sur un espace d’environ 2.000 m², appelé à devenir un espace vert au cœur de la zone 2. Cette opération, menée dans le cadre de la 32ᵉ édition de la Journée de reboisement, traduit la volonté d’associer l’accès au logement à l’amélioration de l’environnement immédiat des habitants..

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 05 octobre 2026 à 09:47

Secteur agricole : Le programme Paysan + présenté aux acteurs

Le Programme Initiative Paysan + a été présenté hier au siège du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). La cérémonie était présidée le ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de corps d’armée Ismaël Wagué..

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 02 octobre 2026 à 09:39

FACEJ SUGU : La jeunesse expose son talent

L’esplanade du Palais de la culture Amadou Hampâté Ba accueille depuis, mercredi dernier, la 5ᵉ édition du « FACEJ SUGU », la grande foire dédiée aux jeunes entrepreneurs du Mali..

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 25 septembre 2026 à 08:55

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner