L’audience a été suspendue pour reprendre ce mercredi 4 juin
Suspendu lundi pour raison de santé de Mme Bouaré Fily Sissoko, le procès dans l’affaire «achat de l’avion présidentiel et équipements militaires», a bien repris hier à la Cour d’appel de Bamako en présence de certains accusés et des témoins importants, dont l'ancien Premier ministre Moussa Mara.
Après la vérification des identités, le retrait des témoins de la salle d'audience pour une autre pièce aménagée et la lecture de l'arrêt de renvoi du dossier, le président de l'audience, Bamassa Sissoko a demandé à Mme Bouaré Fily Sissoko, ancienne ministre de l’Économie et des Finances au moment des faits, installée dans un fauteuil adapté à la circonstance, de réagir par rapport au contenu de l'arrêt qui retrace les manquements reprochés aux 11 accusés dans cette affaire. Il s’agit, entre autres, de «faux et usage de faux en écriture», «atteinte aux biens publics», «corruption et favoritisme»… tournant autour d'un manque à gagner d'environ 55 milliards de Fcfa. Le juge de siège a aussi signalé l’extinction des poursuites contre feu Soumeylou Boubèye Maïga pour cause de décès.
Aussitôt, l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances a demandé une permission de 10 minutes pour aller prendre ses médicaments et se reposer un peu. Le président de l’audience, après l’avis favorable du ministère public, a suspendu le procès à 12h 02mn pour permettre à l’accusée d’aller prendre ses médicaments. À la reprise vers 13h 30 mn, le juge Bamassa Sissoko a fait comprendre que les débats du jour vont concerner uniquement le contrat d’achat de l’avion présidentiel et les contrats des équipements militaires seront débattus les jours suivants.
À la question de savoir pourquoi en tant que ministre de l’Économie et des Finances, Mme Bouaré n’a pas déconseillé le Chef de l’État d’alors par rapport à l’achat de cet avion eu égard aux difficultés financières du moment. Elle a répondu que le Président feu Ibrahim Boubacar Keïta avait informé le gouvernement lors du conseil des ministres de son intention d’acquérir un avion de commandement pour l’honneur du Mali. Mais surtout pour faire de l’économie sur les frais de location pour ses déplacements qui coûtaient environ 300 millions de Fcfa par vol au Trésor public, y compris le changement permanent de l’équipage. Toute chose qui, selon elle, mettait à rude épreuve la confidentialité de l’action gouvernementale puisque très souvent, il arrivait que le Président travaille avec certains ministres en plein vol.
Pour sa part, le représentant du parquet Kokè Coulibaly a tenu à connaître le coût réel de l’acquisition de l’avion présidentiel. «À la date du 23 décembre 2014, le montant total de l’acquisition de l’avion était d’environ 21,5 milliards de Fcfa», a répondu Mme Bouaré Fily Sissoko. Kokè Coulibaly a voulu aussi comprendre comment, la ministre de l’Économie et des Finances a ordonné le décaissement des 21,5 milliards de Fcfa représentant le prix d’achat et des factures supplémentaires liées à des dépenses d’exploitation et de réaménagement de l’avion avec les Sceaux et les Armoiries de l’État pour des contrats qui lui sont parvenus déjà signés.
En réponse, l’ancienne ministre chargée des Finances a expliqué qu’elle a été mise en marche forcée puisque le contrat d’achat qui a été élaboré par le ministre de la Défense feu Soumeylou Boubèye Maïga était couvert par le sceau du Secret défense. Car, ce dernier était le seul membre du gouvernement habilité à passer des contrats en dehors du champ de vérification ordinaire du Code des marchés publics. «L’avion présidentiel entre dans le cadre de la sécurité du Président de la République», a-t-elle argumenté. Les questions des conseillers de la Cour ont porté essentiellement sur la non-conformité du contrat d’achat de l’avion présidentiel qui ne rentre pas à leur avis dans le cadre du secret défense. Pour le parquet général, Mme Bouaré Fily Sissoko en tant que garante des deniers publics aurait dû refuser d’ordonner les décaissements pour motifs de non-conformité aux règles de passation des marchés publics.
L’accusée a rétorqué en expliquant que le rôle d’un ministre des Finances n’est pas d’agir dans le sens du blocage de l’action gouvernementale, puisque le Président de la République avait exprimé l’urgence d’acquérir un avion. Suite à une nouvelle sollicitation de pause exprimée par Mme Bouaré Fily Sissoko, l’audience a été suspendue pour reprendre ce mercredi 4 juin.
Aboubacar TRAORE
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