Le ministre Diop dans Mali Kura Taasira 3 : «Il faut contrer tous les narratifs négatifs collés aux trois pays de l’AES»

Vendredi dernier, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, dans l’émission Mali Kura Taasira 3 sur la télévision nationale, a fait le tour de l’actualité diplomatique de notre pays tout en relevant les prouesses. Abdoulaye Diop a aussi fait le point des actions en cours et des perspectives dont les négociations avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) après la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de cette organisation.

Publié lundi 07 juillet 2025 à 08:03
Le ministre Diop dans Mali Kura Taasira 3 : «Il faut contrer tous les narratifs négatifs collés aux trois pays de l’AES»

Le chef de la diplomatie malienne est revenu sur le rôle de premier plan de notre pays dans la sous-région dans un contexte géopolitique complexe. Le Mali, très présent sur la scène sous-régionale et internationale, se fait désormais entendre, partout où besoin est, à travers une diplomatie basée sur les trois principes édités par le Chef de l’état; à savoir le respect de sa souveraineté, le respect de ses choix stratégiques et de partenaires ainsi que la défense des intérêts vitaux du peuple dans les décisions prises.

Le ministre Diop a parlé également des retombées sur le plan diplomatique. Il est revenu sur les raisons de la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, devenue plus tard la Confédération des États du Sahel. Selon lui, c’est une menace existentielle qui a amené les trois pays à travailler ensemble pour renforcer leur sécurité, mener des opérations conjointes, mettre en place une Force unifiée.

Au-delà de la dimension sécuritaire, étant donné que c’est un mécanisme collectif d’assistance mutuelle,
il soutient qu’il était important, après la mise en œuvre de la Charte du Liptako-Gourma, le 16 septembre 2023 à Bamako, de passer à l’étape supérieure qui était la concrétisation de la création de la Confédération AES, intervenue lors du sommet des Chefs d’État du 6 juillet 2024 à Niamey (Niger). Laquelle Confédération est basée sur trois piliers, à savoir la défense et la sécurité, la diplomatie pour la nécessité de parler d'une seule voix sur la scène internationale. S’y ajoute la dimension développement qui intègre le renforcement de la coopération et de l’intégration économique entre les pays et les peuples de la sous-région.

 

PRÉSIDENCE MALIENNE DE L’AES- Le ministre Abdoulaye Diop dira que la première priorité était de travailler à adopter une feuille de route de la Confédération qui décline un certain nombre de dimensions importantes. Il s’agissait d’abord de faire fonctionner la Confédération pour qu'elle puisse exister. Pour ce faire, il a fallu se mettre à la tâche pour une meilleure coordination des efforts sur le plan sécuritaire dont on voit aujourd'hui les résultats sur le terrain avec des actions coordonnées, des succès militaires même si des défis demeurent. 

Sur le plan diplomatique, a précisé Abdoulaye Diop, nos pays parlent de plus en plus d'une seule voix. À titre d’illustration, il a cité le cas concernant l’Ukraine qui a apporté son aide à des groupes terrorsites ayant agressé le Mali. Après avoir condamné cet acte, les trois pays de l’AES ont entrepris des démarches communes auprès des Nations unies et de l’Union africaine. Aussi, pour la situation avec l’Algérie, lorsque ce pays frontalier a attaqué un drone malien, les trois pays de la Confédération se sont exprimés d'une seule voix. D’après le chef de la diplomatie malienne, beaucoup de partenaires comme la Türkiye, la Russie, le Maroc, reconnaissent de plus en plus cette réalité géopolitique extrêmement importante.

S'agissant du développement, Abdoulaye Diop a retenu des avancées importantes au regard de l'identification des projets structurants pour renforcer l'intégration au niveau de la région. Il a cité, entre autres, la création d'une compagnie aérienne, des chemins de fer, des projets d’infrastructures d’énergie, la mise en place de la Banque confédérale d'investissement de développement qui permettra de générer des ressources internes pour pouvoir financer notre propre développement. S'y ajoute un prélèvement communautaire pour dégager des ressources propres au niveau de notre espace sur la base des importations. Par ailleurs, le ministre Diop a égrené les symboles de la Confédération comprenant l'adoption d'un logo, d'un drapeau et d’un hymne, également l’existence d’un projet de radio et de télévision.

 

RENCONTRE CONFÉDÉRATION AES-CEDEAO- L’invité du jour a qualifié d’importante la rencontre de Bamako entre la Confédération AES et la Commission de la Cedeao. Toutefois, il a clarifié qu’elle n'avait pas pour objectif de revenir dans la Cedeao. « Notre départ est acté et on a pris un chemin de non-retour», a-t-il réaffirmé. Toutefois, il dira que même en sortant d'une organisation, c'est quand même des relations économiques, commerciales, culturelles, sécuritaires qui ont été tissées sur 50 ans qu'on ne peut pas détricoter du jour au lendemain. Selon Abdoulaye Diop, cela peut amener une désintégration violente qui aura des conséquences pour chacune des parties. « C'est un certain nombre de questions pratiques qui nous ont amené à nous asseoir avec la Cedeao », a-t-il précisé, ajoutant que les peuples de l’Afrique de l’Ouest sont désormais représentés par deux entités, la Confédération AES et la Cedeao.


Lesquelles doivent se mettre ensemble pour voir comment le désengagement va se faire sur le plan, par exemple, de la libre circulation des personnes et des biens, le commerce des ma
rchandises, des projets d’énergie, entre autres. Le chef de la diplomatie malienne soutient que cela nécessite incontestablement des accords pour établir de nouveaux rapports.




D’après lui, l’objectif est de travailler à préserver l’intérêt des populations
et sur comment préserver les acquis de l’intégration. Pour Abdoulaye Diop, l’AES est dans une dynamique fixée dès le départ, qui prévoit que ces discussions avec la Cedeao se fassent en groupe et non en individuel avec chaque pays de la Confédération. D’après lui, l’AES va continuer à vivre dans un cadre juridique sur le plan international et il est possible de collaborer avec la Cedeao sur la scène internationale. « Ce sont les ingérences extérieures qui sont problématiques », a déploré le patron de la diplomatie malienne. 


Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale est revenu sur les tensions avec l’Algérie, suite à l’attaque d’un drone de l’Armée malienne dans la nuit du 31 mars au 1er avril dernier, ajoutant qu’il est inacceptable que notre pays soit agressé de cette façon. Pour lui, il est important que les autorités algériennes respectent la souveraineté du Mali, cessent de s’ingérer dans les affaires intérieures de notre pays et de servir de base arrière à des groupes terroristes et autres qui nous déstabilisent.

S’agissant des relations avec les autres voisins, Abdoulaye Diop a fait savoir qu’elles connaissent toujours des hauts et des bas. Pour le Mali, il dira que depuis l'indépendance, nos relations avec les voisins ont été fondées sur les principes de bon voisinage, de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, surtout travailler à promouvoir l'intégration régionale et tisser des rapports fraternels entre populations.

 

DIVERSIFICATION DES PARTENAIRES- Concernant la diversification du partenariat, Abdoulaye Diop a expliqué que c’est un moyen de travailler afin que notre pays puisse être autonome. « Notre ambition n'est pas de dépendre de tels ou tels partenaires, mais il est question des choix stratégiques ou tactiques qu'on fait à des moments pour nous permettre d'atteindre un certain nombre d'objectifs», a clarifié le ministre Diop, tout en prenant l'exemple sur les cas de la défense et de la sécurité. Avant d’insister sur le fait que «notre ambition est de pouvoir être autonome ».

Malheureusement, il retiendra que ces choix nous ont amenés à des tensions avec des pays comme la France qui, en tant qu’ancienne puissance coloniale, pensait que c'est elle qui devrait définir avec qui le Mali doit traiter.

«Aujourd'hui, notre pays assume cette diversification des partenariats et la coopération économique est très dynamique avec des partenaires comme la Russie et la Chine», a indiqué Abdoulaye Diop, qui assure que le Mali va continuer à chercher les partenariats dans les pays où il y a des compétences et des ressources dont ceux du Moyen-Orient.  à ce niveau, il a annoncé que le Qatar a récemment accordé à notre pays une aide budgétaire de 50 millions de dollars. Aussi, une délégation des Émirats arabes unis s’est rendue dans notre pays avec laquelle, il y a des discussions concernant beaucoup de projets structurants. S’y ajoutent des ouvertures avec d'autres pays africains.

Pour le ministre Diop, la diversification est essentielle chaque fois qu'il s'agit de la défense et de la sécurité ou d’autres domaines.  La finalité recherchée, selon le ministre, est de cesser la dépendance de notre pays. «Notre choix est d’évoluer vers un monde multipolaire. Le Mali ne souhaite pas qu'il y ait un groupuscule de pays qui dirigent le monde et que la voix de la majorité ne soit pas entendue…», a-t-il souligné, ajoutant que la dynamique des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) doit davantage être renforcée.

Par ailleurs, le ministre Diop a fait savoir que notre pays s'est retiré de la Francophonie pour des raisons évidentes. «Nous ne pouvons pas être dans des organisations où on pratique la politique de deux poids, deux mesures. Quand nous appartenons à une organisation, elle doit fonctionner sur la base de ses propres règles qui doivent s’appliquer invariablement à ses membres», a-t-il martelé. Quant aux relations avec les Nations unies, il dira que le Mali, depuis son accession à l’indépendance, est devenu membre de cette organisation. Selon lui, toute la galaxie des Fonds, Agences et Programmes, avant la Minusma, continue dans notre pays après le départ de la Mission onusienne. 

Pour Abdoulaye Diop,  nous avons une diplomatie décomplexée qui défend les intérêts de notre pays pour le repositionner dans un contexte international, surtout tisser des amitiés et des partenariats. Selon lui, le Mali ne s'est jamais mis dans une posture de confrontation avec qui que ce soit. À titre d’illustration, il reviendra sur les conditions de départ de la Force Barkhane, le comportement de l’Ukraine qui a aidé les groupes terroristes qui ont du sang malien sur les mains. Le chef de la diplomatie malienne a soutenu que notre démarche n'est pas émotionnelle, mais tourne autour des trois principes qui dirigent désormais les actions publiques de notre pays. 

Enfin, le ministre Diop a expliqué que la fermeture des consulats français dans les pays de l’AES est une décision de la France. D’après lui, il faut expliquer aux gens la dynamique de refondation des autorités et leur volonté de transformer notre pays, faire comprendre la complexité des défis auxquels le Mali est confronté, notamment celui sécuritaire. Mais aussi contrer tous les narratifs négatifs, péjoratifs et souvent dévalorisants qui sont collés aux trois pays de l’AES.

Oumar DIAKITE

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