Mais, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) vient de lui offrir une véritable bouée de sauvetage en l’inscrivant, depuis le 15 décembre 2021, au patrimoine immatériel de l'humanité.
«Une merveilleuse nouvelle qui nous vient de l’Unesco. Nous nous en réjouissons» ! Telle était la réaction du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Andogoly Guindo, suite à l’inscription du bolon (ou m’bolon) au patrimoine immatériel de l’humanité le 15 décembre 2021 par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). «Cette inscription est le résultat d’un long processus qui a abouti aujourd’hui grâce au soutien de nos partenaires, notamment la République du Togo qui a accepté de porter le projet», a confié à la presse M. Moussa Cissé, chargé d’affaires du Mali auprès de l’Unesco.
Cette décision peut s’avérer salutaire pour sauver un instrument mythique dont l’inventeur serait le Mansa Mandé Boukary au 13e siècle. «Cette inscription au patrimoine universel immatériel est un grand soulagement. Je pense que c’est une étape décisive pour la protection de cet instrument menacé de disparition», nous a confié Habib Sangaré alias Dia Bolon, un virtuose de l’instrument.
«La sauvegarde de l’instrument passe par sa revalorisation. C’est un combat que je mène depuis des années. Cette décision de l’Unesco est donc un soutien inespéré», a-t-il ajouté. Et de poursuivre en promettant que, dans les jours à venir, «j’espère pouvoir rencontrer le ministre de la Culture pour voir ce qui est envisageable au niveau national pour la sauvegarde de cet instrument mythique et ce que nous pouvons apporter comme contribution en tant que joueurs de bolon».
Selon M. Cissé, le bolon est «menacé par des facteurs tels que l’urbanisation, l’introduction des religions qui interdisent les rites et pratiques initiatiques traditionnels et la baisse d’intérêt des jeunes».
Mais, les facteurs artistiques ne sont pas non plus négligeables parmi les menaces qui planent sur cet instrument. «Le bolon est sans doute le premier instrument traditionnel menacé de disparition aujourd’hui au Mali», avertissait Habib Sangaré dans un précédent article.
Le bolon a longtemps été confronté à un problème d’accord avec d’autres instruments de musique. Ce qui fait que ses joueurs n’étaient pas assez sollicités par les artistes pour les studios ou les concerts. «La différence entre le bolon et les autres instruments à cordes comme le ngoni et la kora se situe au niveau de la modulation. Il était difficile à accorder parce que ne s’adaptant pas facilement au changement de gamme… Cela a été un handicap difficile à surmonter», reconnaît Dia Bolon.
«Le bolon n’ayant pas assez de cordes (quatre au maximum), il faut souvent les tirer ou les redescendre selon la tonalité du titre. Comment faire pour que les titres qui se suivent et qui n’ont pas la même tonalité ne subissent pas des problèmes de désaccord avec le bolon ou qu’on ne se retrouve pas à accorder l’instrument pendant le spectacle, donc devant le public… Ce sont des équations que nous avons eues à résoudre en faisant par exemple de sorte qu’il y ait des morceaux sur lesquels Dia Bolon (Habib Sangaré) ne joue pas pour lui donner le temps de s’accorder…», nous a expliqué la jeune star Rokia Traoré.
Mais, ce handicap est aujourd’hui surmonté. «Je lui ai trouvé (à Dia Bolon) un accordeur car pour la Fondation Passerelle, en dehors de la collaboration artistique, il y avait un acte militant puisque le bolon est un instrument en voie de disparition», a assuré Rokia dont le projet musical, «Dream Mandé», vise à promouvoir les classiques et les instruments traditionnels. «Aujourd’hui, le bolon peut s’accorder avec n’importe quel instrument. Il peut s’adapter à tous les genres musicaux. La preuve est que, en dehors des artistes maliens, j’ai collaboré avec des Américains, des Allemands, des Danois…», se réjouint le virtuose Habib Sangaré.
«Mon souhait a toujours été d’ouvrir une école d’apprentissage de l’instrument parce que l’une des meilleures façons de le préserver, c’est de susciter l’intérêt de nouvelles générations pour cet instrument. Je suis en train de démarcher d’éventuels partenaires pour cela. Mais, l’état peut aussi énormément contribuer à la création de cette école ou de ce centre d’apprentissage du bolon», a-t-il conclu.
Pour le ministre Andogoly Guindo, cette inscription est «une bonne opportunité de réhabilitation du bolon». Et de rappeler (joint par un média français) que «le bolon est un instrument de musique traditionnelle qui symbolise très fortement la croyance populaire. C’est un instrument mythique autour duquel sont rattachées différentes pratiques comme le rituel autour des funérailles de certaines personnalités».
Le bolon est en effet un instrument de musique plus utilisé aujourd’hui dans le sud du Mali, même si c’est au Mandé qu’il a été créé. Il est composé d’une grande caisse de résonance en calebasse recouverte de cuir de vache et d’un manche en bois en forme d’arc muni de cordes. Le nombre de cordes du bolon détermine la façon dont il est utilisé.
L’instrument d’une à deux cordes est utilisé lors des manifestations populaires, les rituels et les cérémonies religieuses. Et celui qui a trois à quatre cordes est utilisé pour accompagner les louanges des chefs traditionnels, célébrer les actes héroïques des rois et accompagner les agriculteurs dans les champs.
Pour amplifier les vibrations sonores, le musicien porte souvent un dispositif en forme de cloche fait de plaques métalliques auxquelles sont fixés de petits lobes de forme ovale. Cet appareil, doté de petits anneaux en fer, est attaché à la main du joueur au moyen d’un coussinet garni de cordons ou d’un élastique.
Rédaction Lessor
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