Le Bolon : L’UNESCO tend une perche

Inventé au 13è siècle pour accompagner les guerriers et les cultivateurs, le bolon est un instrument traditionnel de musique menacé de disparition. Et cela en partie parce que peu d’artistes y ont recours pour leurs arrangements et les joueurs de l’instrument se font de plus en plus rares.

Publié vendredi 11 février 2022 à 07:15
Le Bolon : L’UNESCO tend une perche


 Mais, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) vient de lui offrir une véritable bouée de sauvetage en l’inscrivant, depuis le 15 décembre 2021, au patrimoine immatériel de l'humanité.

«Une merveilleuse nouvelle qui nous vient de l’Unesco. Nous nous en réjouissons» ! Telle était la réaction du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Andogoly Guindo, suite à l’inscription du bolon (ou m’bolon) au patrimoine immatériel de l’humanité le 15 décembre 2021 par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).  «Cette inscription est le résultat d’un long processus qui a abouti aujourd’hui grâce au soutien de nos partenaires, notamment la République du Togo qui a accepté de porter le projet», a confié à la presse M. Moussa Cissé, chargé d’affaires du Mali auprès de l’Unesco.

Cette décision peut s’avérer salutaire pour sauver un instrument mythique dont l’inventeur serait le Mansa Mandé Boukary au 13e siècle. «Cette inscription au patrimoine universel immatériel est un grand soulagement. Je pense que c’est une étape décisive pour la protection de cet instrument menacé de disparition», nous a confié Habib Sangaré alias Dia Bolon, un virtuose de l’instrument.

«La sauvegarde de l’instrument passe par sa revalorisation. C’est un combat que je mène depuis des années. Cette décision de l’Unesco est donc un soutien inespéré», a-t-il ajouté. Et de poursuivre en promettant que, dans les jours à venir, «j’espère pouvoir rencontrer le ministre de la Culture pour voir ce qui est envisageable au niveau national pour la sauvegarde de cet instrument mythique et ce que nous pouvons apporter comme contribution en tant que joueurs de bolon».

Selon M. Cissé, le bolon est «menacé par des facteurs tels que l’urbanisation, l’introduction des religions qui interdisent les rites et pratiques initiatiques traditionnels et la baisse d’intérêt des jeunes».

Mais, les facteurs artistiques ne sont pas non plus négligeables parmi les menaces qui planent sur cet instrument. «Le bolon est sans doute le premier instrument traditionnel menacé de disparition aujourd’hui au Mali», avertissait Habib Sangaré dans un précédent article.

Le bolon a longtemps été confronté à un problème d’accord avec d’autres instruments de musique. Ce qui fait que ses joueurs n’étaient pas assez sollicités par les artistes pour les studios ou les concerts. «La différence entre le bolon et les autres instruments à cordes comme le ngoni et la kora se situe au niveau de la modulation. Il était difficile à accorder parce que ne s’adaptant pas facilement au changement de gamme… Cela a été un handicap difficile à surmonter», reconnaît Dia Bolon.

«Le bolon n’ayant pas assez de cordes (quatre au maximum), il faut souvent les tirer ou les redescendre selon la tonalité du titre. Comment faire pour que les titres qui se suivent et qui n’ont pas la même tonalité ne subissent pas des problèmes de désaccord avec le bolon ou qu’on ne se retrouve pas à accorder l’instrument pendant le spectacle, donc devant le public… Ce sont des équations que nous avons eues à résoudre en faisant par exemple de sorte qu’il y ait des morceaux sur lesquels Dia Bolon (Habib Sangaré) ne joue pas pour lui donner le temps de s’accorder…», nous a expliqué la jeune star Rokia Traoré.

Mais, ce handicap est aujourd’hui surmonté. «Je lui ai trouvé (à Dia Bolon) un accordeur car pour la Fondation Passerelle, en dehors de la collaboration artistique, il y avait un acte militant puisque le bolon est un instrument en voie de disparition», a assuré Rokia dont le projet musical, «Dream Mandé», vise à promouvoir les classiques et les instruments traditionnels. «Aujourd’hui, le bolon peut s’accorder avec n’importe quel instrument. Il peut s’adapter à tous les genres musicaux. La preuve est que, en dehors des artistes maliens, j’ai collaboré avec des Américains, des Allemands, des Danois…», se réjouint le virtuose Habib Sangaré.

«Mon souhait a toujours été d’ouvrir une école d’apprentissage de l’instrument parce que l’une des meilleures façons de le préserver, c’est de susciter l’intérêt de nouvelles générations pour cet instrument. Je suis en train de démarcher d’éventuels partenaires pour cela. Mais, l’état peut aussi énormément contribuer à la création de cette école ou de ce centre d’apprentissage du bolon», a-t-il conclu.

Pour le ministre Andogoly Guindo, cette inscription est «une bonne opportunité de réhabilitation du bolon». Et de rappeler (joint par un média français) que «le bolon est un instrument de musique traditionnelle qui symbolise très fortement la croyance populaire. C’est un instrument mythique autour duquel sont rattachées différentes pratiques comme le rituel autour des funérailles de certaines personnalités».

Le bolon est en effet un instrument de musique plus utilisé aujourd’hui dans le sud du Mali, même si c’est au Mandé qu’il a été créé. Il est composé d’une grande caisse de résonance en calebasse recouverte de cuir de vache et d’un manche en bois en forme d’arc muni de cordes. Le nombre de cordes du bolon détermine la façon dont il est utilisé. 

L’instrument  d’une à deux cordes est utilisé lors des manifestations populaires, les rituels et les cérémonies religieuses. Et celui qui a trois à quatre cordes est utilisé pour accompagner les louanges des chefs traditionnels, célébrer les actes héroïques des rois et accompagner les agriculteurs dans les champs.

Pour amplifier les vibrations sonores, le musicien porte souvent un dispositif en forme de cloche fait de plaques métalliques auxquelles sont fixés de petits lobes de forme ovale. Cet appareil, doté de petits anneaux en fer, est attaché à la main du joueur au moyen d’un coussinet garni de cordons ou d’un élastique.

Rédaction Lessor

Lire aussi : Ouverture du Siama aujourd’hui : Tout est fin prêt pour accueillir les artisans

La 5è édition du Salon international de l’artisanat du Mali (Siama) s’ouvre aujourd’hui dans notre pays sous le thème : «Artisanat, facteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle» pour prendre fin le 7 décembre prochain..

Lire aussi : Livre sur Guimba national : Le parcours d’un comédien hors pair

Habibou Dembélé dit Guimba national a fait rentrer la comédie dans une autre dimension. Cet artiste arrive, avec une facilité déconcertante, à arracher le sourire à tout le monde.

Lire aussi : Chorégraphie de la Biennale de Tombouctou : Le ministre Daffé exprime sa satisfaction

Cette œuvre sera présentée par 333 jeunes en référence aux 333 Saints de Tombouctou. La répétition a commencé depuis fin octobre et elle relate les figures historiques des empires du Ghana, du Mali et du Songhaï avec des forgerons et des griots qui ont construit notre histoire.

Lire aussi : Semaine internationale de l’artisanat touareg : Le secteur artisanal comme alternative à la migration irrégulière

Le Salon international de l’artisanat touareg, tenu du 18 au 23 novembre, a dédié la journée du samedi dernier au département des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. La rencontre a été marquée par un panel sur le thème : secteur artisanal au Mali, alternati.

Lire aussi : El Hadj Adama Issa Sacko : «J’ai remarqué que la culture Khassonké est en voie de disparition»

L’écrivain traditionnaliste, à travers son livre, intitulé : «Le Khasso traditionnel : coutumes et mœurs», lancé le 17 juillet dernier, met en lumière les repères culturels de cet espace linguistique dont il est le «Djeli», de par la bataille de Tumbifara. Dans cet ouvrage de 162 pa.

Lire aussi : Coopération culturelle : Le ministre Daffé et l’ambassadeur de la Palestine, Hassan Albalawi, s’inscrivent dans la même vision

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l'Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a rencontré, lundi dernier dans ses propres installations, dans le cadre de l’Année de la culture, l’ambassadeur de la Palestine au Mali, Hassan Albalawi..

Les articles de l'auteur

Ouagadougou: La radio de l’AES s’appelle «Daandè Liptako »

-.

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 14:43

Communiqué du conseil des ministres du 26 novembre 2025

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 26 novembre 2025, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:20

Gouvernement-société Barrick : un accord de sortie de crise à la mine d’or de Loulo-Gounkoto

Le gouvernement de la République du Mali a conclu un accord de règlement avec la société Barrick Gold mettant fin au différend relatif à l’exploitation de la mine d’or de Loulo-Gounkoto..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 26 novembre 2025 à 07:37

Arrêt sur image : Ce mardi 25 novembre 2025, 13h45 à station-service Corridor, tournant ATTBOUGOU 501, rive droite

Un calme y règne, de l'essence disponible et queques motos et voitures en file pour prendre du carburant..

Par Rédaction Lessor


Publié mardi 25 novembre 2025 à 15:47

Kangaba : le Directeur Régional de l’Agriculture de Koulikoro en mission de supervision et de sensibilisation


Dans le cadre de la deuxième mission de supervision nationale de la campagne agricole 2025, le directeur régional de l’agriculteur de Koulikoro, Luc Diarra, s’est rendu à Kangaba le mardi 18 novembre, plus précisément dans les communes rurales de Minidian et de Kaniogo..

Par Rédaction Lessor


Publié mardi 25 novembre 2025 à 08:37

Aguelhoc : le Général Gamou se recueille sur les tombes des héros tombés en 2012

Le Gouverneur de la Région de Kidal, le Général de division Elhadji Gamou, s’est recueilli hier sur les tombes des héros tombés en 2012 suite à l’assassinat ignoble des éléments de nos Forces de défense par le MNLA et ses complices terroristes..

Par Rédaction Lessor


Publié mardi 25 novembre 2025 à 08:32

Visite de la ministre des Transports et des Infrastructures au Sénégal : Un plan d’action sera adopté pour fluidifier cet axe stratégique

Le Président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a accordé vendredi après-midi une audience à Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures du Mali..

Par Rédaction Lessor


Publié mardi 25 novembre 2025 à 08:29

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner