Magma Gabriel Konaté, parrain des activités culturelles du mois de mars
Le parrain des activités culturelles du mois de mars, Magma Gabriel Konaté, président de la Commission éducation et communication du Conseil national de Transition (CNT) a animé, vendredi dernier au Mémorial Modibo Keïta, une conférence-débats sur le retour aux valeurs sociétales, intitulée : «Seko ni Donko : Mali Kura Jósen ». L’événement s’inscrit dans la dynamique de l’Année de l’éducation et de la culture, décrétée par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.
Organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, la rencontre était présidée par le chef de cabinet Dr. Salia Malé. C’était en présence de plusieurs personnalités du monde de la culture, des professionnels des médias et des étudiants de l’Institut national des arts de Bamako.
Le conférencier, Magma Gabriel Konaté, a soutenu que le processus de la refondation doit se passer par une transformation individuelle et collective. Il a expliqué l’évolution historique des sociétés africaines, en particulier celle du Mali. Nos sociétés ont connu plusieurs influences extérieures, notamment les colonisations arabo-musulmanes, puis la colonisation française.
Ces périodes ont profondément transformé nos modes de vie et nos références culturelles. Selon lui, ces transformations ont parfois contribué à éloigner les populations de certaines racines culturelles.
Pour Gabriel Magma Konaté, la vision des autorités du pays visant à construire un Mali nouveau ne peut se réaliser sans la formation d’un citoyen nouveau. La construction du «Mali Kura» exige donc un retour aux valeurs fondamentales qui ont longtemps structuré la société malienne. Il s’agit notamment du civisme, du respect des anciens, de la solidarité, du sens de l’honneur et de la dignité, communément appelés «Maya» et «Danbé» dans la tradition malienne.
Dr Salia Malé a rappelé que cette initiative s’inscrit pleinement dans la Politique nationale de promotion de l’éducation et de la culture. Cette rencontre est une opportunité que les jeunes doivent saisir. Des activités similaires seront ainsi organisées dans les différentes régions afin de renforcer l’éducation aux valeurs et de sensibiliser les jeunes générations à l’importance de leur héritage culturel. Il a également salué les efforts des autorités du pays pour promouvoir un retour aux valeurs sociétales positives. La refondation passe nécessairement par la valorisation du «Dambé», symbole de dignité, de courage et de responsabilité dans la société malienne.
Dr Fatoumata Coulibaly dite FC, quant à elle, a mis l’accent sur le rôle essentiel des artistes et des acteurs culturels dans l’éducation et la formation du citoyen nouveau. Pour elle, les artistes ont une responsabilité particulière dans la transmission des valeurs sociétales à travers leurs œuvres, qu’il s’agisse du théâtre, de la musique, du cinéma ou de la littérature. Elle a ainsi invité les acteurs culturels à s’engager pleinement dans la dynamique de renaissance culturelle engagée au Mali.
Les échanges avec le public ont constitué l’un des moments forts de la rencontre. Plusieurs intervenants ont évoqué la perte progressive de certaines valeurs traditionnelles, l’influence croissante de modèles extérieurs et les difficultés du système éducatif à intégrer les réalités culturelles locales.
À l’issue des discussions, les participants ont unanimement reconnu que la refondation du Mali passe inévitablement par une éducation solide aux valeurs sociétales. Ils ont insisté sur la nécessité d’inculquer durablement aux enfants et aux jeunes des principes tels que le civisme, le respect, le «Maya» et le «Danbé». Certains intervenants ont également recommandé aux autorités de poursuivre les réformes du système éducatif, afin de mieux prendre en compte les réalités socioéconomiques et culturelles du pays.
Zanabou KONATÉ
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