Djoulafoundo : Les riziculteurs apprécient la moisson

Les paysans ont traversé des difficultés liées à la faible pluviométrie au début de l’hivernage et à l’accès aux intrants agricoles. Même si les dernières pluies ont été salvatrices, certains craignent une baisse de la production cette année

Publié jeudi 22 décembre 2022 à 07:04
Djoulafoundo : Les riziculteurs apprécient la moisson

Les bras valides des différentes familles s’organisent pour s’aider les uns les autres à récolter les fruits de leur labeur

 

Djoulafoundo relève du Cercle de Kangaba et se trouve à seulement 4 km de la Guinée. Ce mardi 29 novembre 2022, le climat humide, qui caractérise en ces temps la zone dite pré-guinéenne, enveloppe le village dans une épaisse brume se condensant en rosée.

Des moissonneurs bravent la grande fraîcheur, vêtus d’habits aux manches longues et armés de faucilles. Ils se rendent à la rizière de Lanceï Keïta, un riziculteur de Djoulafoundo. Son champ est situé dans une plaine, longeant les berges du fleuve Niger au sud-est du village.

Il n’est pas le seul. À perte de vue, la brise balance mollement de beaux épis qui font oublier le début difficile de l’hivernage. La campagne semblait en effet compromise par la rareté des pluies, il y a quelques mois. En juillet dernier, nous racontions dans nos colonnes les inquiétudes liées à la pluviométrie dans cette localité.

La période de moisson et de battage du riz ou du maïs sont des moments de communion et d’entraide sociale dans la plupart des villages malinké.

À Djoulafoundo, les bras valides des différentes familles s’organisent pour s’aider les uns les autres à récolter les fruits de leur labeur.

Aussitôt arrivés au champ de Lanceï, les travailleurs se repartissent en petits groupes pour attaquer, chacun de son côté, les épis sur une superficie d’un hectare et demi. Certains cachent leurs bras dans des chaussettes pour se protéger contre les tiges de riz et les herbes tranchantes appelées en malinké «kô mourouni» ou le choc de la faucille.

La rigueur et la rivalité s’installent. Chaque groupe se donne à fond. Les cris de joie et les bruits des faucilles tranchant les plants de riz résonnent. Dans leurs sillages, les mains gantées des moissonneurs laissent des tas de paddy bien superposés.

De temps en temps, les aînés lancent des mots pour galvaniser les troupes: « aw ni tchié, aw ni bara ». Et Lanceï Keïta apporte, avec allégresse, de l’eau à boire aux moissonneurs qui la réclame.

Il confie que la campagne de cette année est moins satisfaisante que la précédente. «L’année dernière, raconte-il, les plants de mon lopin avaient fleuri à souhait. Ce n’est pas le cas cette année, à cause du déficit d’intrants agricoles».


En effet, la rizière (un hectare et demi) de Lanceï avait donné 30 sacs de riz. Le rendement sera-t-il meilleur à l’issue de cette campagne ? Le quinquagénaire n’en n’est pas sûr, puisque son champ n’a pas été suffisamment fourni en engrais. Il n’a bénéficié que d’un sac d’engrais.

 

Pluviométrie abondante- Dans ce même village, Ladji Keïta et son frère cadet disposent d’un champ de riz d’un hectare sur la rive d’une digue. Les deux hommes se réjouissent de leur culture. «Après une rareté de pluies qui a failli nous mettre en retard au début de l’hivernage, nous avons eu, grâce à Dieu, une pluviométrie abondante.

C’est le problème d’engrais qui a été un casse-tête pour nous cette année», martèle-t-il. Et d’inviter les autorités à faciliter l’accès des paysans aux intrants agricoles, car cela est la condition sine qua non pour atteindre l’autosuffisance alimentaire. Le paysan souhaite le réaménagement de leur digue qui traverse une plaine dont les potentialités sont  énormes.

Selon les cultivateurs de Djoulafoundo, l’augmentation des prix sont à l’origine de l’accès difficile aux intrants. «L’engrais n’a pas de prix fixe. Un sac varie de 35.000 Fcfa à 45.000 Fcfa. Le bidon d’herbicide qui se vendait à 2.500 Fcfa l’unité, est cédé à 6.000 Fcfa. Celui de 4.000 Fcfa est passé à 8.000 Fcfa», précise l’un d’entre eux.

Mahamadou Magassouba, jeune paysan, dénonce cette augmentation des prix qui a fait que plusieurs cultivateurs n’ont pas pu entretenir convenablement leurs champs. «Les cultivateurs n’avaient pas d’argent et les prix des intrants étaient trop élevés pour les chefs de familles», confie-t-il.

Le trentenaire affirme que la quantité d’engrais subventionnés mise à la disposition des paysans de la contrée, était insignifiante. Personnellement, il «n’a pu mettre même 1 kg d’engrais dans sa rizière». Raison pour laquelle, Magassouba a placé tous ses espoirs en son champ de maïs.

L’agriculture est l’activité principale de la Commune de Nouga, suivie de l’orpaillage et de l’élevage. À Djoulafoundo, l’on est conscient du rôle moteur de l’agriculture dans le développement d’un pays.

Ici, ces mots du chanteur Oumar Koïta font l’unanimité: «kônô bara lankolo ku kolo tè barakè» qui signifie en français «le ventre affamé n’a pas d’oreilles».

N’Famoro KEITA

 

Rédaction Lessor

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