Après la chute du régime, quatre ans plus tard, à la suite de soulèvement populaire, l’économiste de formation a été nommé Premier ministre sous la Transition de 1991-1992 dirigée par le Lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré.
Soumana Sako obtint le Diplôme d’études fondamentales (DEF) en juin 1967 au centre d’examen de Mopti. Il fit ses études secondaires au lycée Askia Mohamed où il eut le baccalauréat en juin 1970. Après avoir décroché une licence à l’École nationale d’administration du Mali (Ena), le natif de Nyamina s’envola aux États-Unis pour les études supérieures. De là, il décrocha un Master en planification et gestion de projets et un Ph.D en économie du développement avec mention honorable. Cette haute distinction académique lui a été décernée par l’Université de Pittsburgh en Pennsylvanie.
Soumana Sako suivra ensuite des stages et séminaires de formation à la Fondation Ouest-Allemande pour le développement International, au Gosplan de l’ex-Union soviétique, à l’Institut de développement économique de la Banque mondiale et au General Accounting Office du Congrès des États-Unis d’Amérique.
Au cours de sa carrière professionnelle, comme signalé en haut, Soumana Sako fut ministre des Finances du Président Moussa Traoré entre 1986 et 1987. Il démissionna et prit ses distances avec ce régime. Après, l’enfant de Nyamina fut nommé Premier ministre par Amadou Toumani Touré pendant la Transition de 1991 à 1992. Les dirigeants de cette transition ont quitté la scène après l’élection du premier Président de la République du Mali sous l’ère démocratique Alpha Oumar Konaré.
En 1997, Soumana Sako fut candidat à l’élection présidentielle mais finira par se retirer de la course avec d’autres leaders de l’opposition, pour protester contre les fraudes. Il a soutenu, à deux reprises, la candidature d’Amadou Toumani Touré aux scrutins de 2002 et de 2007. En sa qualité de président de l’ancienne Convention nationale pour une Afrique solidaire (Cnas-Faso hèrè), le leader a été investi par son parti comme candidat à l’élection présidentielle de 2013.
Nouhoum Sarr, membre du Conseil national de Transition (CNT) dit retenir de l’illustre disparu qu’il était un des grands hommes des temps modernes au Mali. «Soumana Sako était mon maître, celui qui m’a quasiment tout appris en politique et gestion économique. Il était bien plus qu’un compagnon de route, il était une boussole, un phare et une source d’inspiration», témoigne le parlementaire. L’ancien directeur de publication du journal le Scorpion, Mahamane Hamèye Cissé, a écrit que c’est dommage que les références soient en train de nous quitter à fort rythme. Il a loué les qualités humaines et professionnelles de Soumana Sako.
«Son franc-parler, sa franchise et son exemplarité vont manquer à sa patrie, le Mali à qui il a tout donné», souligne l’ancien membre de la Haute autorité de communication (Hac). Nouhoum Togo, ancien leader estudiantin et acteur du mouvement démocratique, a rendu hommage à l’ancien Premier ministre, rappelant qu’il y a, à peine trois jours, ils étaient ensemble à l’enterrement de Me Hamidou Diabaté, un autre pilier du mouvement démocratique. Pour lui, Soumana Sako était un homme d’État, un esprit brillant et intègre.
Namory KOUYATE
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