Les professionnels du secteur agricole ont condamné à l’unanimité et avec la dernière rigueur les sanctions imposées au Mali par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). En conséquence, ils ont invité les deux organisations sous régionales à reconsidérer leurs positions et à mettre fin à cette situation qui ne respectent ni les accords conclus entre la Cedeao et ses États membres ni les principes de fonctionnement de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Les acteurs du monde agricole l’ont fait savoir samedi dernier en animant un point de presse tenu à cet effet dans les locaux de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam). C’était en présence du président de l’Association des organisations professionnelles agricoles (AOPP), Tiassé Coulibaly et de plusieurs acteurs du monde agricole.
Cette adresse aux médias est un message des professionnels du secteur agricole aux chefs d’État de la Cedeao et de l’Uemoa, à nos autorités, aux populations maliennes, à l’ensemble des peuples africains et du monde. Message livré à travers les hommes de médias dans une déclaration dont la teneur a été lue par Mme Sérébara Fatim Diallo, membre de la Fédération nationale des femmes rurales (Fenafer).
Selon elle, ces mesures en vigueur dès le lendemain du sommet extraordinaire de ces organisations tenu à Accra (Ghana), impactent négativement le secteur agricole à cause de la limitation de l’importation des intrants et de l’exportation des produits comme le bétail sur pied, le coton et d’autres produits. Elles entraineront une paupérisation des couches laborieuses déjà affectées par les effets de la pandémie de Covid-19, des pertes énormes de production et de revenus en raison du conflit armé imposé à notre pays depuis une dizaine d’années.
Une punition qui pourrait être abrégée grâce aux efforts en cours pour assurer l’approvisionnement correct du marché national en denrées de base et autres produits. «Fort heureusement, le gouvernement de Transition a déjà engagé des missions de prospection auprès des pays amis pour desserrer l’étau», ont-ils apprécié. Poursuivant que cette initiative contribuera certainement à résoudre les problèmes liés à l’accès des acteurs professionnels aux intrants et autres produits indispensables au développement des sous-secteurs agriculture, élevage, pêche/aquaculture et productions forestières.
Les professionnels du secteur agricole ont réaffirmé leur soutien au gouvernement pour ces initiatives prises visant à atténuer les effets et les impacts négatifs de cet embargo. Ils ont demandé au gouvernement de poursuivre le dialogue et la négociation avec les chefs d’État de la Cedeao et de l’Uemoa, tout en explorant les pistes de recours en s’appuyant sur les juridictions compétentes à l’échelle sous régionale, régionale et internationale. En vue, selon eux, de trouver les voies et moyens appropriés pour sortir de cette crise.
Les conférenciers ont adressé leurs sincères remerciements à la société civile africaine et mondiale pour leurs soutiens au Mali à travers leur mobilisation exceptionnelle et multiforme. Ils ont invité l’ensemble des populations au calme et à la retenue. Les opérateurs économiques à plus de responsabilité pour rendre facile l’accès des citoyens aux denrées de première nécessité et aux intrants agricoles. À cet effet, ils ont appelé leurs membres à faire preuve de résilience et de combativité pour surmonter les épreuves difficiles résultant de ces mesures illégales, illégitimes et inhumaines imposées à notre peuple.
Amadou GUÉGUÉRÉ
Rédaction Lessor
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