L’objectif était
de renforcer leurs capacités afin de prévenir les risques de conflits et de
violence par l’instrumentalisation des médias. Mais également de mettre en
place un groupe clé de vérification systématique des affirmations de
responsables politiques ou des éléments de débat public en période électorale.
Cet atelier de formation a été organisé par la Maison de la presse, en
partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud),
la Minusma et l’Onu Femmes. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre
du Projet d’appui aux réformes et aux élections au Mali (Parem 2021-2023).
La cérémonie d’ouverture était présidée par le
secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et
de la Modernisation de l’administration, Alkaïdi Amar Touré. C’était en présence du vice-président de la Maison de la
presse, Mamadou Dabo et du représentant résident du Pnud-Mali, Alfredo
Teixeira.
Selon ce dernier, la violence électorale peut-être
généralisée, avant ou après le jour du scrutin. Elle peut se produire sur une
grande échelle, immédiatement après les élections. À l’en croire, la plupart
des études reconnaissent que les causes des actes de violence liés aux élections
sont plus exogènes qu’endogènes.
Pour Alfredo Teixeira, ce ne sont
malheureusement pas les élections qui génèrent les conflits. Ceux-ci, a-t-il
estimé, sont souvent la résultante d’une combinaison de rivalités politiques et
de causes sous-jacentes, tels que l’exclusion, l’inégalité ou un lourd passif
de tension ethniques. Les élections, dira-t-il, sont une alternative à la
violence lorsqu’elles sont menées de manière crédible.
«Des élections crédibles,
transparentes et ouvertes offrent aux candidats une bonne chance d’être élus,
mais aussi un canal par lequel les électeurs de l’opposition exposent leurs préférences
sur les candidats et sur les problèmes, réduisant le recours à la violence», a
rappelé le diplomate onusien. Il a précisé que cet atelier ne doit pas se
limiter à la simple acquisition des connaissances pour les organes bénéficiaires,
mais il doit viser l’intérêt supérieur de la nation et du Mali en vue de
l’organisation d’élections inclusives et apaisées.
Pour sa part, le secrétaire général du ministère
en charge de la Communication a expliqué que la problématique de la gestion des
rumeurs et des fake news après les scrutins «constitue aujourd’hui un vrai
casse-tête et une préoccupation de premier ordre pour tous les gestionnaires
publics en général et particulièrement pour les responsables des médias publics
et privés». Pour Alkaïdi Amar Touré, le Mali ne fait pas exception à cette dure
réalité qui contribue malheureusement à fragiliser l’environnement
institutionnel et organisationnel du monde de la communication et celui de
l’information.
«Ce phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il n’épargne ni les pays développés, ni ceux en voie de développement. Il faudrait rappeler que le numérique n’est pas à l’origine des fake news comme beaucoup le pensent, mais la rivalité sur les réseaux sociaux contribue fortement à élargir sa diffusion», a-t-il souligné. Alkaïdi Amar Touré a invité les participants à plus d’assiduité et une participation positive à la formation afin de tirer le meilleur en vue d’une gestion saine en termes de traitement juste et équitable des élections auxquelles notre pays doit faire face très prochainement.
Fadi CISSE
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