Une véritable scène de famille. Il est
exactement 19h20 ce mardi 31 octobre à la devanture des locaux de l’Interpol
situé au quartier Bamako-Coura en Commune III du District de Bamako. Des jeunes
filles se regroupent autour d’un plat de Spaghetti pour le dîner. De l’autre côté
de la rue une file indienne est formée. Chacun veut être parmi les premiers à déposer
son dossier de candidature à la Police nationale. Mais l’opération commence le
lendemain à 8h00.
Pas question de se décourager encore moins de se lamenter pour ces jeunes (filles et garçons) que nous avons rencontrés. «Il a fallu que le gouvernement décide de proroger la date limite de dépôt des dossiers et de rendre facultative la fourniture de l’une des trois pièces (fiche descriptive individuelle, carte Nina et carte d’identité) pour que je sois là », apprécie Aminata Coulibaly, la bouche à moitié pleine. Il n’y pas de liste établie par ordre d’arrivée, mais chacun sait à quoi s’en tenir. «Chacun connait pour le moment son poursuivant. Donc, il n’est pas question de s’inquiéter avant la nuit avancée», dit Abdoulaye Kéita, après avoir laissé échapper une bouffée de fumée de cigarette.
EN PLEINE NUIT- Pendant deux jours, nous avons
suivi «l’aventure» nocturne de ces jeunes dans certains lieux de dépôt de
candidature. Au-delà de quelques amertumes, l’engagement et le courage
demeurent le leitmotiv de ces jeunes qui veulent coûte que coûte devenir
porteurs d’uniforme. De la Police nationale à l’Armée de terre et de l’air en
passant par la Garde nationale, la Gendarmerie et le Génie militaire, les
candidats sont nombreux dans des centres de dépôt. De jour comme de nuit.
Il est 00h30, nous sommes sur un terrain de
football au Badialan I (Commune III). Le lieu est noir de monde malgré l’heure
tardive. C’est le lieu de dépôt des dossiers pour le corps des Gardes. Déjà , la
liste établie par ordre d’arrivée ne tient pas sur trois feuilles A4. «Nous
sommes à 300 enregistrés sur les listes. Si tu veux t’inscrire, tu amènes une
feuille, parce qu’il n’y en a plus», confie Ousmane Sidibé, ce candidat qui
s’est gaillardement proposé pour diriger la «troupe». Il prévient que l’appel
commence à partir de 08h00. Ces centaines de jeunes n’entendent aucunement
rater cette opportunité de déposer ce samedi leur dossier. C’est pourquoi,
filles et garçons, ils se regroupent selon les affinités.
Pendant que certains installent leurs moustiquaires, d’autres se regroupent autour du thé. «Nous serons de meilleurs jeunes Gardes. Nous allons redorer davantage l’image de ce corps. Mon rêve a toujours été de porter le béret marron. C’est une fierté», s’exprime Amadou Cissé.
À l’entrée du terrain de football se tiennent
des petits commerces. Il y a des vendeuses de haricot, d’atiéké, d’arachide. Également,
les gérants des parkings motos, des jeunes du quartier se frottent aussi les
mains. «Je peux gagner par jour plus de 10.000 Fcfa en surveillant les motos
des postulants», témoigne Adama Kouyaté, habitant au Badialan I.
Il est 3h30 devant le Commissariat de police du 1er arrondissement. Il y a moins d’ordre en ce point de dépôt des dossiers de candidature pour la Police. Ici, pas de liste par ordre d’arrivée, mais chacun connaît sa position. On constate moins d’ambiance par rapport à l’endroit réservé à la Garde nationale. La fatigue se lit sur les visages des filles et des garçons. Certains prennent place sur leurs motos. Tandis que d’autres s’adossent aux murs. «Je suis contraint de renoncer à mes diplômes supérieurs pour postuler à ce concours. J’en ai marre de vivre au chômage», confie un candidat ayant requis l’anonymat. Notre interlocuteur avoue qu’il se porte candidat, non pas pour l’amour de l’uniforme, mais pour avoir un travail décent.
PROROGATION, UNE AUBAINE- Des photographes défilent
dans les lieux de dépôt de candidature pour faire des photos d’identité à la
minute pour les candidats. «Ils sont nombreux à ne pas avoir leur photo
d’identité dans leur dossier. J’en profite bien avec mon appareil», se réjouit
Alassane Diakité, rencontré ce mercredi au niveau de la Gendarmerie de Faladjè.
En effet, en raison de l’engouement affiché
par la jeunesse à s’engager dans les Forces de défense et de sécurité, les
autorités ont décidé, le vendredi dernier, de proroger la date limite de dépôt
de candidature d’une semaine, c’est-à -dire jusqu’au 3 novembre. Concernant les
dossiers de candidature à fournir, au lieu d’une copie légalisée de la carte
Nina ou de la fiche descriptive individuelle et de la carte d’identité civile
en cours de validité, il a été requis d’avoir iniquement l’une de ces pièces légalisées.
Hier aux environs de 10 heures à Faladjè, des
candidats assis à même le sol attendaient leur tour. Seules les candidatures
masculines sont reçues ici à la Gendarmerie. «Je suis venu depuis mardi, on m’a
donné un ticket de rang. Et c’est aujourd’hui (mercredi) que j’ai pu déposer
mes dossiers», témoigne Ibrahim Sidibé. Mahamadou Sangaré reconnait que la
facilitation accordée par le gouvernement au niveau des dossiers lui a permis
d’être parmi les candidats pour la Gendarmerie. «J’ai eu tous les problèmes du
monde pour me procurer de la copie légalisée de la carte Nina et de la fiche
descriptive individuelle. Je n’avais que la carte d’identité civile. Je suis
vraiment soulagé de déposer ma candidature», se réjouit-il.
Quant au niveau des sapeurs-pompiers de Sogoniko (Commune VI), selon les témoignages du directeur régional de la Protection civile de Bamako, 500 et 600 candidats sont enregistrés par jour. «Tout se passe sans problème. Les candidats respectent les consignes. Et nous travaillons de 6h30 à 18h», révèle le colonel Adama Diatigui Diarra, ajoutant que la décision de prorogation du gouvernement a apporté plus d’engouement.
HALTE AUX SPÉCULATEURS- Afin d’éviter la spéculation
au niveau de l’obtention des dossiers administratifs des postulants, le
gouvernement a mis en garde tout contrevenant. Puisque des voix s’étaient élevées
pour dénoncer des cas de hausse déloyale des prix fixés pour la délivrance des
cartes d’identité civile, des casiers judiciaires, des certificats de
nationalité, entre autres, dans les différents commissariats, mairies et
tribunaux. Malgré des communiqués dissuasifs des autorités, certains ont voulu
en profiter illégalement.
Ils en ont fait les frais. C’est ainsi qu’à Koutiala,
le procureur de première instance de la localité, Oumar Alassane Kouyaté, a écroué
à la Maison d’arrêt cinq personnes pour surenchère. Selon les enquêtes menées
par la Gendarmerie, pour un casier judiciaire ou un certificat de nationalité délivré
normalement à 1.500 Fcfa, les accusés cédaient ces documents aux demandeurs Ã
3.000 voire 10.000 Fcfa. Ces spéculateurs dorment actuellement en prison.
Oumar DIAKITE
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