Faure Gnassingbé est le médiateur principal dans la crise entre le Mali et la Côte d’Ivoire
Comme
annoncé dans le communiqué final de la session extraordinaire des chefs d’État
et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de
l’Ouest (Cedeao), tenue la semaine dernière à New York, en marge de la 77è
assemblée générale des Nations unies, une mission de haut niveau de
l’organisation sous-régionale est attendue aujourd’hui à Bamako.
La
délégation qui vient pour une visite de travail de quelques heures, est
composée de trois chefs d’État membres de la Cedeao. Il s’agit des présidents
du Togo, Faure Gnassingbé, du Ghana, Nana Addo Akufo, et de la Gambie, Adama
Barrow.
Cette
mission intervient au moment où la tension entre le Mali et plusieurs de ses voisins
est montée d’un cran. Un froid qui s’est manifesté par une escalade
verbale faisant suite à des prises de positions contre notre pays par les
autorités de ces pays à travers des sorties médiatiques “peu appréciables”.
Cette attitude à laquelle les autorités de la Transition, en l’occurrence le
Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a apporté des
réponses à la hauteur des manquements constatés. C’est ainsi que le chef du
gouvernement par intérim n’a pas manqué de dénoncer la thèse d’une combine
contre le Mali par rapport au dossier des « 46 mercenaires ivoiriens».
La question
de la libération des 46 militaires ivoiriens devrait être évoquée au
cours du séjour des trois chefs d’état à Bamako. D’autant plus que l’on
sait que les efforts déployés par la médiation togolaise sous le leadership du
président Faure Gnassingbé ont pesé pour l’élargissement des trois soldates
dans la foulée de la 3è réunion du Groupe de suivi et de soutien à la
Transition au Mali, tenue début septembre à Lomé au Togo.
Cette lueur
d’espoir dans la perspective d’un dénouement pacifique de cette regrettable
affaire avait été suivie par la visite du ministre des Affaires étrangères de
la République fédérale du Nigeria, Geoffrey Onyeama. à l’issue de
l’audience accordée par le chef de l’état à l’envoyé spécial du président
Muhammadu Buhari, le colonel Assimi Goïta avait déclaré qu’il était
judicieux de trouver une solution durable à la question des soldats ivoiriens.
Le
président de la Transition a, par ailleurs, fait comprendre qu’au même moment
où la Côte d’Ivoire demande la libération de «ses soldats», elle continue de
servir d’asile politique pour certaines personnalités maliennes faisant l’objet
de mandats d’arrêt internationaux émis par la justice. Malheureusement, selon
le chef de l’état, ces mêmes personnalités bénéficient de la protection de la
Côte d’Ivoire «pour déstabiliser le Mali». D’où la nécessité d’une solution
durable à l’opposé d’une solution à sens unique qui consisterait à accéder à la
demande ivoirienne sans contrepartie pour le Mali.
Ces
précisions du colonel Assimi Goïta ont provoqué la réaction des autorités
ivoiriennes à la suite d’un Conseil national de sécurité extraordinaire, tenu
le 14 septembre 2022, qui a débouché sur une fin de non-recevoir à la demande
d’extradition des personnalités maliennes. En revanche, comme dans une posture
de victime, Abidjan dénonce une «prise d’otages» et «exige la libération sans
délai de ses soldats», tout en décidant d’amener le dossier sur la table de la
Cedeao.
En
réaction, dans un communiqué publié le lendemain le gouvernement a accusé la
Côte d’Ivoire de vouloir transformer une affaire bilatérale en une crise
diplomatique et mettait en garde ce pays voisin de toute tentative de
manipulation de l’organisation sous-régionale visant à se soustraire de sa
responsabilité vis-à-vis du Mali pour une affaire judiciaire.
La délégation des illustres hôtes du Mali devrait être accueillie par les plus hautes autorités de la Transition à l’Aéroport international Président Modibo Keïta- Sénou demain dans la matinée, selon une note verbale du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale en date du mardi 27 septembre 2022.
Aboubacar TRAORE
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