Le Premier ministre écoute les explications d’Edward Quao, le conservateur du mémorial
Cela ne peut déteindre
sur l’envie du Premier ministre du Mali et des membres de sa forte délégation à
sacrifier à un rite protocolaire mais surtout panafricaniste : se rendre
au Mémorial Nkwame N’krumah pour saluer la mémoire du père de l’indépendance
ghanéenne, mais surtout rendre hommage, au nom du Président Assimi Goïta, au
rôle pionnier que ce grand homme et son pays ont joué dans l’ancrage de l’idéal
panafricain.
Cet élan est nourri par la considération mutuelle que nos deux
nations se vouent, au niveau des autorités, comme des peuples. Le Ghana, bien
avant l’indépendance, a été une terre d’immigration pour les anciens Soudanais
de la région de Gao et du pays dogon. Leurs descendants sont bien implantés
aujourd’hui dans toutes les régions du pays, au point que la langue songhay est
en train d’être intégrée comme dialecte officiel.
LA ROUTE DU POISSON-Cette relation fusionnelle entre nos
deux pays s’est renforcée au cours des premières heures des indépendances sous
le leadership du président Kwame N’krumah. Avec Modibo Keita, ils ont
développé la route du poisson qui est une artère nourricière de ces relations
économiques, à partir de Mopti, via le pays dogon, le Burkina jusqu’à Kumasi,
la capitale économique du Ghana, en pays ashanti. Cela est inscrit dans
l’héritage mémoriel du père de l’indépendance ghanéenne en ce qui est des
relations entre les deux pays et de la construction de l’unité africaine.
C’est
cela l’esprit du Mémorial N’kwame N’Krumah, au cœur de la capitale, Accra. Des touristes occidentaux, malgré les
explications de leur guide, semblent distraits à la vue de la délégation
malienne. Mais la distance les dissuade d’approfondir leur curiosité. à chacun
son guide et la concentration est de mise dans un tel lieu, lourd de souvenirs
et surtout d’émotions. Dans ce haut lieu qui reçoit environ 99 mille visiteurs
chaque année, le marbre, l’asphalte, les drapeaux et les photos se disputent
dans un décor pensé pour immortaliser l’œuvre et la vie d’un grand homme. Les
jets d’eau dont les installations sont visibles dans des canaux dédiés, sont
inactifs en ces instants.
À pas mesuré, le Premier ministre écoute les
explications d’Edward Quao, le conservateur du mémorial. Une statue géante, en
bronze massif de l’homme d’état trône au beau milieu du site, comme pour
accueillir de loin les visiteurs et leur annoncer les couleurs. Au mausolée,
sur la tombe de l’illustre disparu, le chef du Gouvernement se recueille non
sans écouter les explications du maitre des lieux. «Après le coup d’État qui
l’a évincé en 1966, Kwame N’Krumah s’est exilé en Guinée où Sékou Touré, en
fervent inspirateur de l’Union Ghana, Guinée, Mali a accueilli son frère en lui
attribuant le titre de co-président de Guinée.
Le dirigeant ghanéen y résidera
et c’est de là qu’il ‘est parti se soigner en Roumanie où il mourut d’un cancer
de la prostate», explique-t-il, non sans un brin d’émotion dans la voix. À
environ un mètre de là, se trouve la tombe de son épouse égyptienne, Fatia
N’krumah morte en Egypte mais qui a souhaité qu’à sa mort, ses restes soient
auprès de ceux de son époux. «Leur union a été inspirée par le leader égyptien,
Gamal Abdel Nasser, au nom des idéaux du panafricanisme qui habitaient les deux
hommes. Fatia N’krumah a donné naissance à trois enfants, tous aujourd’hui
vivants et dont l’un est journaliste en égypte», a poursuivi le conservateur
dans ses explications aux viseurs de marque du jour.
Ce mémorial est une idée du Président Jerry John
Rawlings qui a voulu immortaliser la vie grandiose de l’auteur de «l’Afrique
doit s’unir» ou encore du «consciencisme», des œuvres qui ont été le socle de
sa doctrine panafricaniste, elle-même inspiratrice de la création de
l’Organisation de l’unité africaine (OUA) aux côtés de ses pairs Modibo Keita
et Gamal Abdel Nasser. «C’est une bonne occasion de nous ressourcer et de
comprendre que le combat porté au plus haut niveau dans notre pays par le
Général d’armée Assimi Goita, Président de la Transition, est un combat de dur
labeur.
En voyant les œuvres de feu Kwame N’Krumah, premier président du Ghana
mais aussi premier Premier ministre du pays, nous comprenons que le
panafricanisme est un combat constant, une lutte qui a commencé à la veille des
indépendances de nos pays. Forcément, cela permet de rehausser le moral et
savoir que de 1960 à aujourd’hui, c’est à peu près les mêmes réalités, les
prédateurs sont les mêmes. Dans le cadre de la refondation au Mali, dans un
cadre confédéral comme l’Alliance des États du Sahel, la volonté de nos leaders
aujourd’hui est de mettre fin définitivement à cette lutte et d’aller vers une
indépendance, une souveraineté véritable des pays africains», confie le Premier
ministre, visiblement très fier de ce qu’il a vu.
Dans une salle attenante au mausolée, l’on peut refaire le
parcours du natif de Nkroful, une bourgade de l’ouest du pays. On peut voir de
l’Osagyefo (titre de l’ethnie akan donné à Nkrumah et qui veut dire le sauveur)
avec des pères des indépendances et du panafricanisme comme Gamal Abdel Nasser,
Modibo Keita, Ahmed Sékou Touré, Hailé Sélassié. Pour un visiteur malien, les
photos qui ralentiront une telle randonnée historique sont celles des visites
de premier président ghanéen au Mali, précisément à Bamako et à Mopti. Sur ces
captures de ces mémorables, l’on peut le voir aux côtés de son homologue malien
Modibo Keita ou du député maire de Mopti, Barema Bocoum. Dans cette salle de
souvenirs, une table bureau, un costume traditionnel, un fauteuil, conservés
pour avoir été dans la vie de Kwame N’Krumah.
UN VIBRANT HOMMAGE-À la fin de la visite, le Général de
division Abdoulaye Maïga n’a pas manqué de marquer dans le livre d’or ces
instants historiques pour sa délégation et au nom du Chef de l’État du Mali.
«Je voudrais au nom du peuple malien, des plus hautes autorités de la
Transition, de la délégation qui m’accompagne et en mon nom personnel, rendre
un vibrant hommage au grand homme d’État que fut Dr Kwame N’Krumah, pour sa
vision et son leadership audacieux pour la libération de l’Afrique qui lui
étaient chevillés au corps.
Il croyait fermement en la justesse de son combat,
comme en atteste sa célèbre citation, je cite : «j’ai la certitude que la
mort ne peut éteindre la flamme que j’ai allumée au Ghana et en Afrique.
Longtemps après ma mort, elle continuera de brûler et d’être portée haut,
éclairant et guidant tout le peuple». Fin de citation. Aujourd’hui, la lutte
portée haut par son Excellence le Général d’armée Assimi Goïta, Président du
Mali, son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, son
Excellence le Général de brigade Abdourahmane Tiani, Président du Niger et par
tout le peuple de la Confédération des états du Sahel (AES). Que Dieu bénisse
l’Afrique».
De retour de cette visite pleine d’histoire, le Premier ministre a rendu une visite à l’ambassade du Mali où l’ambassadeur, Oumar Konaté lui a exposé la situation de sa juridiction. Le Chef du Gouvernement a pu constater que les opérations de révision des listes électorales se poursuivent avec des agents motivés et bien en place.
Envoyé spécial
Alassane Souleymane
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