Il est 8 heures, un
embouteillage monstre se forme au niveau du secteur «Dibidani» en Commune III
du District de Bamako. Le phénomène s’étend jusqu’à la mairie du District de
Bamako où une foule s’active dans la matinée de ce premier mercredi du mois de
janvier. Une file indienne fait la queue devant le service
«recette-perception». Tous attendent d’avoir leurs vignettes pour vite vaquer à
leurs occupations et les policiers veillent au grain pour le bon déroulement
des opérations.
Dans un communiqué rendu
public le 3 janvier dernier, le président de la délégation spéciale de la
mairie du District de Bamako informait la population du début de la vente des
vignettes des engins à deux roues à partir de mardi dernier à la mairie du District
ainsi que dans les mairies des Communes II, IV et VI du District de 8 heures à
16 heures.
Depuis cette annonce, des propriétaires de ces engins n’ont pas
attendu la dernière minute pour prendre d’assaut l’hôtel de ville de Bamako
dans le but d’obtenir le précieux sésame. Le constat a été fait, hier, par
notre équipe de reportage.
Mady Sissoko est
sexagénaire. Il patiente depuis 6 heures et commence à avoir des crampes à
l’estomac pour n’avoir rien grignoté. Chaque année, ce vendeur de motos passe
dès les premiers jours du lancement de la vente des vignettes pour prendre
celles de ses clients.
Il pointe du doigt la lenteur des agents au niveau des
guichets. Pour lui, l’année dernière l’opération était beaucoup plus fluide.
Malgré son âge, notre interlocuteur qui faisait la queue attire la vigilance
des agents à ce qu’un traitement spécial soit réservé à tous ceux qui sont du
troisième âge pour leur faciliter l’obtention des vignettes.
Tout comme lui, Adama
Konaté, résident dans la Commune rurale de Kalaban coro, a quitté sa famille
depuis 6h30 minutes dans l’espoir de vite récupérer sa vignette avant de
regagner son lieu de travail à Mountougoula. «À ma grande surprise, je n’ai pas
échappé à ce que je craignais. Car, je pensais que si je venais très tôt,
j’échapperai à la file, c’est tout le contraire ici», lance-t-il dépité. Notre
interlocuteur suggère à la mairie de commencer la vente des vignettes dans
toutes les autres mairies de Bamako pour éviter ce débordement.
Mme Touré Salimata Sidibé,
ancienne conseillère technique au ministère en charge des Affaires étrangères,
bénéficie du privilège de l’âge. Celle qui a fait valoir ses droits à la
retraite était venue payer la vignette de la moto de son petit-fils. Elle
acquiert le sésame sans perdre du temps et exprime à qui veut l’entendre sa
satisfaction.
BONNE GOUVERNANCE
FINANCIÈRE- Dans une interview, le président de la délégation spéciale de la
mairie du District de Bamako, Balla Traoré, rappelle que l’instauration de la
bonne gouvernance financière au sein de sa structure est l’une des missions
importantes confiées à sa délégation.
C’est dans ce cadre que pour la vente des
vignettes cette année, son service a innové à travers un nouveau système,
notamment une application qui permet de faire le suivi au quotidien de la vente
des vignettes et en temps réel. Pour satisfaire les clients, il révèle que la
mairie envisage d’aller à dix guichets qui seront sous surveillance des
caméras.
La mairie a formé cette
année plusieurs agents pour une bonne maîtrise de l’application. «Entre hier et
aujourd’hui, nous avons senti une grande amélioration», répond-il. Balla Traoré
explique succinctement que l’opération se fluidifiera au fur et à mesure. Et
d’ajouter que l’idée est d’instaurer la transparence dans la gestion des
vignettes dans la mesure où courant 2024, la mairie a épinglé des cas de fraude
avec des vignettes parallèles.
«Cette année, nous invitons les citoyens à faire
preuve de compréhension par rapport au léger retard qu’ils pourront constater
dans la vente des vignettes. Mais, c’est mieux d’accuser ce léger retard tout
en instaurant la transparence que d’aller très vite et mal», lance Balla
Traoré.
Selon le receveur
percepteur, Aguissa Zouladeini Maïga, les autres points de vente des vignettes
n’ont pas encore ouvert avec la nouvelle application qui vient de voir le jour
d’ici le temps de finir l’installation au niveau central. Il précise que les
prix des vignettes oscillent entre 1.500 Fcfa pour les vélos à 6.000 et 12.000 Fcfa pour les autres engins à
deux roues.
Parlant des dispositions
prises pour les cas de fraudes, M. Maïga confie que sa structure est sur le
point de mettre en place un logiciel qui leur permet de prendre les
informations sur les propriétaires des motos, à connaître leurs noms et prénoms,
le numéro de la moto y compris d’autres éléments à l’intérieur de la vignette
permettant de contrôler leur produit.
Rappelons que les vignettes se vendent toute l’année, c’est-à-dire jusqu’au 31 décembre prochain. Cette première étape concerne tous les anciens propriétaires d’engins qui ont jusqu’au 31 mars pour s’en procurer. Passé ce délai, ceux-ci se verront appliquer une pénalité (le tarif sera doublé).
Fadi CISSE
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