Véhicule de transport de marchandises : Le respect des normes s’impose

Face au retard constaté dans la mise en œuvre du Règlement n°14 visant à sauver le réseau routier dans l’espace Uemoa, notre pays a pris ses responsabilités en définissant ses propres normes, en accord avec les réglementations internationales

Publié mercredi 19 mars 2025 à 07:49
Véhicule de transport de marchandises : Le respect des normes s’impose

Le réseau routier national subit de graves dommages causés par des véhicules gros porteurs hors gabarit et surchargés de marchandises, principalement en provenance des ports maritimes où transitent les importations et exportations du pays. Cette surcharge entraîne une dégradation précoce des infrastructures routières, conçues pour supporter des poids réglementés : trois essieux pour le tracteur et trois à quatre essieux pour la semi-remorque.

Face à ce constat alarmant, le ministre des Transports et des Infrastructures a, dans un communiqué du 5 février dernier, exhorté les propriétaires de véhicules lourds de transport de marchandises à respecter strictement les normes relatives aux gabarits, aux poids et à la charge à l’essieu. Cette mise en garde s’inscrit dans le cadre de l’application intégrale de l’article 32 du décret n°2023-0509/PT-RM du 12 septembre 2023, qui régit l'usage des voies ouvertes à la circulation publique et de la mise en circulation des véhicules.

Dans ce décryptage, le directeur général des Transports, que notre équipe a rencontré à son bureau, explique, entre autres, l’esprit de cette mesure relative au respect des normes relatives aux gabarits, aux poids et la charge à l’essieu des véhicules. Il donne des informations précises sur le processus d’application, le tonnage et les dimensions maximales autorisées pour chaque type de véhicule.

«Notre pays est préoccupé par la préservation de son patrimoine routier. Chaque année, l'État investit des milliards de Fcfa dans la construction et l'entretien des routes. Le Fonds d'entretien routier récupère les recettes des péages et la redevance d’usage sur les produits pétroliers, mais ces ressources ne suffisent pas à maintenir en bon état un réseau routier dont certaines infrastructures ont plus de 20 ans. Ces routes doivent garantir un service sûr et conforme aux exigences des usagers», détaille Mamadou Sow.

Selon lui, l'objectif de cette mesure est d'empêcher la dégradation prématurée de nos routes et des ouvrages de franchissement. Ainsi, les dimensions maximales autorisées sont de 16,5 m de longueur pour les véhicules articulés, 2,55 m de largeur pour l'ensemble des véhicules et 4 m hauteur pour tous véhicules confondus. À partir du 1er avril 2025, tout transporteur ne respectant pas les dimensions réglementaires s'exposera aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Celles-ci incluent notamment l'immobilisation du véhicule à la frontière ou aux points de contrôle, ainsi que l'obligation de transbordement et de correction du gabarit, le cas échéant.

De l’analyse du patron des transports, une chose est de pouvoir ravitailler la population, l'autre est de ne pas dilapider les ressources mises à la disposition du ministère en charge des Transports pour la construction des routes afin d'offrir des routes en bon état aux usagers. «Le code de la route définit ces normes et impose des limites strictes sur le gabarit des véhicules. Lorsqu'un camion de 20 à 22 tonnes circule sur une route conçue pour supporter 13 tonnes à l'essieu, après seulement trois passages, la structure de la zone est affaiblie. La première pluie suffit alors à créer des trous, communément appelés nids de poule», explique-t-il.

 

INTERDIRE LES VEHICULES HORS NORMES- Selon le spécialiste, chaque type de véhicule dispose d’un tonnage maximal autorisé. «C’est 18 tonnes maximum pour un véhicule isolé (camion) avec deux essieux, et 26 tonnes pour un véhicule de trois essieux. C’est un maximum 80 tonnes pour les véhicules articulés avec plusieurs essieux, un train double articulation neuf essieux conteneurs. Ces véhicules ne sont pas chez nous. Le plus souvent, c'est dans les transports exceptionnels. Et pour un véhicule pour le transport normal, le maximum autorisé est de 56 tonnes tous poids compris», explique le directeur général des Transports. En ce qui concerne les véhicules de transport des marchandises solides, liquides, de gaz butane, de personnes et les tricycles, les poids sont édictés par les textes en vigueur au Mali.

Mamadou Sow insiste sur le fait qu’aucun véhicule ne doit dépasser la charge limite inscrite sur sa carte grise, conformément à la réglementation internationale. «Il est temps que nous prenions soin de nos investissements. Trop souvent, une route commence à se dégrader avant même son inauguration.  Si nous ne respectons pas les normes, nous continuerons de voir nos infrastructures se détériorer prématurément», souligne-t-il. Et de déplorer qu’un véhicule a été contrôlé au poste de péage de Ouéssébougou avec 36 tonnes à l'essieu, en dépassant le maximum autorisé qui est 13 tonnes. Tous les véhicules qui utilisent le réseau routier national malien sont concernés par cette mesure.

 Mamadou Sow, directeur général des transports


Selon le directeur des Transports, la ministre chargée des Transports, Mme Dembélé Madina Sissoko, a saisi ses homologues des pays de transit par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, afin de les informer officiellement de cette mesure. Et des instructions fermes ont été transmises aux directeurs des entrepôts dans les ports de transit pour notifier aux transporteurs des pays voisins que, dès le 1er avril, le Mali interdira la circulation des véhicules hors normes et hors gabarits. «Tous les ministres et directeurs des transports des pays de l'AES sont informés de cette décision», assure Mamadou Sow.

Les amendes sont définies par le code de la route, le code pénal et d'autres textes réglementaires. Toutefois, cette mesure ne prévoit pas de sanctions pécuniaires directes ou indirectes, ni d'emprisonnement. «Les routes sont construites par l'État et l'État va interdire les véhicules hors normes de circuler sur ses routes. Ceux qui veulent continuer d’exploiter le réseau routier malien seront obligés de se conformer aux normes et gabarits fixés par le code de la route», renchérit le directeur des Transports.

S’agissant du processus d’application, Mamadou Sow indique que le contrôle du respect des nouvelles régulations sera assuré par les services publics compétents, déployés aux péages, aux postes de contrôle, aux frontières et dans les entrepôts maliens des ports de transit. «L’État s'est donné les moyens nécessaires pour garantir l'application et le suivi de ces mesures», assure-t-il. Et d’insister sur l'urgence d'agir face à la dégradation rapide des routes sous l'effet des poids lourds : «Ce problème est principalement causé par une minorité de propriétaires de véhicules qui ne sont pas des transporteurs professionnels. Ils représentent seulement 0,3 % du secteur, mais leur comportement impacte tout le réseau routier.»

Babba COULIBALY

Lire aussi : Anéfis: Les FAMa intensifient leur offensive contre les groupes armés terroristes

Les Forces armées maliennes ( FAMa) intensifient leur offensive contre les groupes armés terroristes (GAT). Dans cette dynamique, elles viennent de neutraliser un GAT à environ 8 km à l’Est d’Anéfis dans la région de kidal..

Lire aussi : Kati : Ouverture de la procédure d’indemnisation des occupants du domaine militaire

Les propriétaires de constructions et d’aménagements réalisés dans la zone dite du domaine militaire de Kati sont invités à se présenter à la Commission nationale d’indemnisation pour les formalités liées au processus d’indemnisation..

Lire aussi : Riposte aéroterrestre des FAMa: L’État major annonce la maîtrise de la situation

La riposte aéroterrestre coordonnée, conduite par les Forces Armées Maliennes (FAMa) en collaboration avec leur partenaire stratégique, le 04 juillet 2026, a permis de reprendre l'initiative et de maîtriser la situation dans l'ensemble des localités visées par les attaques ennemies, a annonc.

Lire aussi : Oeuvres sociales du Président de la Transition : Trois forages pour les 1.008 logements

Dans le cadre de l’assistance sociale aux populations, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a manifesté encore sa solidrarité en offrant, vendredi dernie,r aux 1.008 Logements, trois nouveaux forages..

Lire aussi : Compétences numériques des jeunes : Onu femmes investit dans la formation

ONU Femmes poursuit son engagement en faveur de l’inclusion numérique au Mali. L’organisation a remis, vendredi dernier, un important lot d’équipements informatiques au ministère chargé de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, au profit.

Lire aussi : 12è Conférence des ministres de l’Odepa : Le Mali prend la présidence

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a présidé samedi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), l'ouverture de la 12è Conférence des ministres de l’Organisation pour le développement et la promotion de l’artisanat africain (Odepa) sous le t.

Les articles de l'auteur

Entrepreneuriat : Le PIATE mise sur un meilleur accompagnement des entreprises

Le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a lancé, hier, l’atelier d’appropriation de la première composante du Projet pour l’innovation et l’accélération de la transformation des entreprises (PIATE)..

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 03 juillet 2026 à 08:49

Semaine nationale de la sécurité routière : Offensive contre l’occupation anarchique des voies publiques

L’incivisme et l’indiscipline traduisent un manque de respect des règles de circulation et mettent directement en danger la vie des citoyens. Notre pays a enregistré en 2025 pas moins de 7.691 accidents corporels, causant 648 décès et 8.863 blessés.

Par Babba COULIBALY


Publié mardi 30 juin 2026 à 09:05

Secteur minier : La jeunesse appelée à saisir les opportunuités du contenu local

Le secteur minier malien ne se limite plus à l’extraction de l’or. De la sous-traitance à la logistique, en passant par la maintenance, l’ingénierie, les services environnementaux ou encore la fourniture de biens et services, il offre aujourd’hui un vaste champ d’opportunités économiques..

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 22 juin 2026 à 09:12

Hydrocarbures : Plus de 796 camions-citernes réceptionnés

La dynamique de stabilisation du marché des hydrocarbures se poursuit. Un convoi de plus de 796 camions-citernes chargés du carburant est arrivé au parking de stationnement de Bamako, ce vendredi 19 juin 2026, vers 5 heures du matin, sous l’escorte nocturne des Forces de défense et de sécurité..

Par Babba COULIBALY


Publié vendredi 19 juin 2026 à 08:49

Chambre nationale des experts judiciaires évaluateurs immobiliers agréés du Mali : Abdoulaye Guindo élu président

Vice-président du bureau sortant, il dirigera désormais un bureau exécutif composé de sept membres pour un mandat de trois ans renouvelable.

Par Babba COULIBALY


Publié lundi 15 juin 2026 à 08:52

Interdiction d’importation des motos de 125 cm³ et plus : Le gouvernement et les opérateurs accordent leurs violons

Dans le cadre du renforcement de la lutte contre le terrorisme, le gouvernement a décidé de suspendre, pendant un an, l’importation, le transit, la commercialisation, la vente, ainsi que la distribution gratuite des motocyclettes de cylindrée supérieure ou égale à 125 cm³ et de leurs accessoires sur l’ensemble du territoire national..

Par Babba COULIBALY


Publié mardi 09 juin 2026 à 12:34

Hydrocarbures : Plus de 737 camions citernes réceptionnés ce samedi

Plus de 737 camions citernes chargés du carburant sont arrivés ce samedi 16 mai dans les parkings de stationnement de Bamako. Cela sous l'escorte de nos Forces de Défense et de Sécurité..

Par Babba COULIBALY


Publié samedi 16 mai 2026 à 11:48

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner