Un chantier de logements sociaux dans la capitale

Des villes qui s'étendent, des quartiers qui se multiplient et des besoins en infrastructures toujours plus importants. En Afrique subsaharienne, l'urbanisation s'accélère et pose un défi majeur aux pouvoirs publics : transformer cette croissance démographique en richesses et en emplois.

Mariam A. TRAORÉ

Publié le 4 novembre 2026 à 11:10

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Un chantier de logements sociaux dans la capitale

Selon le Groupe de la Banque mondiale, la région accueillera 748 millions de citadins supplémentaires entre 2025 et 2050. Une évolution qui représente une occasion importante de stimuler la productivité et d'offrir de meilleures perspectives à une population active jeune et en pleine croissance.

Dans son rapport intitulé «L’éveil urbain de l’Afrique subsaharienne : Catalyser la croissance économique et la création d’emplois», publié le 29 octobre 2026, l'institution souligne que les villes peuvent devenir de puissants moteurs de développement. Elles concentrent les entreprises, les marchés et les infrastructures, tout en offrant généralement de meilleures possibilités économiques que les zones rurales. Mais cette dynamique ne garantit pas automatiquement des emplois de qualité. Sans planification, l'expansion urbaine risque d'accentuer les difficultés de logement, de mobilité et d'accès aux services essentiels.

Pour transformer ce potentiel en résultats concrets, la Banque mondiale recommande de concentrer les investissements sur les infrastructures, les transports et les logements abordables, notamment à proximité des bassins d'emploi. Elle insiste également sur l'anticipation de l'expansion des périphéries urbaines et la réservation d'espaces destinés aux équipements collectifs.

Le rapport met particulièrement en avant les quelque 15.000 villes intermédiaires de 5.000 à 50.000 habitants que compte la région. Situées notamment le long des corridors de transport ou à proximité de marchés dynamiques, ces localités pourraient devenir de nouveaux pôles économiques. L'institution préconise aussi de renforcer la gouvernance urbaine, de mobiliser davantage les ressources locales et d'encourager les investissements privés, notamment à travers les partenariats public-privé.

Cette réflexion interpelle directement le Mali. L'expansion de Bamako et le développement des villes régionales posent la question de leur capacité à accueillir des activités productives et à générer des emplois. Sikasso, Ségou, Kayes, Koulikoro, Mopti et Koutiala disposent notamment d'atouts dans l'agriculture, le commerce, l'artisanat et la transformation agroalimentaire. Leur valorisation nécessite des infrastructures adaptées, une meilleure planification et des investissements ciblés.

Pour la Banque mondiale, les décisions prises aujourd'hui façonneront les villes africaines des prochaines décennies. L'enjeu dépasse donc la construction de nouveaux quartiers : il s'agit de bâtir des villes capables de produire des richesses, de soutenir les entreprises et d'offrir des emplois décents à une jeunesse toujours plus nombreuse.

Moustapha Toure

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