Arrivée
des citernes à Bamako (photo d’archives)
Un convoi
de 1107 camions-citernes est arrivé à Bamako au petit matin du lundi 26
octobre, après avoir roulé toute la nuit, sous escorte, des Forces armées
maliennes (FAMa). Cette arrivée massive constitue un nouveau signal
encourageant pour l’approvisionnement du pays en hydrocarbures. Quatre jours
après l’annonce de 58,589 millions de litres acheminés sur le marché national
en une semaine, ce nouvel arrivage montre que la dynamique d’approvisionnement
se poursuit. Après les fortes tensions qui ont éprouvé les ménages et perturbé
les activités économiques, le Mali avance vers une normalisation progressive,
portée par la mobilisation de l’État, des professionnels du secteur et des
forces engagées dans la sécurisation des convois.
Au Mali,
le carburant est bien plus qu’un produit commercial. Il fait tourner les
transports, soutient les activités économiques, facilite les échanges et
contribue au fonctionnement de nombreux services. Sa disponibilité conditionne
les déplacements quotidiens, l’acheminement des marchandises et la continuité
des activités des entreprises. Lorsque l’approvisionnement se tend, les
répercussions se propagent rapidement dans toute l’économie, avec des
conséquences sur les coûts logistiques, les revenus des travailleurs et le
pouvoir d’achat des ménages.
C’est
pourquoi, le retour progressif à une situation plus stable constitue un enjeu
économique et social majeur. Les derniers mouvements de citernes apportent des
éléments concrets pour apprécier l’évolution de l’approvisionnement. Ils témoignent
de la poursuite des efforts destinés à alimenter le marché national et à
renforcer les réserves disponibles.
Le jeudi
22 octobre 2026, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane
Diallo, avait présidé la 37e réunion du cadre de concertation entre l’État et
les Groupements professionnels des pétroliers (GPP/GMPP), consacrée au suivi de
la situation. Selon les données présentées par la Direction générale du
commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCCC).
1 288
citernes de gasoil et de supercarburant avaient été enregistrées entre le 16 et
le 22 octobre, pour un volume total de 58. 589.000 litres.
Près de
58,6 millions de litres en sept jours : ce volume traduit l’importance des flux
mobilisés pour répondre aux besoins du marché national. L’arrivée, le 26
octobre, de 1107 camions-citernes supplémentaires dans les parcs de
stationnement de Bamako vient prolonger cette séquence d’approvisionnement.
Même si le volume transporté par ce nouveau convoi n’a pas été précisé, son ampleur
témoigne de la poursuite des opérations d’acheminement.
Ces deux
données, qui portent sur des périodes et des opérations distinctes, dessinent
une tendance encourageante. Elles montrent que l’approvisionnement continue de
mobiliser des moyens logistiques importants, tandis que les autorités et les
professionnels doivent veiller à la réception, au stockage et à la distribution
des produits.
L’enjeu ne
consiste pas seulement à faire arriver les citernes dans la capitale. Il faut
également assurer la disponibilité effective du carburant dans les
stations-service et poursuivre l’approvisionnement des autres régions. Selon le
bilan présenté le 22 octobre, la situation était normalisée dans les régions, à
l’exception de Nara, où une rupture de stock de supercarburant avait été
signalée. Le ministre avait alors annoncé des dispositions avec les acteurs
concernés pour rétablir la disponibilité du produit.
SÉCURISER
LES ACQUIS ET PRÉPARER L’AVENIR- l’autre
indicateur important concerne les stocks de régulation. Au 22 octobre, ceux-ci
s’établissaient à 17.535.000 litres de gasoil et à 8. 971.000 litres de
supercarburant, soit un total de 26.506.000 litres. Ces réserves constituent un
levier essentiel pour contribuer à la continuité de l’approvisionnement et
amortir les effets d’éventuelles perturbations des livraisons.
L’arrivée
du nouveau convoi offre une perspective supplémentaire de renforcement des
disponibilités, sous réserve des volumes effectivement réceptionnés et intégrés
dans les stocks. La priorité reste de maintenir la régularité des arrivages,
d’assurer le renouvellement des réserves et de mieux anticiper les besoins du
marché.
La gestion
des hydrocarbures exige, en effet, une coordination permanente entre les
pouvoirs publics et les opérateurs. La tenue régulière du cadre de concertation
État-GPP/GMPP permet de faire le point sur les approvisionnements, d’examiner
les difficultés rencontrées et de rechercher des solutions adaptées. Cette
démarche contribue à améliorer le suivi du marché et à renforcer la réactivité
des acteurs face aux besoins des consommateurs.
La
sécurisation des convois représente un autre maillon important de cette chaîne.
L’arrivée des 1107 camions-citernes à Bamako après une traversée nocturne sous
escorte des FAMa met en évidence le rôle des Forces de défense et de sécurité
dans la protection des opérations d’acheminement. La continuité de
l’approvisionnement dépend non seulement de la disponibilité des produits, mais
également de la capacité à les transporter dans des conditions de sécurité
appropriées. Les professionnels du secteur ont, pour leur part, une
responsabilité déterminante dans l’organisation des livraisons, la gestion des
stocks et la distribution. Leur coordination avec les services de l’État doit
permettre de limiter les ruptures et de mieux répartir les produits en fonction
des besoins. La réponse repose ainsi sur la complémentarité des interventions :
les pouvoirs publics assurent le suivi et la coordination, les opérateurs
contribuent à l’approvisionnement et les forces engagées dans la sécurisation
protègent les circuits logistiques.
Cette
mobilisation doit se prolonger jusqu’au consommateur final. Lors de la réunion
du 22 octobre, le ministre Moussa Alassane Diallo a insisté sur la nécessité de
veiller à ce que les fluctuations observées ne se répercutent pas sur les prix
à la pompe. Cette vigilance est essentielle pour préserver le pouvoir d’achat,
car le carburant pèse directement sur les coûts de transport des personnes et
des marchandises.
Un
approvisionnement plus régulier peut contribuer à fluidifier les échanges et à
réduire les contraintes qui pèsent sur les activités économiques. Les
entreprises peuvent mieux organiser leurs opérations, les transporteurs
disposent de meilleures conditions pour assurer leurs services et les
commerçants peuvent plus facilement planifier l’acheminement de leurs
marchandises. Pour les ménages, la disponibilité du carburant facilite les
déplacements et limite les difficultés liées aux ruptures.
Il reste
toutefois nécessaire de distinguer l’amélioration des arrivages de ses effets
sur les prix et les dépenses quotidiennes. Les données disponibles ne
permettent pas encore de mesurer précisément l’incidence de la normalisation
sur les coûts de transport ou sur les prix des produits de première nécessité.
La surveillance du marché et le respect des prix applicables demeurent donc des
priorités.
Le défi
est désormais de transformer cette dynamique en une stabilité durable. Les
volumes acheminés et l’arrivée de nouveaux convois constituent des signes
encourageants, mais ils doivent s’accompagner d’une gestion rigoureuse des
stocks, d’une anticipation des besoins et d’un suivi attentif de la
distribution dans toutes les localités. La situation de Nara rappelle que la
normalisation nationale doit se traduire concrètement sur l’ensemble du
territoire.
À plus
long terme, le renforcement de la résilience du système d’approvisionnement
passe par une meilleure planification, une circulation efficace de
l’information entre les intervenants et une capacité accrue à détecter
rapidement les difficultés. L’objectif est de consolider les mécanismes qui
permettent au pays de faire face aux perturbations, sans attendre que leurs
conséquences deviennent trop lourdes pour les populations et les entreprises. Pour
l’économie malienne, l’enjeu est considérable. La régularité du carburant
soutient les transports, facilite les échanges commerciaux et contribue à la
continuité des activités productives. Elle participe ainsi à la stabilité du
marché et à la préservation des revenus. Les progrès enregistrés dans
l’approvisionnement constituent donc un acquis à préserver et à renforcer.
Au-delà des chiffres, cette évolution met en lumière la portée d’une
mobilisation collective. Les efforts de l’État, l’engagement des professionnels
de la chaîne d’approvisionnement, la contribution des Forces de défense et de
sécurité à la sécurisation des convois et la patience des populations
participent à une même dynamique nationale. Le patriotisme se traduit aussi par
le sens des responsabilités, la solidarité et la volonté de préserver l’intérêt
général dans les moments difficiles.
L’arrivée
de 1107 camions-citernes ne signifie pas que toutes les difficultés sont
définitivement surmontées. Elle constitue néanmoins un signal supplémentaire de
la poursuite des efforts d’approvisionnement. La priorité est maintenant de
maintenir cette cadence, de consolider les réserves et de faire en sorte que
chaque localité bénéficie durablement des progrès enregistrés.
C’est dans cette synergie que se construit un front commun contre les forces de perturbation et l’esprit du mal. Le sursaut collectif observé autour de l’approvisionnement en hydrocarbures doit inspirer les autres chantiers nationaux. Sécuriser l’économie, protéger le pouvoir d’achat, renforcer la production et consolider la souveraineté exigent la même détermination. Car, la force d’un pays ne se mesure pas seulement à sa capacité à surmonter une crise, mais aussi à l’unité de son peuple, à la solidarité de ses acteurs et à sa volonté de transformer chaque épreuve en levier de progrès.
Mariam A. TRAORÉ
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