Spécial 8 mars 2025, Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, l’Industrie hôtelière et du Tourisme : «Les femmes jouent un rôle crucial dans la transmission de nos valeurs traditionnelles»

Dans cette interview, le ministre Daffé salue la décision du Chef de l’État de faire de 2025 l’Année de la culture. Il aborde le Projet Mali Culture 25 mais aussi le rôle et importance de la femme dans la création artistique, l’innovation, la préservation et la transmission du patrimoine culturel

Publié vendredi 07 mars 2025 à 08:54
Spécial 8 mars 2025, Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, l’Industrie hôtelière et du Tourisme : «Les femmes jouent un rôle crucial dans la transmission  de nos valeurs traditionnelles»

 L’Essor : Le président de la République a décidé de faire de 2025 l’Année de la Culture. Qu’est-ce que cette décision historique peut changer dans la promotion des activités culturelles ?

Mamou Daffé : C’est avec un immense bonheur que nous avons accueilli la décision historique de son Excellence le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État de décréter l’année 2025, année de la Culture au Mali, conformément à sa vision «de donner une culture du Mali Kura à la jeunesse et inculquer les valeurs sociétales aux jeunes du Mali, dans une dynamique de revitalisation culturelle de nos territoires, avec une valorisation de notre patrimoine culturel commun.

En effet, le premier changement que cette décision opère est d’abord la perception du secteur culturel et artistique qui a toujours été qualifié de folklorique. Donc, cette reconnaissance historique permettra de promouvoir le secteur artistique et culturel dans sa globalité comme un secteur central qui joue un rôle prépondérant dans le développement socioéconomique de notre pays en termes de création de richesses et d’emplois et dans l’édification du Mali kura axé sur la promotion accrue des jeunes talents conformément à la vision du Président de la Transition, Chef de l’État.

Cette priorisation et reconnaissance du secteur culturel reflètent une vision claire et un engagement fort du Président de la Transition pour la valorisation de notre riche patrimoine, le soutien à la créativité et la promotion des échanges artistiques. C’est aussi une opportunité d’inspirer la jeune génération et de renforcer la cohésion sociale.

L’année 2025, Année de la culture sera essentiellement adossée au Programme présidentiel pour le développement de la Culture, le Programme Maliden Kura qui vise la construction de l’individu et la structuration de la société, l’épanouissement socioéconomique des communautés afin de forger la colonne vertébrale du Maliden Kura (nouveau citoyen malien) et d’aller vers un nouveau paradigme de transformation sociale et de changement de comportement pour l’avènement du Mali Kura, mais aussi la revitalisation culturelle des territoires.

Le Projet «Culture Mali 2025», initié pour la mise en œuvre  effective des activités de l’Année de la culture, s’articulera autour des axes suivants : Revitalisation culturelle des territoires (RCT), à travers le développement des ICC locales et l’éducation à la citoyenneté (pour inculquer à la jeunesse une culture du Mali Kura), valorisation et promotion du patrimoine culturel, de la paix et de la réconciliation, contribution au repositionnement de l’image de marque du Mali, dans une dynamique de promotion accrue des talents.

 

L’Essor : Les États généraux de la Culture, tenus en début janvier ont permis de faire des propositions pour l’élaboration d’une nouvelle politique culturelle. Quelles places et rôles prendront les femmes dans cette nouvelle dynamique ?

Mamou Daffé : Les états généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme se sont effectivement déroulés avec succès du 9 au 11 janvier 2025 à Bamako, avec une participation massive et de qualité des femmes. Ceci dénote l’importance que les femmes accordent à ses assises dont les recommandations permettront des politiques et stratégies de développement des différents secteurs. En effet, les femmes occupent un rôle important dans cette nouvelle dynamique eu égard à leur potentiel créatif et leur rôle central dans le développement socioéconomique de notre pays.


 À cet égard, elles seront impliquées dans toutes les initiatives qui seront mises en œuvre dans le cadre de la nouvelle politique culturelle et des stratégies de développement de l’artisanat et du tourisme en général et l’année de la culture en particulier. Ainsi, nous allons soutenir la créativité artistique de nos jeunes talents en l’occurrence les femmes pour mettre en avant leurs savoir et savoir-faire sur l’ensemble des territoires de nos régions pour que cela soit dans le domaine de l’artisanat d’art, le textile tel que le pagne tissé et ses dérivés (le bogolan), notre patrimoine culturel immatériel (PCI) lié aux tresses traditionnelles dans nos terroirs, la transformation du cuir, la bijouterie, la poterie, et bien d’autres produits. En soutenant les femmes dans ces domaines on contribue à préserver ces traditions. Un accent croissant sera mis sur la valorisation et la transformation des produits et mets locaux du Mali dans une dynamique d’industrialisation qui mettra les femmes au cœur du développement local.

 

L’Essor : Les femmes sont très présentes dans des domaines comme la teinture, les cosmétiques, l’ameublement, la couture, etc. Cela ne constitue-t-il un avantage pour elles pour participer au développement du pays ?

Mamou Daffé : Absolument, l’omniprésence des femmes dans tous les secteurs vitaux de l’économie constitue un avantage réel pour le développement socioéconomique du pays. Leur présence dans des secteurs tels que la teinture, les cosmétiques, l’ameublement et la couture est souvent liée à des traditions artisanales et à des compétences transmises de génération en génération. Cela leur permet de participer activement à des industries locales et à la promotion de notre patrimoine culturel immatériel (PCI) créant ainsi des opportunités d’emplois et de revenus. En outre, les femmes sont souvent très impliquées dans les micro entreprises ou les petites entreprises familiales, ce qui leur permet de contribuer au développement économique à l’échelle locale et de renforcer l’économie informelle.

Les compétences dans ces domaines peuvent également offrir une voie vers l’entrepreneuriat pour les femmes, leur permettant de devenir indépendantes financièrement et d’innover dans leurs pratiques professionnelles. Lorsque ces secteurs sont soutenus et développés à une plus grande échelle, ils peuvent devenir des moteurs de croissance pour le pays, contribuant à la diversification de l’économie et à l’inclusivité.

 

L’Essor : Quel peut être l’apport des femmes dans la réussite de l’Année de la culture ?

Mamou Daffé : Les femmes peuvent jouer un rôle de premier plan dans la création artistique et l’innovation où elles sont de plus en plus présentes dans les domaines de la musique, du théâtre, de la danse, des arts plastiques et de la littérature. Les femmes peuvent jouer un rôle clé dans la réussite de l’année de la culture, en apportant leur expertise, leur créativité et leur engagement dans diverses dimensions de la culture, notamment dans l’éducation et la sensibilisation où les femmes peuvent jouer un rôle crucial dans la transmission de nos valeurs traditionnelles dans le cadre du programme de Revitalisation culturelle des territoires (RCT).

Dans le développement du secteur de l’artisanat, les femmes ont toujours été les acteurs de premier plan. Nous allons faire en sorte de consolider cette place prépondérante des femmes dans le développement socio-économique de nos territoires. Aussi, l’Année de la culture sera une aubaine pour renforcer les capacités des femmes afin qu’elles puissent jouer un plus grand rôle dans l’administration des arts et de la culture. En un mot, les femmes et les jeunes sont au cœur de notre dispositif et la réussite de l’année de la culture dépendra fortement du rôle et de la place qu’on leur attribuera.

 

Propos recueillis par

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Libération du domaine public routier: Les opérations se poursuivent

​L’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER) et ses partenaires poursuivent les actions en vue de la libération des emprises du domaine public routier du District de Bamako et des capitales régionales..

Lire aussi : Opération des FAMa : Quatres bases terroristes détruites à Kidal

Dans un communiqué rendu public aujourd'hui, l'Etat-major général des armées a indiqué que les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs partenaires, ont poursuivi, au cours de la journée du 21 juillet 2026, leurs opérations de surveillance, de sécurisation du territoire national .

Lire aussi : Journée d’échanges avec les partenaires à l’Université Bazo : Un creuset de propositions et d’innovations en matière de formation

Le samedi 18 juillet 2026, les responsables de l’Université Bazo ont tenu le pari en organisant leur traditionnel exercice B to B avec leurs partenaires. Un rituel qui s’incruste désormais dans le programme d’activités de l’Institut. Cette journée d’échanges qui a mobilisé un parterr.

Lire aussi : Hôpital du Mali : Le meilleur élève de la classe

En termes d’imagerie médicale, notamment d’IRM, cet établissement hospitalier public boxe un cran au-dessus des autres structures hospitalières publiques. Ce qui apporte un vrai bol d’air aux malades en matière de diagnostic pointu de certaines pathologies du tissu, notamment les nerfs, le.

Lire aussi : Droit et politique de concurrence : Des acteurs maliens formés par la commission de l’UEMOA

Le séminaire national d'information et de sensibilisation sur le droit et la politique de concurrence au profit des acteurs des secteurs public et privé du Mali se tient depuis hier dans un hôtel de la capitale. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre du Commerce et de l.

Lire aussi : Plateforme e-justice : Les utilisateurs s’approprient le dispositif

À travers cette plateforme, souligne le ministre, notre pays apporte une réponse aux difficultés liées à l’insécurité pour le déplacement des usagers du service public, renforce les outils pour la fiabilité des actes et des données, sécurise davantage les ressources publiques provenant .

Les articles de l'auteur

Harouna Samaké : Le visionnaire qui transforme le kamale N’Goni

Harouna Samaké est sans doute un artiste malien peu connu du grand public. Pourtant, depuis plus de deux décennies, il parcourt les scènes internationales avec son instrument : «le kamale n’goni». Cet ancien compagnon du célèbre musicien Salif Keïta, finira par créer son groupe avec des amis africains, européens et américains..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 juillet 2026 à 08:54

Moussa Bagayogo : le maître artisan donne une nouvelle dimension à l’indigo

Dans son atelier à Attbougou en Commune VI du District de Bamako, Moussa Bagayogo est très occupé à tester les couleurs ou les variantes du bleu sur différents morceaux de tissus en cotonnade..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:20

Sidy Diabaté : Le réalisateur du film "Da Monzon la conquête de Samagnana" tire sa révérence

La mort viient d'arracher à notre affection le réalisateur "Da Monzon la conquête de Samagnana", Sidy Fassara Diabaté. La nouvelle de son décès est tombée comme un couperet dans la nuit de lundi à mardi. Il avait fait valoir ses droits à la retraire en 2012 après de bons loyaux services rendus à la nation...

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 13 mai 2026 à 08:30

Information et Télécommunications : L’ancienne ministre Mme Gakou Fatou Niang n’est plus

C’est à travers le communiqué de presse du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, que l’opinion nationale a été informé du rappel à Dieu de Mme Gakou Fatou Niang, ancienne ministre de l’Information et des Télécommunications..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 09 avril 2026 à 08:39

Musique : Youssou N’Dour donnera une autre image du Mali

Certainement une première à Bamako depuis le début de la crise. La star de la musique africaine, Youssou N’dour, animera un bal à l’hôtel de l’Amitié le 25 avril prochain..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 08 avril 2026 à 07:53

Patrimoine musical : Le Centre d’art Miéruba de Ségou propose «The Lost Maestras»

C’est une collection féminine qui met en lumière les cantatrices dont les talents et les œuvres ont été peu mis en valeur.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:35

Groupe Kôrè art et culture de Ségou : La nouvelle saison est lancée

L’ouverture des activités a été marquée par des conférences-débats, une prestation théâtrale et un grand concert dans la Cité des Balanzans.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:19

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner