L’artiste utilise judicieusement son temps en studio avec des grands de la musique comme Sali Sidibé, Blick Bassy, Béla Fleck, Bassékou Kouyaté, Toumani Diabaté, Madou Sidiki Diabaté, Amadou & Mariam, Damon Albarn, étienne Mbappé, Akon, Baba Maal et Cheick Tidiane Seck, entre autres. Celui qui est né un jour de 1974 à Dissan, dans le Cercle de Bougouni (Région de Bougouni) a été très tôt fasciné par les instruments traditionnels. À 7 ans, il joue du «pati kolombani», un instrument monocorde. Un an plus tard, il découvre le «kamalé n’goni» et décide d’en fabriquer lui-même son premier instrument.
Ainsi, Il rassemble une calebasse, une branche pour le manche et des cordes, mais il lui manque encore le cuir nécessaire. Le destin le met alors sur la route de Zoumana Traoré, joueur réputé de n’goni qui lui offre généreusement une vieille peau de gazelle. Il se confie ensuite à un autre maître du n’goni, Amara Bocher, qui l’aide à assembler les différents éléments de son premier ngoni.
N’ayant pas les moyens de payer l’instrument, l’artiste participe aux travaux champêtres de son bienfaiteur Amara à remplir ses matras traditionnels de foin. Il a aussi accompagné pendant des années Salif Keïta et «Les Ambassadeurs» et participe à l’enregistrement de plus de cinquante albums, dont cinq de Salif Keïta.
Harouna Samaké a profondément transformé le rôle du Kamalé n’goni dans les musiques contemporaines africaines. Alors que l’instrument traditionnel reste généralement limité à un registre pentatonique, il l’a adopté́ afin de pouvoir jouer toutes les tonalités et de mêler les mélodies mandingues aux influences du jazz, du blues et de la pop. Il se distingue des autres par une approche à la fois percussive, inventive et profondément expressive. Son jeu virtuose intègre parfois des effets de pédales comme la wah-wah ou la distorsion, donnant au kamalé n’goni une puissance sonore proche de la guitare électrique tout en conservant la chaleur organique de la peau de chèvre et des cordes en nylon.
En 2018, Harouna Samaké franchit une étape majeure avec la sortie de son premier album solo, «Kamale blues». Enregistré dans son studio à Bamako, cet album révèle toute l’étendue de son univers musical. à̀ travers ses compositions, il aborde des thèmes sociaux essentiels tels que l’immigration clandestine, les droits des femmes ou encore la corruption politique au Mali. Musicalement, Kamale blues fusionne les rythmes du Wassoulou, sa région d’origine, avec des influences blues et Funk particulièrement affirmées. De 2022 à 2026, il accompagne de nouveau Salif Keïta en tournée internationale. Il projette de sortir un deuxième album avec son groupe «Kamale Blues» en 2027.
Youssouf DOUMBIA
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