Harouna Samaké : Le visionnaire qui transforme le kamale N’Goni

Harouna Samaké est sans doute un artiste malien peu connu du grand public. Pourtant, depuis plus de deux décennies, il parcourt les scènes internationales avec son instrument : «le kamale n’goni». Cet ancien compagnon du célèbre musicien Salif Keïta, finira par créer son groupe avec des amis africains, européens et américains.

Publié vendredi 03 juillet 2026 à 08:54
Harouna Samaké : Le visionnaire qui transforme le kamale N’Goni

L’artiste utilise judicieusement son temps en studio avec des grands de la musique comme Sali Sidibé, Blick Bassy, Béla Fleck, Bassékou Kouyaté, Toumani Diabaté, Madou Sidiki Diabaté, Amadou & Mariam, Damon Albarn, étienne Mbappé, Akon, Baba Maal et Cheick Tidiane Seck, entre autres. Celui qui est né un jour de 1974 à Dissan, dans le Cercle de Bougouni (Région de Bougouni) a été très tôt fasciné par les instruments traditionnels. À 7 ans, il joue du «pati kolombani», un instrument monocorde. Un an plus tard, il découvre le «kamalé n’goni» et décide d’en fabriquer lui-même son premier instrument.

  Ainsi, Il rassemble une calebasse, une branche pour le manche et des cordes, mais il lui manque encore le cuir nécessaire. Le destin le met alors sur la route de Zoumana Traoré, joueur réputé de n’goni qui lui offre généreusement une vieille peau de gazelle. Il se confie ensuite à un autre maître du n’goni,  Amara Bocher, qui l’aide à assembler les différents éléments de  son premier ngoni.

N’ayant pas les moyens de payer l’instrument, l’artiste participe aux travaux champêtres de son bienfaiteur Amara à remplir ses matras traditionnels de foin. Il a aussi accompagné pendant des années Salif Keïta et «Les Ambassadeurs» et participe à l’enregistrement de plus de cinquante albums, dont cinq de Salif Keïta.  

  Harouna Samaké a profondément transformé le rôle du Kamalé n’goni dans les musiques contemporaines africaines. Alors que l’instrument traditionnel reste généralement limité à un registre pentatonique, il l’a adopté́ afin de pouvoir jouer toutes les tonalités et de mêler les mélodies mandingues aux influences du jazz, du blues et de la pop. Il se distingue des autres par une approche à la fois percussive, inventive et profondément expressive. Son jeu virtuose intègre parfois des effets de pédales comme la wah-wah ou la distorsion, donnant au kamalé n’goni une puissance sonore proche de la guitare électrique tout en conservant la chaleur organique de la peau de chèvre et des cordes en nylon.

En 2018, Harouna Samaké franchit une étape majeure avec la sortie de son premier album solo, «Kamale blues». Enregistré dans son studio à Bamako, cet album révèle toute l’étendue de son univers musical. à̀ travers ses compositions, il aborde des thèmes sociaux essentiels tels que l’immigration clandestine, les droits des femmes ou encore la corruption politique au Mali. Musicalement, Kamale blues fusionne les rythmes du Wassoulou, sa région d’origine, avec des influences blues et Funk particulièrement affirmées. De 2022 à 2026, il accompagne de nouveau Salif Keïta en tournée internationale. Il projette de sortir un deuxième album avec son groupe «Kamale Blues» en 2027.

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Adama Diabaté : Un virtuose des musiques mandingue et urbaine

À la fois guitariste prodige, auteur, compositeur, arrangeur et directeur musical, Adama Diabaté s’impose comme un architecte discret des plus grands succès de la scène locale et internationale..

Lire aussi : Fidab : La deuxième édition se tiendra en janvier à Bamako

La deuxième édition du Festival international du documentaire africain de Bamako (Fidab) est prévue du 08 au 17 janvier prochain au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba. L’information a été donnée, vendredi dernier, au Centre national de la cinématographie du Mali (Cncm), à la faveur dâ.

Lire aussi : La Foire aux disques : Dialogue entre mémoire et modernité

La première édition de la «Foire aux Disques» s’est déroulée du 24 au 27 septembre dernier au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba (PCAHB) sous le thème : « La Musique : hier, aujourd’hui et demain »..

Lire aussi : Festival culturel Fêrêba : Le balafon au cœur du patrimoine culturel

La 2è édition du Festival culturel Fêrêba s’est déroulée du 25 au 26 septembre dernier à Kalabancoro sous le thème : «Balafon, patrimoine culturel du Mali, facteur de l’éducation et de la cohésion sociale»..

Lire aussi : Mois du tourisme : Le tourisme comme levier de croissance et de cohésion nationale

Le tourisme interne constitue un secteur stratégique et porteur d’espoir dans le contexte de refondation du Mali. Chaque déplacement à l’intérieur du pays contribue à faire fonctionner toute une chaîne de valeurs impliquant notamment les transporteurs, hôteliers, restaurateurs, commerçan.

Lire aussi : Exposition Photos : Hommage au président Modibo Keita

Les photographies exposées ne racontent pas seulement la vie du Président Modibo Keita. Elles parlent aussi d’un peuple en marche, d’une nation en construction et d’un continent qui cherchait à écrire son destin.

Les articles de l'auteur

Adama Diabaté : Un virtuose des musiques mandingue et urbaine

À la fois guitariste prodige, auteur, compositeur, arrangeur et directeur musical, Adama Diabaté s’impose comme un architecte discret des plus grands succès de la scène locale et internationale..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 01 octobre 2026 à 09:26

Cinéma : Manden Sina, la vie et l’œuvre du dernier maître du Sinbi

C’est un film documentaire de grande qualité que Mahamadou Kotiki Cissé a montré jeudi dernier, en avant première aux professionnels. Intitulé « Manden Sina », ce docu-fiction a été projeté dans la salle du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). En effet, cette structure cinématographique entend, depuis quelques années revivre les « Projections techniques » qui consistent à soumettre les œuvres aux yeux experts des pairs..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 08 septembre 2026 à 10:07

Abdoulaye Konaté : « L’âme des signes » pavoise le musée national

Ces œuvres impressionnantes de beauté extraordinaire sont réalisées avec des morceaux de tissus colorés par les soins de l’artiste.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 04 septembre 2026 à 09:14

Manuscrits anciens : La bibliotheque Cheick Mouhamad Mouctar Minta logée de neuf

Le quartier de Somonosso de Ségou était particulièrement animé lundi dernier. En effet, femmes, jeunes, adultes et surtout notabilités, chefs de quartier, imams et maîtres coraniques ont rué vers le cœur de ce quartier populaire pour l’inauguration de cette bibliothèque de manuscrits anciens de la famille Minta..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 02 septembre 2026 à 08:38

Droit d’auteur : Une legère modification dans les règles

On le constate depuis quelques années maintenant, les artistes sociétaires du Bureau malien du droit d’auteur (Bumda) ou leurs ayants droit se bousculent aux portillons de l’établissement pour percevoir leurs droits d’auteurs. On parle beaucoup du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur au sein des regroupements des créateurs..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 28 août 2026 à 09:55

Photographie : John Kalapo, lauréat de l’académie des beaux-arts

Le photographe est sélectionné parmi des dizaines de candidats dans le cadre du programme "Arts visuels" qui accueille chaque année 4 artistes du domaine. Il sera aussi probablement l’une des attractions de la 15è édition de la Biennale africaine de la photographie.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 août 2026 à 08:25

Moussa Bagayogo : le maître artisan donne une nouvelle dimension à l’indigo

Dans son atelier à Attbougou en Commune VI du District de Bamako, Moussa Bagayogo est très occupé à tester les couleurs ou les variantes du bleu sur différents morceaux de tissus en cotonnade..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner