Les officiels dans la salle d’exposition
Portant le nom du grand père Cheick Mouhamad Mouctar Minta dit Kéké Koroba, cette bibliothèque est devenue un édifice flambant neuf seulement deux ans après l‘inondation de l’ancien bâtiment en banco. La mobilisation populaire était à la fois motivée par la fierté de cette réhabilitation, mais de l’importance accordée aux manuscrits anciens par ce quartier qui en dispose deux autres bibliothèques du même genre, respectivement dans les familles Sosso et Djiré.
Elles ont été construites par l’ONG Sauvegarde des manuscrits anciens pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI) et ses partenaires. Cette nouvelle infrastructure est construite en R+1. Au rez-de-chaussée, il y a l’accueil et deux bureaux pour l’administration, mais aussi une grande salle d’exposition où les 6052 manuscrits sont minutieusement rangés dans des boîtes, étalées à leur tour sur quatre étagères métalliques. Des manuscrits, dont les textes écrits en or, sont ouverts et laissés à l’appréciation des visiteurs. Les officiels et autres notabilités ont été particulièrement émerveillés par ces documents.
Enfin, il y a une salle de lecture pour recevoir les visiteurs et autres chercheurs dont une autre partie reçoit aussi les reliques du matériel de l’initiateur de la bibliothèque. Il s’agit des tablettes coraniques, des plumes et des encriers de différentes variétés dont certains ont plus de cinquante ans. On peut noter des buvards, des cordes tressées dans des lanières de peau d’animaux et des sièges. Deux toilettes sont attenantes à la case d’escalier. L’étage de cet édifice est divisé en deux parties dont un balcon ouvert et une salle polyvalente. La conception, la construction, l’équipement et le traitement des manuscrits anciens ont coûté à 26 millions de Fcfa, indique le directeur exécutif de l’ONG Savama-DCI, Dr Abdel Kader Haidara.
Le représentant du ministère de l’Artisanat, de la Culture et de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mohamed Diabaté, a exprimé sa fierté face à cette réalisation, car pour lui une bibliothèque reste indispensable à toute société. «Le travail qui vient d’être réalisé par l’ONG Savama-DCI, en collaboration avec son partenaire Emir de Sargea du Bahreïn, fait paris des objectifs recherchés par les autorités actuelles. Cette vision cadre avec les objectifs du département en charge de la culture et demeure une préoccupation majeure du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta», a-t-il expliqué.
Une raison qui l’a amené à décréter l’Année de la culture, puis celle de l’éducation et de la culture pendant les deux dernières années. Enfin, il a souhaité que cette bibliothèque, ouverte au public, particulièrement aux chercheurs et aux étudiants, puisse mieux faire connaître notre passé.
Quant au maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoum Diarra, a dit l’intérêt du conseil communal et des populations face à l’ouverture de cette bibliothèque.
Pour sa part, le représentant de la famille Minta, Adama et Cheick Mouhamad Mouctar dit Kéké, a exprimé toute leur fierté devant cette réalisation. Pour la famille, le sauvetage de cet héritage constitue un acte extrêmement important après l’inondation de 2024. L’inauguration de cette bibliothèque est un acte fort qui symbolise le refus de l’oubli. Et d’annoncer que bibliothèque a vécue de 1879 à 1958 et notre grand-père qui a initié, a consacré toute sa vie à la religion musulmane et à la diffusion des préceptes.
Dr Abdlkader Haidara a aussi tenu à remercier la famille Minta et l’Émir de Sargea au Bahrein qui a spontanément accepté de financer la construction du bâtiment.
Youssouf DOUMBIA
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