Le photographe malien, John Kalapo, fait l’actualité photographique à travers le monde. Très sollicité pour ses expositions et ateliers de formation, l’artiste malien s’inscrit dans la dynamique de la vulgarisation et promotion de la photographie contemporaine. Il porte un regard pertinent et critique sur la société africaine. Depuis une dizaine d’années, John Kalapo s’est engagé à travailler sur plusieurs aspects de l’exclusion sociale en Afrique voire en Europe. Ce mois-ci, il a été lauréat de la bourse de l'Académie des beaux-arts et de la Cité internationale des arts de Paris.
Quelques semaines plus tôt, il avait été sélectionné par le jury des Rencontres africaines de la photographie de Bamako et figure sur la liste des 38 photographes sélectionnés pour la deuxième édition de l'exposition collective Mampala Foto Lubumbashi, qui réunit des artistes africains et d'ailleurs.
Les lauréats bénéficient, entre autres, d’un atelier-logement pendant 10 mois, une bourse de vie mensuelle de l'Académie des beaux-arts, mais aussi d’une aide à la production d'un montant maximum de plus de 3,250 millions de Fcfa (toutes taxes comprises), versée par l'Académie des beaux-arts et d’un accompagnement professionnel. Il est aussi prévu un soutien à la visibilité de la recherche et de la création organisé dans le cadre des portes ouvertes de la Cité internationale des arts.
Ces événements sont organisés par les partenaires du programme de résidence, avec les membres et correspondants de l'Académie des beaux-arts et le réseau professionnel de la Cité internationale des arts. L’artiste travaille actuellement sur les banlieues françaises qu’il considère comme un sujet social. Ce sont des territoires de vie, de mémoire, de jeunesse, de migrations, de tensions, mais aussi de rêves, de créations et de transformations. Ce qui l’intéresse, c’est de montrer la banlieue autrement : ses couleurs, ses corps, ses architectures, ses silences, ses contradictions et surtout son humanité.
Son travail est nourri par la photographie, le collage, la matière et une approche presque instinctive de l’image. «Je mélange les fragments pour créer une nouvelle lecture du réel. Pour moi, l’art ne doit pas seulement reproduire le monde, il doit nous obliger à le regarder autrement», a annoncé l’artiste. Pousuit-il, je pense que c’est cette dimension qui a touché les membres du jury. Ils ont peut-être reconnu mon projet qui dépasse le simple sujet de la banlieue qui est une recherche artistique, une écriture visuelle et une volonté de questionner notre époque. «Être sélectionné par l’Académie des beaux-arts et la Cité internationale des arts de Paris, constitue une reconnaissance importante», a dit le photographe . Selon lui, il s’agit tout simplement d’une invitation à aller plus loin. Parallèlement à son travail d’auteur, il contribue à la préservation et à la numérisation du patrimoine photographique malien à travers plusieurs projets consacrés aux archives photographiques du pays.
La 15è édition des Rencontres photographiques de Bamako qui aura lieu du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027 sera sans doute marquée par John Kalapo. Ses travaux sont actuellement très sollicités au Sénégal, au Cameroun, en RD Congo et en Angleterre. À noter que le programme "Arts visuels" est ouvert aux artistes, toutes nationalités confondues, résidant en France ou à l'étranger et ayant une pratique artistique s'inscrivant dans le champ des "arts visuels" (peinture, sculpture, dessin, gravure, photographie, cinéma, art vidéo, performance/installation).
Le candidat doit témoigner d'une activité artistique professionnelle de 5 ans au moins et présenter ses œuvres dans le cadre d'une exposition personnelle ou d'une foire d'art à rayonnement international.
Youssouf DOUMBIA
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