Spécial 22 septembre, Valorisation des légitimités traditionnelles : 11 novembre, la journée des chefs coutumiers

Cette date est désormais consacrée à la célébration des dirigeants qui incarnent la gestion des affaires publiques dans les villages, fractions et quartiers. Ainsi en ont décidé les autorités de la Transition. Avec la volonté affichée d’utiliser les leviers traditionnels dans le cadre de la refondation de l’État

Publié mercredi 20 septembre 2023 à 18:16
Spécial 22 septembre, Valorisation des légitimités traditionnelles :  11 novembre, la journée des chefs coutumiers

Des chefs coutumiers saluant le chef de l’état lors de la présentation du projet sur les légitimités et autorités traditionnelles

 

Suite à l’institutionnalisation du 11 novembre comme Journée nationale des légitimités traditionnelles à travers le décret n° 2022-0128/PT-RM du 4 mars 2022, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a procédé, le 18 juillet 2022, au lancement officiel de remise du Drapeau national, des insignes et des certificats aux chefs de village, de fraction et de quartier du District de Bamako. Le ton étant donné, il ne restait plus que la date du 11 novembre 2022, pour célébrer la 1ère édition de cette journée dont le thème était : «Place et rôle des légitimités traditionnelles dans la réconciliation nationale, la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la refondation de l’État».


Elle a été organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, en partenariat avec le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Ces deux évènements se sont déroulés au Centre international de conférences de Bamako (CICB), en présence de plusieurs personnalités.


L’objectif de cette remise symbolique est de valoriser les fonctions des légitimités traditionnelles et de raffermir leur ancrage dans la société. Les attributions et rôles des chefs de village, de fraction et de quartier sont adossés aux dispositions législatives et réglementaires qui consacrent la prééminence de nos us et coutumes dans les conditions de désignation de ces autorités. Le statut relatif à la création et l’administration des villages, des fractions et des quartiers, est régi par la loi n° 06-023 du 28 juin 2006. Le décret n° 2022-0128/PT-RM du 4 mars 2022 instituant la Journée nationale des légitimités traditionnelles le 11 novembre, vient encore renforcer le rôle de ces représentants des différentes communautés.


RECONNAISSANCE- C’est pourquoi, conformément aux dispositions de l’arrêté n° 2018-2279/MATD-SG du 5 juillet 2018, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a confectionné pour les chefs de village 10.000 insignes et 10.000 certificats. De même, le département de tutelle a fait 664 insignes et 5.000 certificats pour les chefs de fraction. Il était prévu 8.223 insignes et 10.000 certificats pour les chefs de quartier. En emboitant le pas au chef de l’État, le ministère en charge de l’Administration territoriale a organisé des cérémonies similaires dans les 19 régions du Mali. Ainsi, les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets ont été mis à contribution dans leurs circonscriptions administratives respectives pour remettre le Drapeau national, les insignes et les certificats à ces mêmes légitimités.


Dans son discours, le président de la Transition a reconnu le rôle de relais des chefs de village, de fraction et de quartier auprès des structures administratives de base. Le colonel Assimi Goïta a ajouté qu’ils sont aussi le garant de la cohésion sociale, de la stabilité et du vivre ensemble. Il a témoigné sa reconnaissance à ces chefs traditionnels pour leur soutien au processus de transition et surtout l’assistance apportée à la population à travers les sensibilisations pendant l’embargo. Le chef de l’État a indiqué que cette remise symbolique des insignes, des certificats et du Drapeau national traduit à suffisance le début de la valorisation de cette couche. Convaincu de l’importance que ces représentants occupent au sein de nos communautés, le colonel Assimi Goïta leur a demandé de faire plus afin de juguler les défis liés à la sécurité et la crise politique.


«Tous ceux-ci demandent leur forte implication», a confié le président de la Transition, promettant de les soutenir pour accomplir leurs missions. Abondant dans le même sens, le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga a soutenu que cette remise symbolique s’inscrit en droite ligne des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR). Celles-ci, a-t-il fait savoir, font de la valorisation des légitimités traditionnelles et coutumières un élément du Malikura. Selon Abdoulaye Maïga, cela dénote une vision politique dont l’un des objectifs est de trouver un équilibre harmonieux entre la tradition et la modernité. Ces chefs traditionnels sont chargés d’une mission d’intérêt public. Ils appuient l’État, dira-t-il, dans le recouvrement des impôts et des taxes.



 S’y ajoutent la mobilisation des populations à l’occasion des recensements, des campagnes de vaccination, de dépistage de maladies, de soins collectifs et de calamités. La reconnaissance de l’état se manifeste à l’endroit de ces légitimités traditionnelles par l’octroi d’une indemnité de fonction, de déplacement et de réduction des frais d’hospitalisation. De l’avis du ministre d’État, en consacrant cette journée à nos institutions traditionnelles, le président Assimi Goïta est entré dans l’histoire en réhabilitant ces légitimités après 62 ans d’indépendance. D’après lui, ce sont des maillons essentiels dans la société malienne et s’imposent comme des interlocuteurs incontournables de l’État, des projets de développement et des bailleurs de fonds.

 

RÔLE DE RÉGULATION SOCIALE- Pour le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, il s’agit de les impliquer dans la prise de décision sur les questions de paix, de développement. Ce faisant, le colonel Abdoulaye Maïga a instruit les gouverneurs, préfets et sous-préfets de mettre en place dans leurs circonscriptions administratives, un cadre d’échanges formel avec ces légitimités pour recueillir les attentes des populations et échanger sur la cohésion sociale, la prévention et la gestion des conflits. Quant au  ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, il a exprimé sa reconnaissance au président de la Transition pour sa vision éclairée et le leadership avec lequel il porte ce processus depuis le 12 novembre 2021.


Selon Andogoly Guindo, le colonel Assimi Goïta n’a cessé de traduire en actes, son ambition de faire de nos ressorts culturels des puissants leviers pour la refondation du Mali.  Ces légitimités, a-t-il poursuivi, sont des maillons essentiels dans la société malienne et sont incontournables dans la conduite de la réconciliation nationale et la régulation sociale. Aussi, a affirmé Andogoly Guindo, elles constituent des relais de l’Administration d’État ainsi que des collectivités. «Ces légitimités traditionnelles sont sans cesse mises en action dans la recherche de solutions aux différentes crises de l’histoire contemporaine de notre pays», a insisté le ministre en charge de la Culture.

Par ailleurs, les représentants du Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (Recotrade) Mahamadou Kouyaté et Amadou Dagamaïssa  ont, tour à tour, salué  l’institutionnalisation de cette journée. Le délégué de la famille Niaré a, lui, remercié le chef de l’État, Assimi Goïta pour «sa clairvoyance, son sens élevé de responsabilité pour avoir mis notre société sur son socle séculaire».



 Souleymane Niaré de dire que le 11 novembre fait désormais date dans l’histoire du Mali. «C’est le début d’une nouvelle ère», s’est-il réjoui. Prenant la parole également, les chefs traditionnels, par la voix de Oumar Hamadoun Dicko, ont exprimé leur profonde gratitude au colonel Assimi Goïta pour l’instauration de cette journée. Avant de demander l’abrogation du décret annulant les chefferies traditionnelles, adopté sous la 1ère République.



 Dans ce sillage, le porte-parole a sollicité leur érection en Haute autorité traditionnelle.  Saisissant l’occasion,  les légitimités traditionnelles ont réaffirmé leur adhésion pleine et entière à la forme républicaine de l’État, l’intégrité du territoire et la laïcité. L’invité d’honneur de cette 1ère édition était le grand Serigne de Dakar Papa Ibrahima Diagne. Elle a, aussi, été marquée par la présence de l’Amenokal de Kidal Mohamed Ag Intalla.

Namory KOUYATE

Lire aussi : 47è promotion de l'Emia : 343 officiers prêts à servir la nation

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a présidé, vendredi dernier au centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, la cérémonie de sortie et de prestation de serment de la 47è promotion de l’École militaire interarmes de Koulikoro (Emia)..

Lire aussi : Forêt de Ouessebougou : Une base terroriste détruite par les FAMa

Dans le cadre des opérations de surveillance du territoire menées le 27 novembre 2025, les Forces armées maliennes (FAMa) ont découvert une importante base terroriste dissimulée sous un couvert végétal dans la forêt de Ouessebougou, à proximité de Sébabougou..

Lire aussi : Programme africain de mini-réseaux : Plus de 8.000 bénéficiaires

Le Projet national du Programme africain de mini-réseaux permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il bénéficiera directement à plus de 8.000 personnes, dont 50% de.

Lire aussi : Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière : Les ministres Madina Sissoko et Assa Badiallo Touré au chevet des victimes d’accidents

La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, accompagnée de sa collègue de la Santé et du développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, était hier à l’hôpital Gabriel Touré pour remettre un important lot de kits de premier secours et de m.

Lire aussi : Croissance économique : Le FMI salue la solidité de la trajectoire du Mali

Pour 2026, il est attendu une croissance de 5,5% en rapport avec une reprise de la production aurifère et une amélioration progressive des conditions de sécurité. L’inflation, elle, devrait fléchir à 2,5%, largement conforme à la norme communautaire de 3%.

Lire aussi : Fafe : Une administration mobilisée pour atteindre les objectifs

La 13è session du comité de pilotage du Fonds d’appui à l’automatisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe) s’est tenu, hier à son siège..

Les articles de l'auteur

47è promotion de l'Emia : 343 officiers prêts à servir la nation

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a présidé, vendredi dernier au centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, la cérémonie de sortie et de prestation de serment de la 47è promotion de l’École militaire interarmes de Koulikoro (Emia)..

Par Namory KOUYATE


Publié samedi 29 novembre 2025 à 10:57

Salon international de l’entrepreneuriat-AES : Le président Goïta reçoit les ministres de l’espace et le représentant du Ghana

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, également Président de la Confédération des États du Sahel, a accordé, hier dans la matinée au Palais de Koulouba, une audience aux ministres de cet espace venus participer au Salon international de l’entrepreneuriat-AES qui prend fin aujourd’hui..

Par Namory KOUYATE


Publié vendredi 21 novembre 2025 à 11:03

El Hadj Adama Issa Sacko : «J’ai remarqué que la culture Khassonké est en voie de disparition»

L’écrivain traditionnaliste, à travers son livre, intitulé : «Le Khasso traditionnel : coutumes et mœurs», lancé le 17 juillet dernier, met en lumière les repères culturels de cet espace linguistique dont il est le «Djeli», de par la bataille de Tumbifara. Dans cet ouvrage de 162 pages, El Hadj Adama Issa Sacko de Kayes fait revivre le Khasso dans son entièreté pour qu’il ne tombe dans l’oubli.

Par Namory KOUYATE


Publié vendredi 21 novembre 2025 à 10:08

Mécanisme d’investissement en consolidation de la paix au Mali : Plus de 75 milliards de FCFA pour 10 projets

La protection des femmes et des filles, la lutte contre les violences basées sur le genre, la réintégration socio-économique des femmes déplacées et victimes de conflits sont parmi les domaines ciblés.

Par Namory KOUYATE


Publié lundi 17 novembre 2025 à 08:30

Général Elhadj Gamou sur la situation à Kidal : «Nous sommes dans les activités de développement»

Dans le cadre de la célébration du 2è anniversaire de la prise de Kidal (14 novembre 2023) par les Forces armées maliennes (FAMa), le gouverneur de la région, le Général de division Elhadj Gamou, nous a accordé un entretien téléphonique au cours duquel il a noté des avancées significatives dans plusieurs domaines..

Par Namory KOUYATE


Publié vendredi 14 novembre 2025 à 11:33

Autorités et légitimités traditionnelles : Des acteurs incontournables dans l’éducation et la construction du Maliden kura

La journée qui leur est dédiée, a été marquée hier par des conférences-débats, des jeux-concours, des expositions photos et des consultations médicales ophtalmologiques et en géronto-gériatrie à Bamako et à l’intérieur du pays.

Par Namory KOUYATE


Publié mercredi 12 novembre 2025 à 09:39

Spéculation sur les produits pétroliers : Un terreau favorable pour les criminels

Qu’est-ce que la spéculation ? Comment cette pratique est-t-elle traitée par la législation en vigueur ? Comment est protégé le consommateur face à ce genre de situation ? Quelles sont les actions entreprises par le gouvernement dans ce sens ? Voilà autant de questions auxquelles Dr Boubacar Bocoum,.

Par Namory KOUYATE


Publié mardi 11 novembre 2025 à 08:32

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner