Des portefaix stockent des sacs d’engrais dans un magasin
Les intrants agricoles, particulièrement les engrais, sont les garants d’une bonne récolte. Ils comblent des carences, accélèrent ou stimulent les croissances dans le but final d’accroître fortement les rendements quantitatifs ou qualitatifs des cultures. Dans la zone Office du Niger (ON), l’accès à ce produit essentiel aux activités agricoles est un cauchemar pour les exploitants. Les deux dernières campagnes en sont l’illustration parfaite.
Au passage de notre équipe de reportage le 16 août dernier, les vastes étendues rizicoles donnaient l’impression d’un tapis vert étalé à perte de vue. C’était presque la fin de la phase de repiquage du riz. Cette période est cruciale pour Ousmane Bouaré, exploitant agricole dans la zone de Ké Macina et membre du comité paritaire producteurs/direction de l’ON. Car, c’est à cette période que les cultures ont plus besoin d’engrais, nous entretient-il. Cet intrant s’appelle l’Urée, dans le jargon des professionnels. Contenus dans un sac généralement de couleur blanche, mais variant en fonction des labels, ces granulées blanchâtres ou homogène selon le fabricant, sont du pain béni pour les producteurs rizicoles à ce stade de la campagne. Pour 1 hectare de champ de riz, il faut 4 sacs d’urée sur 6 sacs d’engrais, selon le ratio d’un rendement optimale de 8 à 9 tonnes à l’hectare, soit une moyenne de 6,43 tonnes à l’hectare. Pour atteindre ce niveau de production, il faut 6 sacs d’engrais à l’hectare, dont 4 sacs d’Urée, estime Sékou Ibrahim Barry, directeur de la Zone Office du Niger de Niono.
À la date du 15 août - pic de l’introduction de l’Urée dans les champs - le registre de la direction de Zone de Niono notait 40% de taux de livraison de l’Urée par les fournisseurs. Les 14.286 exploitants étaient dans l’attente du reste pour sauver la campagne. Mais pourquoi ce retard, avons-nous interrogé Ibrahim Doucouré, président directeur général de DPA Industries, un des principaux fournisseurs de l’Office qui nous a reçu dans les locaux de son entreprise à Ségou. Sa réponse est sans équivoque : l’État doit beaucoup d’argent à ses fournisseurs. Ces derniers sont adossés à des banques, avec lesquelles ils ont des difficultés de remboursement des dettes contractées pour financer leurs opérations. Pour continuer à fournir de l’engrais dans ces conditions, il faut avoir les reins solides financièrement, affirme le patron de DPA Industries.
Cette situation a commencé lors de la campagne 2020-2021, avec l’embargo que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a imposé à notre pays, explique Oumar Tamboura, directeur national de l’agriculture (DNA). Face aux conséquences économiques désastreuses de ces sanctions, l’État s’est appuyé sur les opérateurs économiques du secteur pour soulager les producteurs agricoles sur l’ensemble du territoire national et sauver la campagne. Dans la zone Office du Niger, l’entreprise KO2 s’est fait remarquer dans ce sens, en fournissant de l’engrais aux paysans contre un paiement en nature, sans attendre la caution de l’État. Ce qui lui a valu la qualité de premier fournisseur de l’Office cette année avec un quota de 6.455 tonnes au titre de la campagne en cours.
17,6 MILLIARDS DE FCFA- Depuis deux ans, le budget national alloue plus de 17 milliards de nos francs à la subvention de l’engrais pour les cultures du riz, maïs, mil, sorgho dans toutes les zones de production du pays. Sur ce montant, l’Office du Niger a bénéficié de près de 4,5 milliards de Fcfa pour la présente campagne. Cette somme est destinée à la subvention de 3 sacs d’engrais sur 6 pour 1 hectare de champ. Deux sacs d’Urée et un sac de DAP, appelé engrais noir par les paysans. Ainsi, sur les 27.000 Fcfa par sac d’Urée, le bénéficiaire de la subvention paie 19.000 Fcfa, donc plus de la moitié du prix unitaire. Ce qui est insignifiant en termes d’appui aux exploitants, regrette Aly Dembélé, producteur et délégué de la Zone Office du Niger de Niono. Tout en reconnaissant les efforts de l’État malgré les difficultés socio-économiques et sécuritaires que nous connaissons, il estime que les exploitations familiales sont maintenant dans la misère à cause du système de mise à disposition de l’engrais dans les zones de l’ON.
Pour avoir accès à l’engrais subventionné, le paysan doit satisfaire deux critères essentiels au niveau de l’Office, indique son président directeur général, Abdel Kader Konaté. Il faut avoir un champ et être à jour dans le paiement de la redevance eau. Après cette étape, c’est le parcours du combattant qui commence pour le paysan dans l’acquisition de la fameuse «Caution», selon Aly Dembélé. C’est ce document administratif validé par une commission d’attribution, qui est remis à la personne bénéficiaire de la subvention. Ce papier en main, elle se rend chez le fournisseur agréé par l’État pour acheter les trois sacs d’engrais subventionné, en payant 19.000 Fcfa de différence sur les 27.000F du prix unitaire.
Dans le souci de mieux organiser le système qui était piloté par la direction de l’Office du Niger, les syndicats des producteurs et la Chambre d’agriculture de la région, et pour avoir un contrôle sur l’octroi de la caution, le département en charge du Développement rural a pris en main l’organisation de la manifestation d’intérêt et le choix des fournisseurs, depuis la campagne dernière. Ce qui n’est pas du goût de certains acteurs. Qui estiment que le processus actuel est très lent et fait intervenir beaucoup de signataires (8 au total) avec, en dernier ressort, le quitus d’un contrôleur financier. Ce dernier est chargé de viser lui seul, des milliers de dossiers.
RETARD DANS CALENDRIER AGRICOLE- À en croire Daouda Diarra, directeur de la Zone Office du Niger de Ké Macina, cette lenteur expliquerait en grande partie, le retard dans la mise en place de l’engrais, suivant le calendrier agricole. Car, les paysans qui n’ont pas les moyens d’acheter tous leurs besoins en engrais au prix du marché, sont obligés d’attendre la caution qui, souvent, n’est disponible qu’en milieu de campagne, comme c’était le cas lors de la campagne dernière et celle en cours. Si cette situation ne change pas, de graves menaces pèsent sur les campagnes à venir, prévient le technicien.
Cet avis est partagé par la direction générale de l’Office du Niger. Selon Abdel Kader Konaté, une réflexion doit être menée à ce niveau pour responsabiliser l’ON, comme le prévoit le manuel de procédure, dans la gestion de l’engrais dans ses zones, à l’instar des autres Offices. Ceci permettra à la structure de mieux organiser les opérations en respectant le calendrier agricole, gage d’une campagne réussie. Il explique que sa structure connaît mieux ses fournisseurs traditionnels avec qui elle a toujours travaillé, pour fournir à temps les stocks prévus pour les besoins des producteurs. Contrairement aux deux précédentes campagnes et celle en cours, où la fourniture de l’engrais est gérée par le département à travers sa direction des finances et du matériel (DFM) qui organise les appels à manifestation d’intérêt. Le risque à ce niveau réside dans le fait que beaucoup de fournisseurs bénéficient du marché, alors qu’ils n’ont ni la qualité, encore moins la capacité de fournir les quotas qui leur sont alloués. Au grand dam des exploitants et de l’État qui se trouve floué, car il paie pour des marchandises qui ne sont jamais livrés ou pas livrés à temps.
Pour éviter tous ces manquements et résoudre l’équation de l’engrais une fois pour toutes, le chef du département de tutelle a promis des concertations nationales très prochainement sur la question, nous confie Oumar Tamboura. Aujourd’hui, notre pays dispose de nombre d’opérateurs dont certains ont des usines de mélange pour produire l’engrais et une grande capacité d’importation. Dans cette perspective, une seule idée émerge à l’ON. Tous (direction, responsables techniques, paysans et fournisseurs d’engrais) sont unanimes qu’il faut revenir à la situation antérieure où la gestion était confiée à l’Office du Niger. Ceci rendra la procédure d’attribution de la caution plus légère, avec moins de signataires et permettra aux producteurs d’accéder aux fertilisants dans le respect du calendrier agricole.
Envoyé spécial
Cheick Amadou DIA
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