À l’instar de Bamako, la ville de Ségou fait face à une pénurie de gaz depuis un certain temps. Conséquences : un grand nombre de distributeurs de gaz sont au chômage. La bonbonne de 6 kg qui était vendue à 3.000 Fcfa est passée à 5.000 voire 6.000. Celle de 12 kg ordinairement cédée à 6.000 Fcfa est vendue aujourd’hui à 10.000 ou 12.000 par endroits.
Souleymane Traoré, un commerçant de gaz au marché Médine de Ségou, ne cache pas sa frustration. «Cette situation est due au retard dans le payement de plus de 7 milliards de Fcfa de subvention cumulés auprès de l’état. Or, les importateurs fonctionnent avec cette subvention», dit-il. «Nous ne sommes pas en grève. Seulement, sous sommes dans l’incapacité d’importer le gaz sur le territoire malien», précise le commerçant Souleymane Traoré.
Les conséquences du retard de paiement des arriérés des fournisseurs de gaz par l’état pèsent aujourd’hui sur le panier de la ménagère à Ségou. La rareté de bonbonnes de gaz sur le marché a fait grimper les prix. Les consommateurs ne cachent pas leur amertume face à cette situation. «Je me trouve pénalisée par cette situation. À 3.000 Fcfa le prix normal de la bonbonne de gaz de 6 kg, je n’arrivais pas à m’en sortir dans mon commerce. S’il faut encore payer plus pour avoir le gaz, c’est dire que je vais fermer mon commerce. Je ne peux pas non plus compter sur le charbon de bois qui coûte aussi cher actuellement», explique la vendeuse de nourritures, Mariam Touré qui souhaite vivement la fin de cette pénurie.
Une fonctionnaire nouvellement mutée à Ségou ne comprend pas non plus cette flambée du prix du gaz butane. «J’ai été mutée à Ségou il y a juste une dizaine de jours. J’ai fait une semaine sans avoir le gaz que j’utilise plus que le charbon de bois. Un revendeur m’a proposé une bonbonne de 6 kg à 6.000 Fcfa, j’ai été obligée de l’acheter», explique notre interlocutrice qui invite l’état à trouver une solution durable à ce problème. «J’ai appris que la capitale est confrontée au même problème. Il est temps que l’état trouve une solution», dit-elle.
La ménagère Kadiatou Ouattara utilise le gaz butane depuis 10 ans. Elle est aussi agacée par la rareté de gaz sur le marché. «C’est au moment où on a le plus besoin du gaz que nous sommes en manque. Il fait froid actuellement à Ségou. Tôt le matin, j’utilise le gaz pour préparer les plats et faire d’autres besoins. Cette pénurie me complique la tâche. Même le prix du charbon de bois est monté en flèche», regrette-t-elle.
Nematou DAO
Amap-Ségou
Rédaction Lessor
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