Saison des pluies à Bamako : Les zones inondables en constante alerte

En cas d’inondations, certaines familles préfèrent quitter les lieux. D’autres décident de rester sur place au péril de leur vie

Publié jeudi 10 juillet 2025 à 07:48
Saison des pluies à Bamako : Les zones inondables en constante alerte

La saison des pluies est une période qui est attendue avec enthousiasme par le monde rural (agriculteurs, éleveurs, etc.). Cependant, elle peut être une source de vives inquiétudes pour les populations particulièrement en milieu urbain. À Bamako, la pluviométrie est un motif de préoccupation pour certaines couches de la population notamment celles qui habitent dans les zones inondables.


L’eau qui est pourtant source de vie, devient une menace pour ces dernières. Et pour cause, dans certains quartiers de la capitale, dès que les premiers grondements déchirent le ciel, des familles entières plient bagages et se réfugient chez des proches, vont en urgence en location ou même quittent carrément la ville. Peu importe l’endroit pour elles, ce qui compte c’est de se mettre à l’abri des torrents et surtout ne pas être victimes de l’eau qui peut tout détruire.

Selon le Secrétariat permanent de la plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes (PNRRC), 711 cas d’inondation ont été recensés en 2024 impactant près de 70.000 ménages avec d’importants dégâts matériels. Pour 2025, les risques d’inondations sont particulièrement redoutés pendant les mois de juillet, août et septembre. «Même si cette saison ne devrait pas atteindre le record de l’année dernière, elle s’en approche», avertissent les spécialistes de la météo.

Dans la cité IFABako, à Sébénikoro en Commune IV du District de Bamako, les habitants gardent encore les souvenirs douloureux des inondations de l’année dernière. «L’eau a envahi notre domicile pendant plus d’un mois. Les dégâts ont été immenses», raconte Yaye Diallo, 27 ans, rencontrée à son domicile. «On a quitté la maison avec quelques habits et un peu de riz seulement», confie-t-elle. Sur la même rangée, se trouve la résidence de Mme Doumbia Djénèba Doumbia, médecin anesthésiste à la retraite. Malgré son âge avancé, elle se souvient du choc comme si c’était hier.

 «C'était une première pour nous et l’eau a tout dévasté», témoigne-t-elle d’un air triste. En plus des pertes matérielles, la sexagénaire évoque la peur et les difficultés qu’elle et sa famille ont endurées. «Il n’y avait pas que de l’eau qui a envahi nos maisons, les flots ont aussi charrié des animaux dangereux comme des serpents et toutes sortes d’immondices», soupire-t-elle. Pour se protéger, elle s’est réfugiée chez sa fille dans un autre quartier. Cette année, Mme Doumbia se dit prête à partir dès les premiers signes d’alerte. 

SECOURS SPONTANÉS- Lassina Traoré, gardien de la cité, a été témoin oculaire des évènements. Il indique que l’eau a envahi plus de 13 maisons. Certains habitants seraient partis et ne sont plus jamais revenus. Il a également révélé qu’un jeune s’est porté volontaire pour assister les habitants sinistrés. Certains habitants ont échappé à l’inondation de leurs maisons, toutefois, l’eau stagnait dans la rue rendant difficile leurs mouvements. Ce jeune a trouvé une pirogue pour offrir ses services aux habitants qui ne pouvaient pas sortir tranquillement de leurs domiciles à cause de l’eau. Il les déposait plus loin en des endroits sécurisés pour leur permettre de faire leurs courses et les ramenait à leurs domiciles.


Des familles entières plient bagages et se réfugient chez des proches ou dans des maisons inhabitées

Ce spectacle de pirogue qui apporte secours aux habitants sinistrés avait fait le tour des réseaux sociaux l’an dernier pour montrer d’une part l’ampleur des dégâts et d’autre part les méthodes de survie développées par ces habitants pour se sauver ou pour consolider leur résilience face à ce phénomène climatique extrême.  À Missabougou en Commune VI du District de Bamako, la même cause a poussé des habitants à partir pour ne pas revivre les événements de l’an dernier.


«J’ai déménagé dans un quartier que je crois plus sûr. C’est pour moi la meilleure prévention», confie un ancien habitant de la zone qui a préféré garder l’anonymat. Fousseini Traoré, habitant lui aussi de ce quartier, s’implique dans la prévention et l’assistance à apporter aux sinistrés. Il préconise des mesures idoines pour réaménager les collecteurs qui drainent les eaux de ruissèlement du quartier vers le fleuve Niger. 

RISQUES D’INONDATIONS ÉLEVÉS- Bakary Magané, chef du bureau prévisions et alertes météorologiques à l’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo), alerte sur les risques d’inondations pendant les mois de juillet, août et septembre. «La saison atteindra son pic pendant cette période, avec des systèmes orageux très organisés capables de toucher plusieurs régions en même temps», avertit-il. Même si les pluies ne seront pas aussi abondantes qu’en 2024, il insiste sur les potentiels risques dans les Régions de Sikasso, Mopti, Ségou, Koulikoro, Kayes et le District de Bamako.

«La saison sera plus longue, et durera jusqu’en novembre, avec un cumul pluviométrique supérieur à la normale», détaille le spécialiste. Par la même occasion Bakary Magané informe sur l’existence d’un dispositif qui œuvre à réduire les risques et catastrophes. Avec ce dispositif, la météo fournit quotidiennement des informations en temps réel. «Nous émettons les alertes par SMS et e-mails aux autorités locales et administratives ainsi qu’à la Direction nationale de l’hydraulique et de l’agriculture», ajoute-t-il. Pour éviter toutes conséquences liées aux inondations, il invite les populations à éviter les bas-fonds et à quitter les lits du fleuve.

En réponse aux dégâts causés en 2024, l’État, à travers le Centre de coordination et de gestion des crises (Cecogec), a mis en place plusieurs mécanismes de réduction des risques de catastrophes. Il s’agit, entre autres, de la création des comités de gestion des crises et catastrophes, le curage des caniveaux et collecteurs ou encore la libération des lits et servitudes des marigots. À cela, s’ajoute le Système d’alerte précoce (SAP) qui fournit des informations fiables sur d’éventuels dommages. Et l’application SOS qui joue également le rôle d’information et d’alerte.

DEMBÉLÉ Siguéta Salimata

Lire aussi : 47è promotion de l'Emia : 343 officiers prêts à servir la nation

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a présidé, vendredi dernier au centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, la cérémonie de sortie et de prestation de serment de la 47è promotion de l’École militaire interarmes de Koulikoro (Emia)..

Lire aussi : Forêt de Ouessebougou : Une base terroriste détruite par les FAMa

Dans le cadre des opérations de surveillance du territoire menées le 27 novembre 2025, les Forces armées maliennes (FAMa) ont découvert une importante base terroriste dissimulée sous un couvert végétal dans la forêt de Ouessebougou, à proximité de Sébabougou..

Lire aussi : Programme africain de mini-réseaux : Plus de 8.000 bénéficiaires

Le Projet national du Programme africain de mini-réseaux permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il bénéficiera directement à plus de 8.000 personnes, dont 50% de.

Lire aussi : Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière : Les ministres Madina Sissoko et Assa Badiallo Touré au chevet des victimes d’accidents

La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, accompagnée de sa collègue de la Santé et du développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, était hier à l’hôpital Gabriel Touré pour remettre un important lot de kits de premier secours et de m.

Lire aussi : Croissance économique : Le FMI salue la solidité de la trajectoire du Mali

Pour 2026, il est attendu une croissance de 5,5% en rapport avec une reprise de la production aurifère et une amélioration progressive des conditions de sécurité. L’inflation, elle, devrait fléchir à 2,5%, largement conforme à la norme communautaire de 3%.

Lire aussi : Fafe : Une administration mobilisée pour atteindre les objectifs

La 13è session du comité de pilotage du Fonds d’appui à l’automatisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe) s’est tenu, hier à son siège..

Les articles de l'auteur

Programme africain de mini-réseaux : Plus de 8.000 bénéficiaires

Le Projet national du Programme africain de mini-réseaux permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il bénéficiera directement à plus de 8.000 personnes, dont 50% de femmes..

Par DEMBÉLÉ Siguéta Salimata


Publié vendredi 28 novembre 2025 à 08:47

Journalisme de solutions et fact-checking : 90 journalistes et blogueurs formés

Le groupe de presse Mali Tribune, en collaboration avec le Fonds d’appui aux moteurs du changement (Famoc), a organisé les 24 et 25 novembre une session de formation dédiée au journalisme de solutions et à la lutte contre la désinformation et les discours de haine. Objectif : sensibiliser les participants et renforcer leurs capacités sur les deux notions. C’était au Centre Abbé David de Sébénikoro..

Par DEMBÉLÉ Siguéta Salimata


Publié vendredi 28 novembre 2025 à 08:31

Mariam Boubacar Maïga : Le jour où tout a basculé

Il y a 16 ans, Mariam Boubacar Maïga a frôlé la mort dans un accident de la circulation dont elle traîne encore les séquelles. Actuellement journaliste reporter et présentatrice à la chaîne nationale de télévision ORTM 2, elle témoigne pour l’Essor à l’occasion de la Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière.

Par DEMBÉLÉ Siguéta Salimata


Publié lundi 17 novembre 2025 à 08:36

Ousmane Maïga, directeur général de l’Anaser : «Pour réduire le nombre d’accidents, il est essentiel de renforcer les sanctions »

Le Mali, à l’instar des autres pays, a commémoré, hier, la Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière. À cette occasion, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Ousmane Maïga, nous a accordé une interview exclusive. Il fait l’état des lieux de la sécurité routière dans notre pays et évoque les actions menées pour réduire le nombre d’accidents.

Par DEMBÉLÉ Siguéta Salimata


Publié lundi 17 novembre 2025 à 08:35

Circulation routière : Ces véhicules « Messagers »

Entre prières, proverbes et conseils, les véhicules de transport en commun ou des camions se transforment en de véritables panneaux ambulants rendant la circulation inspirante et motivante.

Par DEMBÉLÉ Siguéta Salimata


Publié mercredi 12 novembre 2025 à 10:19

SamonaM : une étape importante dans le processus de modernisation du système financier malien

La 1ère édition a été marquée par des expositions des banques et Fintechs, des panels et ateliers.

Par DEMBÉLÉ Siguéta Salimata


Publié lundi 10 novembre 2025 à 11:10

Journées nationales de la cybersécurité : Le Mali au cœur de la résilience numérique

Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) abrite, depuis mardi dernier, la 3è édition des Journées nationales de la cybersécurité (JNC) du Mali..

Par DEMBÉLÉ Siguéta Salimata


Publié jeudi 30 octobre 2025 à 07:34

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner