Une vue des participants à l’évènement qui représente un cadre d’échange sur une préoccupation réelle
L’événement, couplé à une rupture collective de jeûne, a réuni en plus des membres de l’association, les partenaires et autres invités de marque. Cette conférence-débat mettait au centre des échanges, les défis liés à l’accès au crédit, les garanties et l’accompagnement financier.
Pour mieux traiter la problématique, deux panelistes de haut niveau menaient les débats. L’un administrateur de banque, et l’autre entrepreneur. Les échanges ont permis de comprendre le fond du problème et de proposer des solutions qui en découlent.
Pour le premier paneliste, Mamadou Tiéni Konaté, les jeunes entrepreneurs ne maîtrisent pas toujours leurs dossiers de financement. Or, précise l’administrateur de banque, le projet doit être clair pour évaluer les risques qui sont maîtrisables avant financement. «Le banquier parie sur le bon chemin, il ne donne pas de l’argent qui ne reviendra pas. La première garantie d’un projet, c’est l’ingénierie du projet», a-t-il expliqué. L’autre problème souligné par Mamadou Tiéni Konaté est l’absence de crédit à long terme dans les banques maliennes pour financer les activités des jeunes qui commencent à entreprendre. De ce fait, il a exhorté les jeunes à investir dans les secteurs qui sont adaptés à leurs réalités, tels que l’agriculture et l’agro-économie, qui sont des secteurs à fort impact pour le pays.
Le deuxième paneliste, non moins vice-président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Sidi Dagnoko, a appelé à plus de pragmatisme et de vision. Ayant fait ses preuves dans le secteur, il a indiqué que le financement de l’entrepreneuriat des jeunes est un problème qui a des solutions. Selon lui, il est difficile pour un jeune entrepreneur d’accéder au même financement qu’une entreprise confirmée qui a déjà la capacité de monter des dossiers qui correspondent à la levée de financement.
Il a ajouté que le coût de financement, la question des garanties ou encore l’absence de fonds d’investissement sur le long terme sont des questions d’ordre général sur lesquelles les jeunes entrepreneurs doivent réfléchir pour lever les obstacles liés à la fiscalité, la commande publique, l’éducation financière, l’encadrement et la formation. Face à ces défis, Sidi Dagnoko appelle à une double action: «L’État doit agir sur la fiscalité et la commande publique. Le secteur privé, quant à lui, doit encadrer et mettre des capitaux qui permettent de financer les projets».
Pour sa part, la présidente de la Cofor-Mali a qualifié la problématique du financement des jeunes entrepreneurs «d’urgence nationale». «Les jeunes ont des idées et du talent, mais l’accès aux moyens reste un défi. Tant que ce problème ne sera pas réglé, nous continuerons à parler de potentiel sans jamais voir les résultats», a insisté Zeïnab éveline Jacques. Elle a indiqué que son association agira et provoquera désormais le changement à travers des initiatives comme cette conférence,
Les intervenants se sont succédé jusqu’à la rupture du jeûne, à 18h 40mn. Ce moment de convivialité, empreint de spiritualité et de solidarité, a été couronné par la prière collective du Maghrib, menée par Maouloud Ben Kattra, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle. La connaissance et la bonne humeur étaient au rendez-vous.
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