De gauche à droite : Dr Aly Tounkara et Dr Bouréma Kansaye
Dr Aly Tounkara : «C’est plutôt un repli »
Il était prévu de restructurer la présence des militaires français au Mali et même dans le Sahel. On assiste à une telle accélération parce que la France se voit davantage contrôlée par le Mali dans ses agissements sur notre sol.
L’Armée française doit demander des autorisations pour le vol de ses avions 36 heures à l’avance. Ces mêmes exigences sont demandées à la Minusma. Ce sont des situations auxquelles la France n’était pas habituée de la part du Mali. La volonté de nos autorités de s’informer sur les actions des forces Barkhane et Takuba, est un élément clé d’une telle décision de retrait.
Quelles sont les conséquences de ce retrait de la France ? D’abord, cela va forcément exiger une redéfinition de la présence militaire malienne sur l’ensemble du territoire. Il faudra envoyer des hommes supplémentaires à Gao, à Ménaka et à Gossi.
Mais clairement, ce qui est à craindre comme conséquence aussi, c’est la possibilité de demander aux pays voisins (Niger, Burkina Faso) de la part de la France de ne pas coopérer avec l’Armée malienne.
Or, on sait que les frontières sont extrêmement importantes en matière de lutte contre les groupes radicaux violents. Qu’en est-il du dispositif de la force conjointe du G5 Sahel ? Quand on sait que cette force est en grande partie supportée par la France techniquement et financièrement. Le Mali est aujourd’hui, l’épicentre de l’insécurité, tous les efforts de la force conjointe du G5-Sahel vont être redirigés vers d’autres pays.
Mais tout va dépendre des capacités des différents états-majors maliens à répondre à ces vides laissés par la France, à très rapidement, acquérir les différents outils dont l’Armée a besoin.
Dans le même temps, il ne faut pas occulter le fait que le Mali est perçu par la France de même que la Russie comme un lieu de compétition. Avec la venue de la Russie, la France voit sa marge de manœuvre réduite. La présence française dans le Sahel n’est pas désintéressée et ne le sera jamais. La France ne quittera jamais le Sahel, ce sont seulement les modalités d’intervention qui vont changer.
Dr Bouréma Kansaye : «Le Mali semble être préparé à prendre les choses en main»
La France vient d’annoncer le retrait de Barkhane, une opération extérieure de l’armée française au Mali et dans le Sahel, ainsi que de la task force Takuba, réunissant les forces spéciales de plusieurs pays européens sous le commandement français. Il convient de rappeler que la France avait déjà réamenagé son dispositif militaire au Mali et quitté la Région de Tombouctou où le relai a été pris avec succès par les Forces armées maliennes (FAMa).
Actuellement, les forces françaises sont essentiellement concentrées dans la Région de Gao, pour opérer, principalement, dans les zones dites des trois frontières. La France souhaite retirer ses troupes de manière coordonnée, y compris avec le Mali. Nous pensons que cela permettra au Mali de prendre le relai et occuper rapidement les emprises qui vont être laissées par Barkhane.
Le Mali semble être préparé à prendre les choses en main, avec l’appui, tout naturellement, d’autres partenaires bien disposés à l’accompagner. Pour que cela se passe bien, le gouvernement doit doter les FAMa davantage de moyens de mobilité et de renseignement.
En termes de conséquences, ce retrait pourrait supprimer l’effet dissuasif que produisait la simple présence des forces armées françaises bien équipées. Cela serait de nature à renforcer la confiance des groupes terroristes présents dans cette zone, qui tenteront certainement de contrôler des espaces qu’ils avaient abandonnés, voire essayer de reconquérir d’autres zones.
En plus, on ne peut pas écarter le risque de reprise des affrontements entre groupes terroristes concurrents à l’occasion de la tentative de contrôle des zones qu’ils croient abandonées. Donc, il faut nécessairement que le gouvernement réagisse adéquatement à cette nouvelle donne pour combler le vide qui va être laissé par Barkhane et ses partenaires.
Par ailleurs, il faut que le gouvernement élabore une stratégie de négociation avec les chefs des groupes terroristes maliens, dans le respect des principes et des valeurs de la République.
Il urge aussi pour le gouvernement de renforcer le dialogue avec les mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger afin de renforcer la cohésion nationale. Une telle démarche permettrait de minimiser les conséquences de ce retrait, tout en renforcant les capacités de notre armée nationale qui doit assurer la défense du territoire national.
Dieudonné DIAMA
Massa SIDIBÉ
Rédaction Lessor
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