Rapport 2021 du Vérificateur général : Le chef de l’État annonce une exploitation sans complaisance

L’année dernière, le Bureau du Vérificateur général a effectué 20 vérifications financières et de conformité, 4 de performance, 8 de suivi des recommandations, et une évaluation de politique publique. Il a déjà transmis 18 dossiers au président de la section des comptes de la Cour suprême et dénoncé 22 dossiers aux procureurs de la République de plusieurs tribunaux

Publié mercredi 30 novembre 2022 à 07:13
Rapport 2021 du Vérificateur général : Le chef de l’État annonce une exploitation sans complaisance

La lutte contre la corruption et la délinquance financière fait partie des priorités des autorités de la Transition

 

 

Le président de la Transition demeure sensible au cri de cœur  du peuple malien qui réclame des actions concrètes dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière et économique. Ces maux qui ont gangrené le pays, renforcent le malaise et le ressentiment des populations, qui en sont les premières victimes. Cette réalité justifie l’engagement des autorités de la Transition de préconiser les audits de certains secteurs clés afin de conférer une plus grande pertinence à l’action publique de la réforme de l’État.

Le colonel Assimi Goïta a rappelé cet engagement, hier dans la salle de banquets du Palais de Koulouba, lors de la réception du rapport 2021 du Vérificateur général. La cérémonie de remise du document a réuni des présidents des institutions de la République, ainsi que des membres du gouvernement. On notait également la présence de l’Auditeur général du Rwanda, Alexis Kamuhire, spécialement invité par le Vérificateur général, Samba Alhamdou Baby. 

Selon le président Assimi Goïta, la lutte contre la corruption et la délinquance financière fait partie des priorités des autorités de la Transition. En témoignent les sollicitations importantes adressées au Bureau du Vérificateur général par les membres du gouvernement. Il s’est réjoui de constater que le Vérificateur général a pu offrir, à travers le présent rapport annuel, une photographie d’irrégularités qui handicapaient sérieusement le fonctionnement des services publics concernés. 

Le président de la Transition reçoit fréquemment des rapports individuels de vérification lui permettant de suivre l’évolution des vérifications. Il a évoqué son intérêt pour ces rapports, avant de souligner  leur cohérence avec la vision de la lutte contre la corruption engagée. «Je note avec satisfaction la diversité des interventions du Bureau du Vérificateur général qui a su évoluer sur des vérifications financières et de conformité, des vérifications de performance, des vérifications de suivi de recommandations et l’évaluation de politiques publiques», a apprécié le chef de l’État.

 

SANCTIONNER LES FAUTES- L’autre volet important qui confère une lueur d’espoir est indéniablement la synergie que le Bureau a su créer avec les autorités judiciaires dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Le colonel Assimi Goïta a encouragé vivement cette collaboration fructueuse qui est en phase avec les initiatives de l’exécutif, dont l’élaboration d’une Stratégie nationale de lutte contre la corruption. Cette stratégie vise, entre autres, à doter notre pays d’une vision dans la lutte contre la corruption et, en conséquence, de mécanismes efficaces et opérationnels d’intervention mettant l’usager au cœur de l’action publique.


C’est la raison pour laquelle, a-t-il signalé, le gouvernement accordera une attention particulière à la mise en œuvre des recommandations issues des rapports de vérification. «Eu égard aux lenteurs éventuelles de mise en œuvre des recommandations, il importe également d’améliorer le contrôle interne des services publics en s’assurant que les différents acteurs de la gouvernance des structures assument leurs rôles et responsabilités, diligentent le suivi-évaluation de leurs activités et rendent comptes», a instruit le chef de l’État.

Par ailleurs, le président de la Transition a soutenu que les fautes administratives et disciplinaires doivent être sanctionnées par les autorités habilitées afin d’induire des attitudes professionnelles exemplaires au sein des services publics. «Cette corrélation entre fautes et sanctions est un défi important de notre administration publique», a relevé le colonel Assimi Goïta.

Pour lui, les sanctions administratives et disciplinaires ont une complémentarité indissociable avec le traitement judiciaire des dénonciations et transmissions aux autorités judiciaires. «Face au devenir de notre pays, nous ne devons aucunement envisager d’échec. Bien au contraire, car chacun doit faire l’effort d’intégrer ce cheminement salvateur et se conduire avec intégrité lorsqu’il est appelé à la gestion publique», a-t-il exhorté.

 

33 MISSIONS DE VÉRIFICATION- Sans révéler les montants perdus du fait des manquements aux règles, le Vérificateur général a expliqué que le rapport s’articule autour de 33 missions ayant concerné des services centraux, des organismes personnalisés, des collectivités territoriales, une politique publique ainsi que la gestion des fonds Covid-19. 


Ces missions sont ainsi répartis : 20 vérifications financières et de conformité, 4 de performance, 8 de suivi des recommandations, et une évaluation de politique publique. Selon Samba Alhamdou Baby, elles ont couvert essentiellement les domaines de la santé, des transports, de l’éducation, de la décentralisation, de l’énergie et de l’eau, des mines, du développement rural, des technologies de l’information et de la communication.

En effet, a-t-il détaillé, les vérifications financières et de conformité ont mis en relief des faiblesses concernant la gestion administrative et financière dans les administrations publiques et les collectivités. Elles ont décelé, d’une part, des irrégularités administratives relevant des dysfonctionnements du contrôle interne et, d’autre part, des irrégularités financières. 


Les irrégularités administratives feront l’objet de vérifications de suivi des recommandations par le Bureau. Quant à celles financières, elles ont fait l’objet de transmission et de dénonciation aux autorités judiciaires. Et la direction générale du contentieux de l’état a été tenue en ampliation pour la défense des intérêts de l’état.

 

22 DOSSIERS AUX PROCUREURS- Le Vérificateur général informera qu’en 2021 sa structure a transmis 18 dossiers au président de la section des comptes de la Cour suprême. Elle a dénoncé 22 dossiers aux procureurs de la République près les tribunaux de grande instance de la Commune III du District de Bamako, de Kayes et de  Mopti, chargés des pôles économiques et financiers.  Selon lui, la section des comptes de la Cour suprême a communiqué par écrit que 4 dossiers ont été déférés à son parquet général, et les 14 autres ont fait l’objet d’examen par les chambres compétentes.


Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du pôle économique et financier, a aussi rendu compte des suites judiciaires accordées aux 16 dénonciations reçues au titre de l’année 2021. 


Idem pour le Pôle économique et financier de Kayes qui a 5 dossiers pendant à son niveau, et pour celui de Mopti où il y a un seul dossier. Faut-il noter que ces vérifications et évaluations de l’année 2021 sont largement inspirées des saisines. De 50 en 2020, les saisines reçues par le Bureau sont passées à 64 en 2021.

Oumar DIAKITE

Lire aussi : 47è promotion de l'Emia : 343 officiers prêts à servir la nation

Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a présidé, vendredi dernier au centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, la cérémonie de sortie et de prestation de serment de la 47è promotion de l’École militaire interarmes de Koulikoro (Emia)..

Lire aussi : Forêt de Ouessebougou : Une base terroriste détruite par les FAMa

Dans le cadre des opérations de surveillance du territoire menées le 27 novembre 2025, les Forces armées maliennes (FAMa) ont découvert une importante base terroriste dissimulée sous un couvert végétal dans la forêt de Ouessebougou, à proximité de Sébabougou..

Lire aussi : Programme africain de mini-réseaux : Plus de 8.000 bénéficiaires

Le Projet national du Programme africain de mini-réseaux permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il bénéficiera directement à plus de 8.000 personnes, dont 50% de.

Lire aussi : Journée mondiale du souvenir des victimes de la circulation routière : Les ministres Madina Sissoko et Assa Badiallo Touré au chevet des victimes d’accidents

La ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, accompagnée de sa collègue de la Santé et du développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, était hier à l’hôpital Gabriel Touré pour remettre un important lot de kits de premier secours et de m.

Lire aussi : Croissance économique : Le FMI salue la solidité de la trajectoire du Mali

Pour 2026, il est attendu une croissance de 5,5% en rapport avec une reprise de la production aurifère et une amélioration progressive des conditions de sécurité. L’inflation, elle, devrait fléchir à 2,5%, largement conforme à la norme communautaire de 3%.

Lire aussi : Fafe : Une administration mobilisée pour atteindre les objectifs

La 13è session du comité de pilotage du Fonds d’appui à l’automatisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (Fafe) s’est tenu, hier à son siège..

Les articles de l'auteur

Disponibilité des hydrocarbures à Bamako : L’embellie se poursuit

Ah oui ! Tout indique, ce matin du mercredi 26 novembre 2025, que la situation s’est améliorée concernant l’approvisionnement en carburant dans la ville de Bamako. La circulation reprend son rythme habituel. Les embouteillages aussi..

Par Oumar DIAKITE


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:40

Longues files devant les stations-services : «A bana !»

Comme une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue aussi vite que celle qui annonçait, ces derniers mois, l’arrivée de camions citernes dans une station-service !.

Par Oumar DIAKITE


Publié jeudi 27 novembre 2025 à 08:27

Semaine internationale de l’artisanat touareg : Le secteur artisanal comme alternative à la migration irrégulière

Le Salon international de l’artisanat touareg, tenu du 18 au 23 novembre, a dédié la journée du samedi dernier au département des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. La rencontre a été marquée par un panel sur le thème : secteur artisanal au Mali, alternative à la migration irrégulière : enjeux et perspectives. Le ministre Mossa Ag Attaher a présidé la cérémonie et assuré la modération de ce panel consacré à son département..

Par Oumar DIAKITE


Publié lundi 24 novembre 2025 à 08:54

Ambassadeur Issa Konfourou : «La lutte contre le terrorisme est et doit rester régionale et internationale»

L’ambassadeur, représentant permanent du Mali auprès des Nations unies, Issa Konfourou, a intervenu le mardi dernier au nom de la Confédération des États du Sahel (AES) à New-York à l’occasion de la réunion publique d’information du Conseil de sécurité des Nations unies sur la «consolidation.

Par Oumar DIAKITE


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 08:02

Issa Konfourou, ambassadeur du Mali à New York: «La lutte contre le terrorisme est et doit rester regionale et internationale»

-.

Par Oumar DIAKITE


Publié mardi 18 novembre 2025 à 21:26

2è anniversaire de la reconquête de Kidal : Le CDM lance la révolution progressiste populaire malienne

Dans le cadre de la commémoration du 2è anniversaire de la reprise de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMa), le Collectif pour la défense des militaires (CDM) a tenu un grand meeting, le vendredi 14 novembre, au stade Mamadou Konaté à N’Tomikoribougou..

Par Oumar DIAKITE


Publié lundi 17 novembre 2025 à 08:32

Commémoration de l'an II de la reprise de Kidal: Le CDM lance la révolution progressiste populaire malienne

Dans le cadre de la commémoration du deuxième anniversaire de la reprise de Kidal par les Forces armées maliennes (FAMa), le Collectif pour la défense des militaires (CDM) a tenu un grand meeting, ce vendredi 14 novembre au stade Mamadou Konaté à N’Tomikoribougou, en Commune III du District de Bamako, tout en lançant officiellement « la révolution progressiste populaire malienne (RPPM) « AN KA Jo Faso ye!..

Par Oumar DIAKITE


Publié vendredi 14 novembre 2025 à 18:39

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner