Une vue des participants à la rencontre
Les échanges ont porté sur les mesures à prendre pour améliorer l’approvisionnement des marchés et freiner la hausse des prix de la viande, notamment la réouverture des marchés à bétail fermés, la sécurisation des transactions et des convois, ainsi que l’examen d’une suspension temporaire des exportations de bétail.
L’objectif de cette nouvelle rencontre entre le gouvernement et les acteurs de la filière bétail-viande est de trouver rapidement des solutions à la flambée des prix de la viande sur les marchés. Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, cette concertation fait suite à celle du 5 octobre 2026, organisée conformément aux instructions du président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. La première réunion avait permis d’établir un diagnostic des difficultés qui affectent la filière et contribuent à la hausse des prix.
Les échanges ont porté sur les mesures susceptibles de faciliter l’acheminement du bétail des zones de production vers les centres urbains, en particulier Bamako. La priorité annoncée par le ministre Moussa Alassane Diallo est la réouverture, dans un délai d’une semaine, des marchés à bétail fermés à l’intérieur du pays, notamment à Nioro, Niono, Nara, Fatoma et Kona, ainsi que d’autres localités. Cette mesure doit s’accompagner d’un dispositif de sécurisation des marchés, afin de permettre aux acteurs de mener leurs activités dans de meilleures conditions.
Le transport du bétail a également occupé une place importante dans les discussions. Les acteurs de la filière ont insisté sur la nécessité de sécuriser les convois et de faciliter leur circulation sur les axes routiers reliant les zones de production aux centres de consommation. L’ouverture de marchés à bétail aux alentours de Bamako et la mise en service de ceux déjà aménagés par les pouvoirs publics figurent aussi parmi les pistes examinées pour fluidifier les échanges commerciaux.
La question de l’alimentation du bétail a, par ailleurs, été abordée. Face aux difficultés d’approvisionnement en aliments pour animaux, le ministre de l’Industrie et du Commerce a plaidé pour une évolution du modèle actuel, en accordant une plus grande place aux cultures fourragères. L’objectif selon lui, est de renforcer la disponibilité des ressources alimentaires pour le cheptel et de réduire les contraintes qui pèsent sur la filière.
Autre mesure évoquée au cours de la rencontre, concerne la suspension des exportations de bétail pour une période de six à douze mois. Cette proposition, qui doit encore être examinée par le gouvernement, vise à renforcer l’approvisionnement du marché national et à contribuer à la stabilisation des prix. « Nous avons aussi étudié toutes les questions liées à l’interdiction de l’exportation du bétail dans un délai de six à douze mois, afin de nous permettre de stabiliser notre marché », a expliqué Moussa Alassane Diallo.
Le président de l’Interprofession de la filière bétail-viande du Mali, Mamoudou Abdoulaye Diallo, a salué le cadre de concertation établi avec les autorités. Selon lui, la réouverture des marchés fermés, la création de points de vente et la mise en service des infrastructures déjà aménagées constituent des mesures prioritaires pour faciliter l’accès au bétail. Il estime que leur application pourrait commencer à se traduire par une baisse des prix de la viande à Bamako dans un délai d’une semaine.
Le responsable de l’interprofession a également souligné l’importance des engagements pris en matière de sécurité. La fermeture de certains marchés étant liée aux problèmes rencontrés sur place, la sécurisation des personnes et des biens est, selon lui, indispensable pour rassurer les commerçants et favoriser la reprise des activités. Mamoudou Abdoulaye Diallo a indiqué que le ministère chargé de la Défense avait pris des engagements en ce sens.
Makan SISSOKO
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