Les nuisibles sucent les feuilles jusqu’à la sève entraînant un arrêt de croissance de la plante
Issa Koné
est cultivateur de coton dans le secteur de Garalo, Région de Bougouni. En plus
du coton, il cultive du gombo, de l’arachide et du maïs. Depuis juin dernier,
des nuisibles envahissent ses champs. «L’évolution des cultures étaient bonne
et normale. l’apparition précoce des nuisibles a changé la tendance», regrette
le paysan, contacté au téléphone.
Deux des
sept hectares qu’il possède ont été infestés par les ravageurs. Ils sucent les
feuilles des plantes jusqu’à la sève, entraînant l’arrêt de leur croissance.
«Tous les trois jours, je traite mon champ, mais les nuisibles résistent aux
produits. J’ai investi plus de 250.000 Fcfa dans l’achat de pesticides. Depuis
la campagne agricole de 2007, les attaques de nuisibles n’ont pas été aussi
précoces et féroces», dit-il.
Son
confrère Yaya Ballo est cotonculteur dans la zone de Konséguela, Région de
Koutiala. Il déplore l’inefficacité des solutions apportées jusqu’ici. «Nous
avons appelé les agents de la CMDT qui, après des passages, peinent à nous
trouver des solutions. Ils soutiennent que ces infestations sont causées par
des nuisibles. Nous connaissons ces insectes qui apparaissent chaque année.
Nous pensons que cette maladie est simplement liée à la pluviométrie», soutient
celui dont les 34 hectares de coton sont affectés. Le paysan implore les
techniciens agricoles de trouver des solutions à ce fléau et sollicite le
soutien des plus hautes autorités du pays. L’Office de protection des végétaux
(OPV) est spécialisé en la matière.
Des nuisibles ont fait récemment irruption
dans certaines zones de production de coton et d’autres cultures vivrières
notamment le gombo, le dah, le riz, le maïs, etc. dans plusieurs bassins de
productions, confirme le chef de division surveillance, alerte et intervention
à l’OPV, Adama Mallé. Les céréales ne sont pas touchées pour le moment, rassure
le technicien. Les spécialistes en protection des végétaux de l’OPV aident les
producteurs à lutter contre ces ravageurs qui impactent fortement le rendement.
SPÉCIFICITÉ-
Au Mali, il existe plusieurs types de ravageurs des cultures : les
criquets sont fréquents dans la bande sahélienne, les chenilles sur les
cultures dont les tomates, les concombres et les melons. Sans oublier les
mouches de fruits, les coléoptères, les acariens blancs, termites et les
maladies végétales.
Il existe
des nuisibles et maladies spécifiques à chaque zone de culture. À l’Office du
Niger par exemple, il y a eu des problèmes de rongeurs sur les cultures,
explique le spécialiste. Les rats, les souris et les oiseaux granivores font
des dégâts sur le mil, le riz, le sorgho et les cultures maraîchères.
La
situation des nuisibles, explique le chef de division surveillance, alerte et
intervention à l’OPV, est moins préoccupante cette année malgré quelques
menaces. «De façon générale, nous disons que la situation des nuisibles est
relativement calme. Nous n’avons pas enregistré de cas d’infestations majeurs»,
rassure-t-il. Adama Mallé précise qu’il a été constaté, au niveau des champs de
coton, l’arrivée précoce d’un ravageur sur le cotonnier : Jassides,
piqueur suceur. Ce ravageur a affecté beaucoup de zones de production de coton
et d’autres cultures maraîchères.
Les céréales sont épargnées pour le moment, apaise le spécialiste. Selon lui, ce ravageur qui existe sur place n’est pas nouveau. Sa forte pullulation a surpris beaucoup de producteurs et même l’encadrement, ajoute-t-il, soulignant que des cas d’infestations ont été signalés sur des cotonniers à Kadiolo et dans plusieurs localités du pays.
JASSIDES-
Concernant ce ravageur, le technicien révèle qu’il s’agit des Jassides appelés
Jacobiella facialis. «Avec les responsables de la Compagnie malienne pour le
développement des textiles (CMDT), nous avons mené une mission d’inspection
dans les filiales de Kadiolo, Bougouni et de Sikasso.
Dans ces zones-là, nous
avons vu le ravageur sur le cotonnier et il a fait aussi des dégâts. Nous
sommes en train d’analyser les facteurs qui ont entrainé cela», explique Adama
Mallé. En attendant, le chef de division surveillance alerte et intervention à
l’Opv encourage les producteurs à continuer à intensifier le traitement des
champs pour pouvoir venir à bout du destructeur. La nature du ravageur étant
connue, il demande aux paysans de ne pas céder à la panique.
À l’instar
des piqueurs suceurs (pucerons, jassides, acariens, etc.), d’autres ravageurs
notamment, la chenille légionnaire d’automne se signalent, informe Adama Mallé.
Introduite en Afrique en 2016 à partir du Nigeria, cette chenille originaire
des États-unis d’Amérique apparaît au Mali en 2017 en s’attaquant au maïs de
contre saison. Comparée aux années précédentes, elle a été certes moins vorace
sur le maïs cette année. «Mais, elle existe toujours, nous sommes en train de
la géré de façon efficace et efficiente», explique Adama Mallé.
Selon lui,
la situation est relativement calme dans l’ensemble. Adama Mallé ajoute que la
campagne agricole est même prometteuse dans plusieurs zones de productions
agricoles du pays, grâce à la bonne pluviométrie enregistrée. «Le maïs, le riz
sont arrivés à maturité. Le mil et le sorgho sont en épiaison, alors que le
coton est en fructification», détaille-t-il.
Pour
prévenir leur expansion, le chef de division surveillance, alerte et
intervention à l’OPV invite les producteurs à mettre l’accent sur le traitement
des champs. Il leur demande de signaler rapidement à son service toute présence
de nuisibles. «Nous disposons d’un stock important de bio pesticides, depuis
2019. Les producteurs ne viennent pas souvent s’en approprier.
Ces produits
sont subventionnés par l’État et donnés gratuitement aux paysans pour le
traitement de leur champ en cas d’infestations», explique Adama Mallé. En
attendant, le paysan Issa Koné, lui, prévoit une chute de son rendement. Et se
demande comment il va faire pour rembourser les prêts octroyés à eux par les
fournisseurs publics et privés.
Makan SISSOKO
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