Sous les voûtes du Gostiny Dvor à Moscou, la séance plénière du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique a ouvert ce mercredi 28 octobre 2026 un nouveau chapitre du dialogue entre Moscou et le continent. Coprésidée par Vladimir Poutine et Évariste Ndayishimiye, le Président du Burundi qui dirige également l’Union africaine, la rencontre a réuni les représentants de près de 50 pays africains, dont 22 chefs d’État et de gouvernement. La présence du Président de la Transition, le Général Assimi Assimi Goïta, à cette assemblée incarne la quête de souveraineté et de partenariats stratégiques par notre pays.
Dès les premières minutes, Vladimir Poutine a fixé le ton. «Un monde plus juste, où l’on entend les voix de la majorité, succède au monde unipolaire», a-t-il déclaré, soulignant la montée en puissance de l’Afrique sur la scène internationale. Il a longuement dénoncé ce qu’il qualifie d’outils néocoloniaux : les guerres tarifaires, les sanctions illégitimes et la volonté occidentale d’enfermer le continent dans «un esclavage de la dette». Selon lui, le moment est venu de réformer en profondeur le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale pour les mettre au service des économies en développement. «La Russie et l’Afrique ont ensemble créé les conditions d’un monde multipolaire plus équitable», a-t-il rappelé, tout en affirmant que la coopération pour un développement souverain reste «l’idée directrice» des relations russo-africaines.
Sur le plan économique, le Président russe s’est montré ambitieux. Le commerce bilatéral, a-t-il estimé, peut très bientôt franchir la barre des 50 milliards de dollars. Il a évoqué plus de trente projets énergétiques en cours dans 16 pays africains, la localisation de la production de médicaments et de vaccins, la création de laboratoires et de centres de diagnostic, sans oublier l’agriculture, les transports et une proposition de créer une union russo-africaine de la jeunesse. «La Russie est sincèrement intéressée par le développement de ses relations avec tous les pays d’Afrique», a-t-il conclu.
Évariste Ndayishimiye a pris le relais sur un registre plus concret. L’Afrique, a-t-il insisté, ne veut plus être seulement un réservoir de matières premières. Elle aspire à devenir un acteur à part entière de la transformation du monde. Le Président burundais a appelé les investisseurs russes à s’engager davantage, en privilégiant la transformation locale des ressources, le respect de l’environnement et le développement des infrastructures. Les BRICS, a-t-il souligné, offrent un cadre prometteur pour les transferts de technologies. L’enjeu, selon lui, est de conclure des accords qui se traduisent directement dans la vie quotidienne des populations et contribuent à réduire la pauvreté.
Le Mali a toute sa place dans cette dynamique. Membre de la Confédération des États du Sahel aux côtés du Burkina Faso et du Niger, il cherche à renforcer les solidarités africaines tout en consolidant ses liens avec Moscou, notamment dans les domaines de la défense, de l’énergie, des mines, de l’agriculture et des transports. Ainsi, pour le Mali comme pour l’AES, ce forum est une occasion d’accélérer des projets tangibles et de diversifier les partenariats hors des schémas traditionnels.
Le Sommet se poursuit jeudi 29 octobre avec les sessions plénières au niveau des Chefs d’État. Et en marge des grands discours de la plénière, le Président Vladimir Poutine a planifié une vingtaine d’entretiens bilatéraux, dont un tête-à-tête exclusif avec son homologue malien, le Général d’armée Assimi Goïta. Au terme du Sommet, une déclaration finale, un plan d’action pour 2027-2029 et un texte sur les applications civiles de l’intelligence artificielle sont attendus, ainsi que la signature de nombreux accords intergouvernementaux.
Envoyés spéciaux
Bounama MAGASSA
Issa DEMBELE
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