L’Essor : Vous avez disparu des écrans radars depuis votre départ du club industriel de Kamsar (CIK) en Guinée. Après, vous avez rebondi à Quriyat club au Sultanat d’Oman. Que s’est-il passé ?
Mamadou Kouyaté : Après mon départ de Kamsar, j’ai effectivement disparu mais seulement au niveau des médias. J’ai commencé en 2018 avec le CIK en Guinée. Après deux saisons, un agent m’a fait une bonne proposition au Gabon.
J’en ai parlé avec les dirigeants du CIK et à l’amiable nous avons décidé de mettre fin au contrat qui nous liait. Je suis ensuite allé au Gabon où j’ai signé un contrat avec Mangasport.
C’était en janvier 2020.
Malheureusement, les choses ne sont pas passées comme je le souhaitais. Mon arrivée a coïncidé avec la pandémie de la Covid-19. Les compétitions ont été arrêtées et la saison n’a pu se terminer à cause des restrictions sanitaires. Je n’ai pas disputé un seul match au Gabon. Je ne me sentais plus à l’aise là-bas et j’ai demandé à la direction du club de me libérer. Mes employeurs n’ont posé aucun problème et c’est du Gabon que je suis venu à Oman.
L’Essor : Quelle est votre situation à Oman ? Êtes-vous heureux dans ce pays du Moyen-Orient ?
Mamadou Kouyaté : J’ai signé un contrat de deux ans et demi avec Quriyat club. Je suis très heureux ici. à mon arrivée, j’ai été bien accueilli par tout le monde, singulièrement mes coéquipiers. Alhamdoulilah, je ne me plains pas.
Ici, je me sens comme dans mon propre pays. Je n’ai pas de problème, je suis bien logé, bien nourri et je gagne bien.
Les dirigeants du club sont très corrects, surtout avec les joueurs étrangers. Ils nous respectent beaucoup, les salaires sont payés régulièrement et les conditions de travail sont bonnes. Parlant du championnat, on y retrouve beaucoup de grandes équipes et le niveau est relativement élevé.
L’Essor : Vous avez joué à l’ASB, avant de quitter le Mali pour la Guinée, puis le Burkina Faso. Quels souvenirs vous avez de ces deux pays ?
Mamadou Kouyaté : Avant de répondre à votre question, je voudrai d’abord témoigner ma gratitude aux dirigeants de l’ASB. J’ai beaucoup appris dans ce club et c’est avec une grande tristesse que j’ai appris la relégation de mon ancien club en deuxième division. En tant qu’ancien de l’équipe, ça me fait très mal. Je souhaite vivement que l’ASB retrouve sa place dans l’élite malienne.
Pour revenir à votre question, j’ai de très bons souvenirs de la Guinée. Le championnat de ce pays est bien organisé, il y a de grands joueurs et de grandes équipes là-bas. Mon séjour en Guinée a été très courte, mais je puis vous assurer que j’ai passé des moments inoubliables dans ce pays. La chaleur humaine est très forte en Guinée surtout pour les Maliens qu’ils considèrent comme des frères. En revanche, je n’ai pas de bons souvenirs du Burkina Faso, dans ce pays, je vivais dans des conditions très difficiles.
L’Essor : A 27 ans, vous êtes à un moment important de votre carrière. Quel est aujourd’hui votre plus grand rêve ?
Mamadou Kouyaté : Mon plus grand rêve est d’enfiler le plus rapidement possible le maillot de l’équipe nationale. Je veux travailler dur pour progresser chaque jour et atteindre le haut niveau. Je me focalise sur mon travail, sans calculs. Pour le moment, je suis concentré sur mon club, notre objectif est de terminer sur le podium du championnat. Nous avons les moyens pour y parvenir et les dirigeants font tout pour nous mettre à l’aise.
L’Essor : La Fédération malienne de football vient de lancer un appel à candidature pour le poste de sélectionneur national. Quelles sont vos ambitions pour les Aigles ?
Mamadou Kouyaté : Je souhaite bonne chance à celui qui aura la lourde tâche de qualifier les Aigles à la prochaine Coupe d’Afrique des nations. Mon ambition pour les Aigles est de porter le maillot de la sélection nationale. Je sais que les places sont très chères dans la sélection nationale, il faut travailler pour espérer intégrer le groupe. Pour ce faire, je me bats tous les jours pour réaliser cette ambition. Je regarde tous les matches des Aigles, j’aime mon pays et je veux porter le maillot des Aigles, c’est mon plus grand rêve.
L’Essor : Après avoir réalisé un sans-faute lors des éliminatoires de la Coupe du monde, le Mali a été éliminé par la Tunisie lors des barrages, à la grande déception des supporters. Selon vous, l’équipe méritait-elle d’aller au Mondial ?
Mamadou Kouyaté : Cette génération méritait d’aller au Mondial, on avait tout pour être au Qatar. On a un bon groupe pétri de talents, un groupe soudé et un bon staff technique épaulé par les anciens joueurs Seydou Keïta «Seydoublen», Bassala Touré, Cédric Kanté et Frédéric Oumar Kanouté. Il y avait une grande mobilisation autour de cette équipe. La veille du match aller contre les Tunisiens, le chef de l’état, le colonel Assimi Goïta s’est rendu lui-même à Kabala pour encourager les joueurs. C’est quelque chose qui fait chaud au cœur, j’ai beaucoup apprécié cette visite du président de la Transition.
Ensuite, les supporters sont sortis très nombreux pour donner de la voix au capitaine Hamari Traoré et à ses coéquipiers. Malheureusement, le résultat n’a pas été à la hauteur des attentes, puisque le pays a été éliminé. Ce sont des choses qui arrivent dans le football.
Comme le dit l’adage, «l’homme propose, Dieu dispose».
Pour moi, cette année n’était pas simplement la nôtre et nous devons continuer à travailler et bien préparer les éliminatoires de la CAN 2023. Tous les Maliens rêvent de voir les Aigles remporter la Coupe d’Afrique et j’espère de tout cœur que ça sera l’année prochaine en Côte d’Ivoire et que je ferai partie du groupe qui écrira cette nouvelle page de l’histoire du football malien.
L’Essor : Avez-vous un message pour les supporters maliens ?
Mamadou Kouyaté : Je remercie le public malien pour son courage et sa générosité. Je n’oublie pas mes fans, ils me suivent depuis l’enfance et rêvent, comme moi-même, de me voir dans le groupe des Aigles.
Le football n’est pas facile et tous les joueurs ont besoin des encouragements et du soutien des supporters.
Ensemble, nous pouvons aller plus loin. Le Mali a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles, surtout que notre pays traverse un moment crucial de son histoire.
Je dis aux Maliens de tenir bon et de prier pour le pays. Bon ramadan à tous les musulmans et bonne suite de carême à nos frères chrétiens qui fêteront très bientôt Pâques. Que Dieu bénisse le Mali, Amine !
Interview réalisée par
Djènèba
BAGAYOKO
Djeneba BAGAYOGO
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