Matériaux de construction : Les raisons de l’instabilité des prix

Difficultés liées à l’approvisionnement en certaines matières premières pour la production locale, contraintes météorologiques, mesures réglementaires et sécuritaires avec leurs corollaires sur l’importation sont, entre autres, raisons qui expliquent la volatilité des prix

Publié jeudi 24 juillet 2025 à 09:15
Matériaux de construction : Les raisons de l’instabilité des prix

Face à une démographie croissante (plus de 22 millions d’habitants, selon les résultats du dernier recensement en date du mois d’août 2023), le défi de l’habitation se pose naturellement au Mali. Et malgré une conjoncture économique jugée difficile, les chantiers de construction poussent au Mali comme des champignons. Pourtant, avoir un chez soi n’est pas aujourd’hui un jeu d’enfant. Tant, les prix des matériaux de construction sont volatils. Tantôt en hausse et tantôt en baisse, les prix de ces matériaux connaissent une perpétuelle fluctuation sur les marchés locaux.

 Indispensables dans la constructi
on architecturale, le ciment, le fer à béton, le sable et les graviers sont généralement les plus touchés par ce phénomène d’instabilité tarifaire. Face à de telles situations récurrentes, des questions pertinentes reviennent fréquemment sur les lèvres et les réponses sont aussi nombreuses que variées.

Pour ce qui est du ciment dont le prix de la tonne variait entre 110.000 et 125.000 Fcfa au moment où nous mettions cet article sous presse, plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte pour expliquer l’instabilité du prix. Des difficultés liées à l’importation à celles relatives à la production locale en passant par l’obtention de certaines matières premières, les contraintes sont nombreuses.

Avec un besoin national annuel estimé à 4,5 millions de tonnes, l
es cimenteries maliennes ne seraient en mesure de produire que 3,5 millions par an. Soit un gap de 1 million de tonnes à combler par l’importation, désormais impactée par l’adoption de nouvelles mesures par le gouvernement. En effet, depuis le 1er avril, le ministère des Transports et des Infrastructures a interdit la circulation aux véhicules hors gabarit et hors normes. Ce qui n’a pas été sans conséquences sur les importateurs dont certains se sont redirigés vers les mines ou ont complètement immobilisé leurs véhicules.

Concernant la production locale, la machine est également, des fois, enrayée à cause des difficultés liées à l’électricité ainsi qu’à une restriction imposée sur certaines matières premières. «La structure du coût de production qui nous a été présentée par les différentes cimenteries et que nous avons examinée a fait ressortir un certain nombre de contraintes qui ne pouvaient pas permettre d’assurer une baisse substantielle du prix du ciment sur le marché. Le principal facteur est lié à l’énergie. En effet, les usines ne bénéficient en moyenne que de deux heures de distribution d’électricité par jour et doivent fonctionner le reste du temps à l’aide de groupes électrogènes.

À cette difficulté s’ajoutent les restrictions imposées sur les véhic
ules hors gabarit et la décision du gouvernement, compte tenu de la situation sécuritaire de notre pays, d’interdire l'importation des explosifs sous certaines conditions, indispensables à la transformation de certaines matières premières», a souligné le ministre de l’Industrie et du Commerce lors de son passage dans l’émission Mali Kura Taasira 3 en juin dernier. Par ailleurs, le ministre Moussa Alassane Diallo a rassuré : «Avec le ministère en charge de la Défense, nous travaillons à une certification des cimenteries afin de leur permettre de s’approvisionner en explosifs, sans pour autant être assimilées à des terroristes.»


Le prix de la tonne de ciment varie entre 110.000 et 125.000 Fcfa



Une situation qui n’est pas sans impact sur la production et par ricochet sur le prix du ciment. D’après des quincaillers, pas plus de 3 cimenteries sur 5 implantées dans le pays fonctionnent à plein régime. Il y a donc un ralentissement de la production locale. Afin de contribuer à réduire le prix de ce précieux matériau, le président des Quincailleries du Mali, Lamine Traoré, préconise : «Il faut renforcer les conditions permettant aux unités de production d’assurer efficacement leur capacité productive et de favoriser l’importation.» À un moment donné, a-t-il fait savoir, «on était même descendu en dessous des prix indiqués par l'État à cause de la concurrence. Donc, quand il y a de l’abondance de ciment sur le marché, je pense que le prix va être stable».

 

Amélioration de la qualité du fer- Avec son rôle d’armature, le fer à béton est aussi un matériau important dans la construction. Il est également concerné par la fluctuation du prix. Si beaucoup d’acheteurs estiment que le prix a pris de l’ascenseur ces derniers temps, des quincaillers expliquent plutôt que c’est la qualité qui a été améliorée. Ce qui aurait eu des répercussions sur le prix. «Le prix du fer à béton a effectivement augmenté un peu. Cela est dû à l’amélioration de la qualité du fer dont le diamètre est désormais respecté grâce à l’implication de l’Etat.

Par le passé, les normes n’étaient pas respectées par certains ind
ustriels. Certains fers ne dépassaient pas 7 m alors que la dimension recommandée est de 12 m. Il y a eu des échanges entre l’État et les industriels qui ont abouti à l’adoption de certaines mesures allant dans le sens de l’amélioration de la qualité. Ce qui a eu son impact sur le prix des fers qui ont été ramenés aux normes recommandées», a expliqué Flamory Sidibé, secrétaire général des Quincailleries du Mali.

Exploitant de sable et de graviers installé à Sébénikoro en Commune IV du District de Bamako, Adama Traoré a également donné son avis sur l’instabilité des prix de ces matières. Selon lui, le temps (la météo) joue beaucoup sur les conditions d’extraction de ces matériaux enfouis sous les eaux. «Pendant l’hivernage, la demande est forte parce que les propriétaires de chantiers ont un accès facile à l'approvisionnement en eau pour construire. Pendant ce temps, l’extraction du sable ou du graviers devient difficile avec la crue du fleuve.

Durant cette même période, on manque aussi de chargeurs de pirogue
car ils ne maîtrisent pas tous la natation. Aussi, le vent qui souffle sur le fleuve perturbe beaucoup d'entre eux», a-t-il souligné. D’après Adama Traoré, en période sèche, un «7 volumineux» (c’est-à-dire une benne de 7 m3 à six roues) peut coûter entre 60.000 et 65.000 Fcfa avec un frais de transport qui varie selon les distances entre 12.500 entre 30.000 Fcfa. Tandis que pendant l’hivernage, la même quantité coûte entre 70.000 et 75.000 Fcfa pour la même tranche de frais de transport. Il en est de même quasiment pour les graviers.

Alassane Cissouma

Lire aussi : Commémoration des événements de mars 1991 : Le Premier ministre rend hommage aux martyrs

Pour le Général de division Abdoulaye Maïga, la célébration de cette journée symbolise la reconnaissance de la Nation pour les sacrifices des héros tombés pour l'avènement de la démocratie au Mali. Au nom du Chef de l’État, il a salué la résilience du peuple malien face aux assauts de.

Lire aussi : Énergie : Le ministre Traoré à l’écoute des agents de EDM-SA

Nouvellement nommé, le ministre de l’Énergie et de l’Eau poursuit ses prises de contact avec les structures relevant de son département. C’est dans ce cadre qu’il s’est rendu, mercredi dernier, à la direction générale de l’Énergie du Mali (EDM-SA), pour échanger avec les responsa.

Lire aussi : Sécurité alimentaire : Le Plan national de réponses 2026 partagé avec les PTF

Le gouvernement a partagé les documents du Plan national de réponses à la sécurité alimentaire (PNR) 2026, mercredi dernier, avec les Partenaires techniques et financiers (PTF) intervenant dans le domaine de la sécurité alimentaire..

Lire aussi : Crise du carburant : la douane réceptionne plusieurs camions-citernes

Un important convoi de camions-citernes, escorté en toute sécurité par les Forces armées maliennes (FAMa), a été reçu, mercredi dernier, dans les parkings à Bamako..

Lire aussi : Procès «Paramount-Embraer» : Le verdict attendu aujourd'hui

Ce vendredi en principe, les 18 accusés composés de personnalités militaires et civiles seront fixés sur leur sort après environ trois mois de procès.

Lire aussi : Forces armées maliennes : Un convoi de matériels militaires accueilli à Bamako

Dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, la capitale malienne a vibré au rythme de l’arrivée d’un convoi imposant de plusieurs centaines de véhicules blindés de nouvelle génération et d’autres équipements militaires en provenance de la Guinée..

Les articles de l'auteur

Procès "Paramount-Embraer" : 20 ans de prison pour les accusés absents

Les peines prononcées contre les 18 mis en cause vont de l’acquittement à 20 ans de réclusion criminelle. En plus, des accusés ont été condamnés à une amende de 2 milliards de Fcfa.

Par Alassane Cissouma


Publié vendredi 27 mars 2026 à 13:51

Procès «Paramount-Embraer» : Le verdict attendu aujourd'hui

Ce vendredi en principe, les 18 accusés composés de personnalités militaires et civiles seront fixés sur leur sort après environ trois mois de procès.

Par Alassane Cissouma


Publié vendredi 27 mars 2026 à 08:50

Élection Femafoot: Un boulevard se dégage pour Mahazou Cisset

La candidature de celui qui est donné favori vient d'être la seule validée sur les quatre dossiers préablement enregistrés.

Par Alassane Cissouma


Publié jeudi 26 mars 2026 à 18:04

Procès Paramount-Embraer : Le verdict attendu ce vendredi

À cette occasion, les 18 accusés composés de personnalités militaires et civiles et d'anciens ministres seront fixés sur leur sort après environ trois mois de procès.

Par Alassane Cissouma


Publié mercredi 25 mars 2026 à 12:45

Amical Russie-Mali: Le faux bond d'une vingtaine d’Aigles

De source fédérale, c’est une vingtaine de joueurs contactés qui ont décliné la convocation pour divers motifs. Le rassemblement démarre demain jeudi en Russie.

Par Alassane Cissouma


Publié mercredi 25 mars 2026 à 09:46

Procès «Paramount-Embraer»: Les avocats de la défense réclament les nouvelles pièces versées aux dossiers

Après le rabat du délibéré le 6 février dernier, le procès des affaires dites «Paramount-Embraer» a repris hier lundi à la Cour d’appel de Bamako devant la chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle national économique et financier..

Par Alassane Cissouma


Publié mardi 24 mars 2026 à 09:11

Procès Paramount-Embraer : Les débats reprennent ce lundi

Plus d’un mois après le rabat du délibéré, le procès, débuté en fin décembre 2025, va se poursuivre ce lundi 23 mars avec la réouverture des débats.

Par Alassane Cissouma


Publié lundi 23 mars 2026 à 08:24

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner