Après avoir libéré le village, les Forces armées maliennes
continuent à apporter de l’assistance à la population en procédant à la
distribution de vivres et en menant des consultations médicales gratuites
Ce lundi 21 février 2022, il est 6h45 du matin. Un hélicoptère
Mi 171 de l’Armée de l’air décolle de l’aéroport Ambodedjo de Sévaré (Mopti)
avec plusieurs cartons de médicaments à bord à destination de Marébougou dans
le Cercle de Djenné. Cette mission spéciale qui consiste à apporter une
assistance sanitaire à la population locale libérée de l’emprise des
djihadistes, est confiée au commandant de la 6è Région militaire, le colonel
Karim Traoré. Il est accompagné d’une équipe médicale militaire.
Après 25 minutes de vol, l’hélicoptère atterrit sans
encombre à Marébougou. Le village qui était sous le diktat des groupes
terroristes, a été libéré, en ce début de mois, par les Forces armées maliennes
(FAMa). Pour y arriver, la compagnie dirigée par le lieutenant Seydou Lassana
Dissa a mené plus de 6 heures de combats intensifs avec l’appui des hélicoptères
de combat de l’Armée de l’air. Sous la puissance de feu de nos FAMa, les
terroristes se sont repliés dans la forêt,
du côté de Kouakourou et de Sofara.
«Notre première mission consistait à libérer Marébougou. La
deuxième mission qui est en cours, est de multiplier les patrouilles dans la
zone et de faire des activités civilo-militaires en donnant des vivres et des médicaments
à la population locale qui était sous embargo», explique le lieutenant
Dissa.
Marébougou a beaucoup souffert de la domination des
terroristes. Les chasseurs du village ayant osé tenir tête aux forces
obscurantistes, ont payé un lourd tribut. En effet, plusieurs d’entre eux ont été
tués au combat. «Nos chasseurs se sont défendus avec les moyens du bord mais
les terroristes venaient en surnombre et ils étaient mieux équipés. Un jour,
ils ont tué plus de 30 de nos chasseurs. Nous avons vécu une journée terrible
ce jour là», raconte un jeune de Marébougou, nous montrant les impacts de
balles sur les murs de protection (tata) que les hommes du village ont
construit à la hâte.
Le vieux Sidiki Tangara, 98 ans, est le chef de village de
Marébougou. Il se dit fier de la résistance menée par sa population contre les
djihadistes. «Nous avons entendu parler du terrorisme en Algérie et chez les
Blancs. Nous ne comprenons pas pourquoi les terroristes sont venus chez nous et
ce qu’ils veulent de nous. De l’indépendance à nos jours, nous ne reconnaissons
que les autorités du Mali.
Il n’était pas question pour nous de nous soumettre à une autre autorité. Nous sommes très contents de la présence de l’armée. Après la libération du village, elle nous donne à manger et elle nous soigne gratuitement. Nous avons aussi la possibilité d’aller dans les villages environnants», témoigne le chef du village.
CONSULTATIONS MÉDICALES- « Marébougou a souffert de
l’embargo imposé par les terroristes. Personne ne pouvait sortir ou entrer dans
le village. Mais actuellement, la population est libre de tout mouvement. Les
gens vont maintenant aux foires des autres villages et en brousse pour couper
le bois ou les herbes», confirme le commandant de la compagnie qui a libéré
Marébougou.
Dans ce village martyr, les traces de combats sont visibles
partout. Les douilles de balles de PKM et PM sont éparpillées partout. Les
enfants les ramassassent pour jouer avec. Depuis 2018, ces mômes ne vont plus à
l’école. Quand les terroristes sont rentrés à Marébougou, ils ont pris pour
cible l’école du village. Les murs du bâtiment principal de l’établissement
portent encore les impacts de balles. L’établissement est aujourd’hui occupé
par nos militaires, en attendant la prochaine rentrée des classes.
À 12 ans, Moussa Tangara est toujours en classe de 2è année.
«On ne va plus à l’école depuis 2018 à cause des terroristes. Je suis pressé
que les cours reprennent, car je ne veux pas abandonner les études», confie
l’enfant qui s’amusait avec d’autres camarades dans la cour de l’école.
Présidente des femmes de Marébougou et mère de plusieurs
enfants, Bakoutou Coulibaly regrette amèrement la fermeture de l’école du
village par les terroristes. «Depuis plusieurs années, nos enfants ne vont plus
à l’école. Les terroristes voulaient qu’ils apprennent le Coran à la maison.
Nous avons vécu des moments très difficiles. Il y avait des jours où on
entendait des tirs du matin au soir. Nos hommes ont donné de leur vie pour nous
défendre.
Nous remercions l’armée et les autorités maliennes pour avoir libéré
notre village. Nous demandons à nos militaires de continuer les patrouilles
pour que nous soyons davantage rassurés quand nous devons aller en brousse, aux
champs ou dans d’autres villages», exprime celle qui vient de se faire
consulter par les médecins militaires. L’équipe médicale est installée au
centre de santé de Marébougou qui est rempli de monde.
Femmes et hommes d’un
certain âge sont venus se faire consulter et se faire remettre des médicaments.
Il y a aussi les enfants, dont la plupart souffrent de malnutrition. Venue avec
un stock important de médicaments, l’équipe médicale de l’infirmerie du camp
militaire de Sévaré passe toute la journée à faire des consultations.
Quelques jours après la libération de Marébougou, certains déplacés
sont déjà de retour. C’est le cas de Madou Samaké que nous avons accueilli avec
d’autres déplacés à l’entrée de Marébougou. «Les terroristes nous avaient empêchés
de cultiver nos champs. Nous avons été obligés d’aller au village de Diablo
vers Djenné pour cultiver. Quand nous avons appris que Marébougou a été libéré
par notre armée, nous avons décidé de revenir avec nos récoltes de la campagne écoulée»,
explique le paysan.
Le colonel Karim Traoré a encouragé ses hommes à continuer à sécuriser la zone à travers les patrouilles et surtout à assister la population de Marébougou pour qu’elle reprenne une vie normale après plusieurs mois de traumatisme.
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Madiba KEÏTA
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