Mangal Traoré, magistrat : Grand artisan des textes judiciaires au Mali

À sa tendre enfance, Mangal Traoré hésitait entre le métier du journalisme et celui de la justice. Le baccalauréat en poche, il opte finalement pour les sciences juridiques à l’École nationale d’administration (Ena), d’où il sort major de sa promotion en 1985.

Publié mercredi 05 novembre 2025 à 08:47
Mangal Traoré, magistrat : Grand artisan des textes judiciaires au Mali

Une année plus tard, suite aux conseils avisés de son père, Mangal Traoré se présente au concours de l’Institut national de formation judiciaire (INFJ) qui venait d’ouvrir ses portes et qui a remplacé le Centre national de formation des magistrats. «Par la grâce de Dieu, j’ai été admis», confie-t-il. Mangal Traoré commence ainsi sa carrière dans la magistrature en tant que substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kayes. Par la suite, il a été sollicité pour venir au Contentieux du gouvernement (actuel Contentieux de l’État) afin de défendre les intérêts de l’État au niveau des juridictions. Au même moment, il était chargé de cours de procédure pénale à l’Ena.


Mangal Traoré a également contribué à la formation de plusieurs générations de cadres, notamment des magistrats, des avocats, des huissiers-commissaires de justice, des notaires et des diplomates. «J’ai été par la suite sollicité par le ministre de la Justice, Cheickna Detteba Kamissoko, pour être son conseiller technique en 1995 où je suis resté pratiquement sept ans», se rappelle Mangal Traoré, qui cumulera cette fonction avec celle de coordonnateur du comité de pilotage du Programme décennal de développement de la justice (Prodej) sous le ministre de la Justice, Me Amidou Diabaté. Il devient ensuite conseiller technique chargé du suivi de la mise en œuvre de ce Programme sous le ministre Abdoulaye O. Poudiougou. «En 2002, le Président Amadou Toumani Touré, qui avait été élu, a souhaité que je vienne à ses côtés pour prendre en charge son secrétariat particulier, où je suis resté pendant près de dix ans», souligne Mangal Traoré.

Au début de l’année 2012, il s’envole pour Paris (France), où il avait été nommé Consul général du Mali. Depuis son retour au bercail en 2015, Mangal Traoré travaille régulièrement avec les partenaires techniques et financiers sur les questions de droit et de justice. Après une carrière de près de 40 ans, il dit être fier de trois choses.


La première chose est le fait d’avoir été désigné par le ministre Amidou Diabaté, comme coordonnateur du comité de pilotage du Prodej dans les années 1998. D’après lui, ce Programme a permis de doter l'INFJ d’un nouveau siège bâti sur plusieurs hectares. Mangal Traoré dira que le Prodej est aussi à l’origine de la construction de l’actuelle Cour d’appel de Bamako qui partageait le même espace que le Tribunal de grande instance de la Commune III. Sans oublier la construction de bâtiments pour abriter les principaux services centraux du ministère de la Justice et celle des tribunaux-modèles à travers un certain nombre de communes de Bamako, précisément les communes IV, II et VI, etc.

La deuxième chose qui fait la fierté de Mangal Traoré, c’est d’avoir contribué, en 2017, à relire le Statut de la magistrature. «Je pense que c’est un honneur particulier d’avoir été retenu pour relire le statut qui gère le corps auquel on appartient», se félicite-t-il. Avant d’ajouter que ce statut qui a été adopté en 2024, régit la magistrature malienne à ce jour.

La troisième chose dont il est fier est d’avoir été retenu par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme comme expert national en charge de l’élaboration du projet de Code de procédure pénale dont le chantier a pris 7 ans. «Le Code de procédure pénale est un texte extrêmement sensible car il touche à tout ce que l’homme compte de sacré à savoir son honneur, sa réputation, sa liberté et même sa vie en cas de commission d’une infraction à la loi pénale», souligne Mangal Traoré.

C’est suite à ce parcours exceptionnel que le magistrat de grade exceptionnel a reçu la décoration d’Officier de l’ordre national du Mali à titre exceptionnel, des mains du Chef de l’État le 22 septembre dernier. «J’exprime ma profonde reconnaissance à l’endroit du Général d’armée Assimi Goïta parce qu’il n’est pas toujours donné à un cadre d’être honoré de son vivant et de surcroît pendant la cérémonie officielle de célébration du 22 septembre sur le Boulevard de l’Indépendance», se réjouit Mangal Traoré. Pour celui qui prend sa retraite cette année, cette distinction impose une exigence d’exemplarité tous les jours.

Pour Mangal Traoré, notre pays a été, un moment, un laboratoire d’idées. «On a de très beaux textes mais les meilleurs textes ne valent que par l’application que les hommes en font», souligne-t-il. Avant de demander aux jeunes magistrats de se former, de se documenter et surtout de rester collés à la loi. «Il faut que les justiciables, en rentrant dans un palais de justice, en sortent avec le sentiment que justice a été rendue, même lorsqu’ils ont été condamnés», a ajouté Mangal Traoré.


Rédaction Lessor

Lire aussi : Opérationnalisation de la BCID-AES : De grandes avancées

La rencontre de Bamako va permettre de mettre en place les organes dirigeants de la BCID-AES, valider les textes fondateurs tout en veillant à la disponibilité des moyens techniques, financiers, juridiques et humains nécessaires à son développement.

Lire aussi : Koulouba : Le Président Goïta inaugure les Places de «Mali Tièbaw» et de «Mali Kèlèmasaw»

À la place des statues des explorateurs et des gouverneurs du Soudan français, se trouvent désormais celles des résistants à la pénétration coloniale et des figures emblématiques de notre Armée.

Lire aussi : À l’heure du Mali : Anciens et nouveaux médias, vent debout

Il est bien loin ce temps où Radio Mali et L’Essor mobilisaient seuls tous les sens des citoyens maliens et façonnaient l’opinion. Jusqu’en 1983, lorsqu’ils furent rejoints par la télévision nationale. La nouvelle venue ne faisait qu’agrandir la famille des «médias publics»..

Lire aussi : Bataille du vrai et du faux : Comprendre la désinformation et les armes du fact-checking

Dans un environnement informationnel en constante mutation, démêler le vrai du faux est devenu un enjeu majeur. Et ce combat contre la désinformation nécessite obligatoirement le respect des principes du journalisme..

Lire aussi : Numérique : terreau fertile à la désinformation

Les médias traditionnels ou classiques prennent le temps de recouper l’information avant de la diffuser. Tel n’est pas forcément le cas des nouveaux acteurs du métier appelés «vidéoman» qui, à la recherche de buzz et de sensation forte pour se faire plus d’audience, tombent facilement .

Lire aussi : Médias publics : Regards croisés sur l’héritage et les défis actuels de l’Essor et de l’Ortm

Dans les lignes qui suivent, nos deux interlocuteurs se sont prononcés sur les rôles de l’Essor et de l’ORTM dans l’ancrage institutionnel de notre pays, leur adaptation à l’évolution numérique, les défis et la contre-attaque dans le cadre de la guerre informationnelle.

Les articles de l'auteur

Message de félicitations du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration aux acteurs de la presse

«Je voudrais ici adresser mes remerciements et mes sincères félicitations à l’ensemble de la famille des communicants du Mali. Que ce soit les journalistes de la télévision, de la radio, de la presse écrite, de la presse privée, de la presse publique, je vous remercie et vous félicite tous pour vos efforts de lutte contre le discrédit qui a été tenté contre notre pays..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 12 décembre 2025 à 08:35

Causerie-débat : Le bumda sensibilise ses membres sur le droit d’auteur

Le Bureau malien du droit d’auteur (Bumda) a tenu, mardi dernier, au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, une causerie-débat pour sensibiliser et former ses membres, ainsi que l’ensemble des créateurs artistiques sur des activités en lien avec la gestion du droit d’auteur..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 09:35

Génève : Le ministre Mossa Ag Attaher porte la vision stratégique du Mali sur les dynamiques migratoires en Afrique

Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, a pris part le samedi 6 décembre 2025 à la table ronde ministérielle organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Genève en Suisse..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 09:24

Ouélessébougou : Des céréales distribuées aux familles vulnérables

La mairie de la Commune de Ouélessébougou a procédé, mardi dernier, à la distribution de 14 tonnes de céréales aux familles en situation difficile et aux déplacés qui ont trouvé gîte et couvert dans la circonscription. Cette action humanitaire a été rendue possible, grâce au soutien opérationnel du Commissariat à la sécurité alimentaire..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 09:16

Kangaba : Déblayage du site du futur hôpital du District

Le Cercle de Kangaba est prêt à accueillir à bras ouvert le nouvel hôpital du district que le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a promis à la localité dans son adresse à la nation à l’occasion du 65è anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté nationale et internationale..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 11 décembre 2025 à 09:12

Visite d’amitié et de travail du Premier ministre en Guinée : Pour renforcer la coopération économique et commerciale

Les deux délégations ont évoqué des sujets d’intérêt commun ayant trait à la coopération économique et commerciale. Il s’agit, entre autres, du projet d’interconnexion ferroviaire, de l’opérationnalisation de nouveaux corridors de transit de marchandises et de la transhumance.

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 10 décembre 2025 à 07:51

Colonel Yaya Traoré, DG de l’Anac : «La desserte domestique est assurée»

Comme chaque année, le Mali, à l’instar des autres nations, a célébré hier la Journée internationale de l’aviation civile. Dans cette interview, le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile, le Colonel Yaya Traoré, revient sur le sens de cet événement.

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 08 décembre 2025 à 08:01

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner