Une année plus tard, suite aux conseils avisés de son père, Mangal Traoré se présente au concours de l’Institut national de formation judiciaire (INFJ) qui venait d’ouvrir ses portes et qui a remplacé le Centre national de formation des magistrats. «Par la grâce de Dieu, j’ai été admis», confie-t-il. Mangal Traoré commence ainsi sa carrière dans la magistrature en tant que substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kayes. Par la suite, il a été sollicité pour venir au Contentieux du gouvernement (actuel Contentieux de l’État) afin de défendre les intérêts de l’État au niveau des juridictions. Au même moment, il était chargé de cours de procédure pénale à l’Ena.
Mangal Traoré a également contribué à la formation de plusieurs générations de cadres, notamment des magistrats, des avocats, des huissiers-commissaires de justice, des notaires et des diplomates. «J’ai été par la suite sollicité par le ministre de la Justice, Cheickna Detteba Kamissoko, pour être son conseiller technique en 1995 où je suis resté pratiquement sept ans», se rappelle Mangal Traoré, qui cumulera cette fonction avec celle de coordonnateur du comité de pilotage du Programme décennal de développement de la justice (Prodej) sous le ministre de la Justice, Me Amidou Diabaté. Il devient ensuite conseiller technique chargé du suivi de la mise en œuvre de ce Programme sous le ministre Abdoulaye O. Poudiougou. «En 2002, le Président Amadou Toumani Touré, qui avait été élu, a souhaité que je vienne à ses côtés pour prendre en charge son secrétariat particulier, où je suis resté pendant près de dix ans», souligne Mangal Traoré.
Au début de l’année 2012, il s’envole pour Paris (France), où il avait été nommé Consul général du Mali. Depuis son retour au bercail en 2015, Mangal Traoré travaille régulièrement avec les partenaires techniques et financiers sur les questions de droit et de justice. Après une carrière de près de 40 ans, il dit être fier de trois choses.
La première chose est le fait d’avoir été désigné par le ministre Amidou Diabaté, comme coordonnateur du comité de pilotage du Prodej dans les années 1998. D’après lui, ce Programme a permis de doter l'INFJ d’un nouveau siège bâti sur plusieurs hectares. Mangal Traoré dira que le Prodej est aussi à l’origine de la construction de l’actuelle Cour d’appel de Bamako qui partageait le même espace que le Tribunal de grande instance de la Commune III. Sans oublier la construction de bâtiments pour abriter les principaux services centraux du ministère de la Justice et celle des tribunaux-modèles à travers un certain nombre de communes de Bamako, précisément les communes IV, II et VI, etc.
La deuxième chose qui fait la fierté de Mangal Traoré, c’est d’avoir contribué, en 2017, à relire le Statut de la magistrature. «Je pense que c’est un honneur particulier d’avoir été retenu pour relire le statut qui gère le corps auquel on appartient», se félicite-t-il. Avant d’ajouter que ce statut qui a été adopté en 2024, régit la magistrature malienne à ce jour.
La troisième chose dont il est fier est d’avoir été retenu par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme comme expert national en charge de l’élaboration du projet de Code de procédure pénale dont le chantier a pris 7 ans. «Le Code de procédure pénale est un texte extrêmement sensible car il touche à tout ce que l’homme compte de sacré à savoir son honneur, sa réputation, sa liberté et même sa vie en cas de commission d’une infraction à la loi pénale», souligne Mangal Traoré.
C’est suite à ce parcours exceptionnel que le magistrat de grade exceptionnel a reçu la décoration d’Officier de l’ordre national du Mali à titre exceptionnel, des mains du Chef de l’État le 22 septembre dernier. «J’exprime ma profonde reconnaissance à l’endroit du Général d’armée Assimi Goïta parce qu’il n’est pas toujours donné à un cadre d’être honoré de son vivant et de surcroît pendant la cérémonie officielle de célébration du 22 septembre sur le Boulevard de l’Indépendance», se réjouit Mangal Traoré. Pour celui qui prend sa retraite cette année, cette distinction impose une exigence d’exemplarité tous les jours.
Pour Mangal Traoré, notre pays a été, un moment, un laboratoire d’idées. «On a de très beaux textes mais les meilleurs textes ne valent que par l’application que les hommes en font», souligne-t-il. Avant de demander aux jeunes magistrats de se former, de se documenter et surtout de rester collés à la loi. «Il faut que les justiciables, en rentrant dans un palais de justice, en sortent avec le sentiment que justice a été rendue, même lorsqu’ils ont été condamnés», a ajouté Mangal Traoré.
Rédaction Lessor
La rencontre de Bamako va permettre de mettre en place les organes dirigeants de la BCID-AES, valider les textes fondateurs tout en veillant à la disponibilité des moyens techniques, financiers, juridiques et humains nécessaires à son développement.
À la place des statues des explorateurs et des gouverneurs du Soudan français, se trouvent désormais celles des résistants à la pénétration coloniale et des figures emblématiques de notre Armée.
Il est bien loin ce temps où Radio Mali et L’Essor mobilisaient seuls tous les sens des citoyens maliens et façonnaient l’opinion. Jusqu’en 1983, lorsqu’ils furent rejoints par la télévision nationale. La nouvelle venue ne faisait qu’agrandir la famille des «médias publics»..
Dans un environnement informationnel en constante mutation, démêler le vrai du faux est devenu un enjeu majeur. Et ce combat contre la désinformation nécessite obligatoirement le respect des principes du journalisme..
Les médias traditionnels ou classiques prennent le temps de recouper l’information avant de la diffuser. Tel n’est pas forcément le cas des nouveaux acteurs du métier appelés «vidéoman» qui, à la recherche de buzz et de sensation forte pour se faire plus d’audience, tombent facilement .
Dans les lignes qui suivent, nos deux interlocuteurs se sont prononcés sur les rôles de l’Essor et de l’ORTM dans l’ancrage institutionnel de notre pays, leur adaptation à l’évolution numérique, les défis et la contre-attaque dans le cadre de la guerre informationnelle.