#Mali : Réseaux sociaux : Attention aux faux proxénètes !

Ces arnaqueurs vous appâtent avec des photos affriolantes volées sur les pages de femmes imprudentes. Si vous mordez à l’hameçon, vous vous retrouverez dans un engrenage qui vous coûtera cher. Face à l’ampleur du phénomène, l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP) a saisi le procureur

Publié mardi 28 mai 2024 à 18:31
#Mali : Réseaux sociaux : Attention aux faux proxénètes !

Arouna Keïta, secrétaire général de l’APDP

du Pôle judiciaire national spécialisé chargé de la lutte contre la cybercriminalité pour traquer ces agissements contraires aux bonnes mœurs

Les réseaux sociaux sont très utiles. Ces plateformes numériques permettent aux internautes de communiquer facilement, de tisser de nouvelles amitiés et même faire des affaires. Dans le cas malien, de plus en plus, l’on constate des agissements contraires aux bonnes mœurs. Des femmes ont pris plaisir à se donner en spectacle dans les Live (réels) sur TikTok, Meta (Facebook) et autres réseaux. Leurs données personnelles (images et vidéos) sont souvent récupérées sans leur consentement et utilisées à des fins illicites.

La dernière trouvaille des délinquants qui s’adonnent à cette utilisation illicite des données personnelles est la mise en scène de personnes à la recherche de partenaires sexuels. Le mode opératoire de ces arnaqueurs «sexuels» consiste à mettre des numéros sur des photos ou vidéos d’une femme et les publier sur une plateforme numérique à l’insu de la personne concernée. «Une fois que vous publiez votre vidéo, quelque soit le mobile, les arnaqueurs ou escrocs sexuels prennent la vidéo, ils en font un montage avec des sons d’ébats sexuels et y affichent un numéro de téléphone», explique le secrétaire général de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), Arouna Keïta.

L’internaute qui mord à l’hameçon est invité à verser une commission pour être mis en contact avec la femme qu’il désire. Plusieurs hommes sont tombés dans le panneau, comme A. D. qui raconte sa mésaventure avec un brin d’humour : «Un jour, j’ai appelé un numéro que j’avais pris sur TikTok. Celui qui a décroché m’a demandé de payer 5.000 Fcfa, mais j’ai négocié et ramené la commission à 3.000 Fcfa. Et dès que j’ai envoyé l’argent, le gars s’est mis sur répondeur. J’ai passé la journée à l’appeler. Sans succès !»

Par contre, Y. S., un jeune très fréquent sur les réseaux sociaux, a vite compris le jeu des arnaqueurs. «Depuis quelques temps, je vois des photos de femmes qui défilent avec des contacts. Curieux, j’ai appelé un numéro et c’est un homme qui a décroché. Ce dernier m’a demandé de payer 5.000 Fcfa comme commission pour qu’il me mette en contact avec la femme sur la photo. Mais je n’ai pas accepté», confie notre interlocuteur. Comme lui, M. S. et son ami avaient aussi essayé mais la réponse est la même : «Il faut verser d’abord la commission au gérant.»

«Ces derniers temps, il y a trop de dérapages sur les réseaux sociaux. Les gens commencent à se pervertir sur ces plateformes comme dans la vie réelle. Nous sommes en train de travestir l’esprit des créateurs de ces plateformes numériques, en commentant des actes contraires aux bonnes mœurs», analyse le secrétaire général de l’APDP. Selon Arouna Keïta, que nous avons rencontré à son bureau sis au Quartier du fleuve, la loi portant protection des données à caractère personnel est claire : «Tout traitement déloyale et illicite est puni de 5 à 20 millions de Fcfa.» Et il y a un projet de texte dans le circuit d’adoption au niveau du Conseil national de Transition (CNT) qui prévoit aussi des incriminations criminelles pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 10 millions de Fcfa d’amende pour traitement illicite d’images, l’exposition d’images à des fins pornographiques et autres.

Le secrétaire général de l’APDP fait savoir que ce phénomène constitue en lui-même deux comportements répréhensibles. D’abord, le fait de prendre la photo ou la vidéo d’une femme pour des fins de propagande ou de publicité pour arnaquer des gens qui seraient tentés, constitue une infraction aux données personnelles.  Et le fait de soutirer de l’argent à des éventuels candidats constitue une escroquerie punie par la loi sur la  cybercriminalité. Il précise que les sanctions concernent aussi les internautes qui partagent ou commentent les images ou vidéos publiées illicitement.

 

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE- S’agissant de la régulation du cyberespace, l’expert en protection des données personnelles indique que notre État a posé les jalons. Il fait référence à la loi 2013-015 du 21 mai 2013 modifiée, la loi sur la cryptologie et la loi sur les transactions électroniques. Il vise aussi à la création et l’opérationnalisation des structures comme l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des postes (AMRTP), la Haute autorité de la communication (Hac) et l’ADPD.

Le cyberespace n’appartient pas qu’au Mali. «Nous avons un cyberespace dominé par les Gafam qui sont les seuls maîtres à bord du cyberespace mondial», souligne Arouna Keïta qui estime que pour lutter contre le phénomène, il faut nécessairement réguler les Gafam (Facebook, Google, Twitter, Amazon). «Quand on prend le cas malien, aucune grande société numérique n’a son bureau au Mali. Même pour les assigner ou contraindre à retirer un contenu, il faut s’adresser à leur siège qui se trouve à la Silicon Valley en Californie (états-Unis). Donc, il va falloir que nous partions vers une souveraineté numérique où nous maîtrisions notre cyberespace, nos données», préconise le secrétaire général de l’APDP.

Au-delà de la régulation, l’expert suggère un partenariat avec ces géants du web afin de faciliter le retrait rapide des vidéos qui portent atteinte à l’honneur et à la considération de nos concitoyens et qui posent également des problèmes de mœurs pour la société malienne. «Nous avons demandé à nos sœurs de faire attention à ce qu’elles publient. Certaines femmes et filles ont pris un malin ou mauvais plaisir en se donnant en spectacle dans les Live. Alors que tout ce qu’elles publient restera la propriété des géants du numérique», explique Arouna Keïta. Et d’insister : «Une fois qu’un internaute publie quelque chose, la gestion de la chose lui échappe.


La publication sera partagée par des milliers de personnes et la plateforme numérique gardera les images. C’est le cas des escroqueries sexuelles qui se font actuellement.» Par ailleurs, le secrétaire général de l’ADPD conseille aux personnes victimes de signaler les publications illicites aux plateformes, et de saisir le procureur du Pôle judiciaire national spécialisé chargé de la lutte contre la cybercriminalité ou l’APDP. Pour l’heure, il n’y a pas eu de sanctions pour les cas précis. Mais face à ces dérives, conformément aux dispositions de la loi n°2013-015 du 21 mai 2013 modifiée, portant protection des données à caractère personnel en République du Mali, l’APDP a saisi le procureur du Pôle spécialisé pour une suite judiciaire à ces agissements contraires aux bonnes mœurs


 À cet égard, l’Autorité rappelle aux utilisateurs des réseaux sociaux que la publication et le partage d’images, portant atteinte à la vie privée, à la dignité de la personne humaine ainsi qu’à ses données à caractère personnel, sont réprimés notamment par le Code pénal et la loi n°2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité.

Babba COULIBALY

Lire aussi : #Mali : Compétition du SITA 2024 : L’Institut de Formation Niaré Froid remporte le gros lot

Le Complexe de formation technique et professionnelle Niaré Froid, sis à Titibougou (100 mètres environ au nord du terrain de football) a remporté deux prix de la compétition organisée entre les centres de formation professionnelle dans différentes filières en marge de la 3è édition du Sal.

Lire aussi : #Mali : Signature électronique : Un maillon important de la digitalisation de l’administration

Dans cet entretien exclusif, la directrice du Service de certification et de signature électronique, Mme Fanta Coumba Karembé explique que sa mise en œuvre permet de simplifier les processus administratifs, de réduire la consommation de papier, et d’améliorer l’efficacité et la rapidité d.

Lire aussi : #Mali: Innovation-lab en Azerbaïdjan : Mme Kadidiatou Sogoba remporte le premier prix

Notre compatriote Mme Kadidiatou Sogoba a remporté le premier prix du Concours international de l’innovation qui a eu lieu en marge du Forum «By youth for youth», tenu à Bakou et Shusha en Azerbaïdjan du 24 au 28 juin dernier..

Lire aussi : #Mali : Énergie nucléaire : Le Mali et la Russie signent trois mémorandums d’entente

Conformément à ces mémorandums, le département de l’Énergie et de l’Eau s’attellera dans les mois à venir à développer une stratégie de communication spécifique en vue d’informer et de sensibiliser nos compatriotes sur l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Lire aussi : #Mali : Koulouba : Le président de la Transition reçoit les trois ministres de l’Économie numérique de l’AES

Le colonel Assimi Goïta a échangé avec ses hôtes sur les bienfaits du numérique. Il leur a aussi donné des conseils utiles, avant de leur exprimer le total soutien des chefs d’État de l’Alliance.

Lire aussi : #Mali : PMU Mali : Une bonne santé financière

La société du Pari mutuel urbain du Mali (PMU Mali) affiche un bénéfice exceptionnel de plus de 22, 5 milliards de Fcfa en 2023 (une hausse de 7,41%) soit une différence de plus de 1,6 milliard de Fcfa en 2022..

Les articles de l'auteur

#Mali : Compétition du SITA 2024 : L’Institut de Formation Niaré Froid remporte le gros lot

Le Complexe de formation technique et professionnelle Niaré Froid, sis à Titibougou (100 mètres environ au nord du terrain de football) a remporté deux prix de la compétition organisée entre les centres de formation professionnelle dans différentes filières en marge de la 3è édition du Salon de l’ingénierie, de la transformation et de l’apprentissage (Sita)..

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 10 juillet 2024 à 17:33

#Mali : Signature électronique : Un maillon important de la digitalisation de l’administration

Dans cet entretien exclusif, la directrice du Service de certification et de signature électronique, Mme Fanta Coumba Karembé explique que sa mise en œuvre permet de simplifier les processus administratifs, de réduire la consommation de papier, et d’améliorer l’efficacité et la rapidité des transactions.

Par Babba COULIBALY


Publié mardi 09 juillet 2024 à 17:54

#Mali: Innovation-lab en Azerbaïdjan : Mme Kadidiatou Sogoba remporte le premier prix

Notre compatriote Mme Kadidiatou Sogoba a remporté le premier prix du Concours international de l’innovation qui a eu lieu en marge du Forum «By youth for youth», tenu à Bakou et Shusha en Azerbaïdjan du 24 au 28 juin dernier..

Par Babba COULIBALY


Publié jeudi 04 juillet 2024 à 16:52

#Mali : Énergie nucléaire : Le Mali et la Russie signent trois mémorandums d’entente

Conformément à ces mémorandums, le département de l’Énergie et de l’Eau s’attellera dans les mois à venir à développer une stratégie de communication spécifique en vue d’informer et de sensibiliser nos compatriotes sur l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 03 juillet 2024 à 17:17

#Mali : Koulouba : Le président de la Transition reçoit les trois ministres de l’Économie numérique de l’AES

Le colonel Assimi Goïta a échangé avec ses hôtes sur les bienfaits du numérique. Il leur a aussi donné des conseils utiles, avant de leur exprimer le total soutien des chefs d’État de l’Alliance.

Par Babba COULIBALY


Publié dimanche 30 juin 2024 à 17:12

#Mali : PMU Mali : Une bonne santé financière

La société du Pari mutuel urbain du Mali (PMU Mali) affiche un bénéfice exceptionnel de plus de 22, 5 milliards de Fcfa en 2023 (une hausse de 7,41%) soit une différence de plus de 1,6 milliard de Fcfa en 2022..

Par Babba COULIBALY


Publié jeudi 27 juin 2024 à 17:29

#Mali : SMTD-SA : Un nouveau SIège à hauteur d’ambition

Le joyau a été inauguré mardi dernier par le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène. Il offre plus de commodités aux travailleurs de l’entreprise dans la mise en œuvre de la Télévision numérique terrestre (TNT).

Par Babba COULIBALY


Publié mercredi 26 juin 2024 à 18:10

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner