Les
Assises nationales de la refondation (ANR), tenues du 11 au 30 décembre 2021,
ont formulé des recommandations en vue d’instaurer une lutte efficace contre la
corruption et l’impunité sous toutes leurs formes. C’est dans ce contexte que
s’inscrit l’élaboration d’un document de Stratégie nationale de lutte contre la
corruption (SNLCC) et son Plan d’actions (2023-2027), initié par le ministère
en charge de la Refondation de l’État, avec l’appui technique et financier du
Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).
La
cérémonie de lancement officiel des activités prévues dans le cadre de cette
Stratégie nationale a eu lieu hier au Centre international de conférences de
Bamako (CICB) sous la présidence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga.
C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement dont le ministre de la
Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim
Ikassa Maïga.
Le
document de Stratégie nationale de lutte contre la corruption, adopté par le
gouvernement est assorti d’un Plan d’actions quinquennal (2023-2027) structuré
autour de quatre axes stratégiques. Il s’agit de la gouvernance et des
réformes, de la prévention des faits de corruption, de la répression et de la
réparation, ainsi que de la communication. Sa vision est de «doter le Mali de
mécanismes opérationnels afin de lutter efficacement contre la corruption et
promouvoir la bonne gouvernance dans le respect des droits de l’Homme et des
règles d’éthique et de transparence».
Le
ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les
Institutions a rappelé que le processus d’élaboration de ce document a été
conduit suivant une approche participative et inclusive à travers la création,
le 13 octobre 2021, d’un Comité de pilotage regroupant les acteurs concernés du
secteur public, de la société civile et du secteur privé. Ibrahim Ikassa Maïga
a rappelé qu’après cette phase de large consultation nationale, le projet de
document a fait l’objet de réunions de consolidation par les départements
ministériels.
DEUX
ACTIVITÉS CAPITALES- Le ministre chargé de la Refondation de l’État a annoncé
que cette cérémonie sera suivie de deux activités capitales. La première est la
session inaugurale du Comité de pilotage qui se tiendra les 18 et 19 décembre
prochains en vue de la validation du Plan de travail annuel au titre de 2024.
Et suivront les journées d’appropriation du document de la Stratégie nationale prévues
pour les 21 et 22 décembre à l’intention des agents de l’administration
publique.
Pour
le représentant résident du Pnud au Mali, Maleye Diop, le potentiel d’une
nation ne peut être atteint lorsqu’elle est victime de la corruption. «Ce
fléau, manifestation d’une mal gouvernance, est bien présente au Mali et source
d’instabilité », a-t-il dit tout en saluant les autorités maliennes pour
avoir identifié «la lutte contre la corruption » comme une des grandes
priorités de la Transition. Pour lui, l’adoption de cette stratégie va
contribuer à renforcer la coordination des nombreux acteurs étatiques et non
étatiques intervenant dans la prévention et la lutte contre la corruption et
ainsi de formaliser les engagements de l’état en la matière et d’en mesurer les
résultats.
Pour
sa part, le Premier ministre a rappelé que dans le cadre de la lutte contre le
fléau, les pouvoirs publics ont initié plusieurs actions, notamment la tenue
des états généraux sur la corruption et la délinquance financière, l’adoption
de la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent et
financement du terrorisme et de la Politique nationale de transparence. En
dépit de ces efforts, pour Choguel Kokalla Maïga, il est apparu nécessaire de
concevoir et d’adopter une Stratégie nationale de lutte contre la corruption,
assortie d’un Plan d’actions quinquennal, conformément au Plan d’action du
gouvernement.
Aujourd’hui,
a souligné le chef du gouvernement, la lutte contre la corruption et la
délinquance financière est devenue une réalité, grâce à l’engagement des
autorités de la Transition, accompagnées en cela par les organisations de la
société civile, du secteur privé ainsi que les braves populations. «La
Stratégie nationale de lutte contre la corruption est conçue et voulue comme un
outil d’amélioration de la gouvernance publique, visant à mettre en œuvre
l’ensemble des mesures de prévention, de contrôle et de lutte contre la
corruption sous toutes ses formes, aussi diversifiées soient-elles», a
développé le chef du gouvernement, pour qui sa mise en œuvre permettra, sans
nul doute, de rétablir la confiance des citoyens aux Institutions dont le
crédit a été largement entamé.
Pour ce faire, a poursuivi Dr Choguel Kokalla Maïga, la transparence et la reddition des comptes doivent être des indicateurs de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption à tous les niveaux de l’administration publique, afin de susciter véritablement la confiance et l’adhésion des citoyens aux politiques publiques, gage de l’effectivité du changement annoncé. Il a indiqué que dans le cadre de la mise en œuvre des activités prévues dans le Plan d’actions de cette stratégie, il s’agit particulièrement de convaincre la nouvelle génération, espoir de demain, mais aussi tentée par l’argent facile, de suivre le chemin de la probité et de l’intégrité.
Amadou GUEGUERE
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