La rencontre est organisée par Gorée Institute en partenariat avec l’École de maintien de la paix-Alioune Blondin Bèye (EMP-AAB)
La 5è
édition du Forum régional de la jeunesse se déroule depuis hier à l’École de
maintien de la paix-Alioune Blondin Bèye (EMP-AAB) sous le thème : «rôle et
engagement des jeunes dans la gouvernance, la citoyenneté et la paix au Sahel :
aller au-delà de la contestation». Elle est organisée par Gorée Institute en
partenariat avec l’EMP-AAB. Les travaux, présidés par le ministre de la
Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction
citoyenne, Adoul Kassim Ibrahim Fomba, prennent fin aujourd’hui. Les
participants viennent du Burkina-Faso, du Niger, du Sénégal et du Mali.
L’objectif
est de fournir aux jeunes un cadre de dialogue, de réflexion, d’apprentissage,
d’échange d’expériences afin de proposer de nouvelles perspectives et
d’améliorer leur participation à la citoyenneté et au processus de paix au
Sahel, en particulier et en Afrique, en général.
Le
ministre chargé de la Jeunesse a contextualisé le thème de la rencontre. Selon
Adoul Kassim Ibrahim Fomba, il s’agit de changer de prisme, de décortiquer et
de faire son propre narratif du sujet. De son point de vue, il est fondamental
de faire le lien entre la gouvernance et la citoyenneté en tenant compte de
l’ordre politique et économique. Le ministre Fomba a établi un lien entre
citoyenneté et patriotisme. Il a
également évoqué le rôle et la responsabilité de la jeunesse en Afrique.
Par ricochet, il a touché aux notions de diplomatie et de souveraineté,
marquées par le sceau de paix. «Les jeunes sont les piliers de nos États», a
martelé le conférencier.
Abondant
dans le même sens, le directeur exécutif de Gorée institute a indiqué que
l’Afrique est confrontée aux questions relatives à la gouvernance et à la
sécurité, notamment au Sahel. Doudou Dia pense fondamentalement que les jeunes
sont les leviers du développement parce que constituant 73% de la population du
Sahel.
«Il est important de leur faire confiance et de changer le narratif qui
consiste à avoir une jeunesse plus consciente et responsable», a-t-il souligné.
Selon le conférencier, il appartient à nos élites de faire confiance aux jeunes
parce qu’ils sont la source, la sève nourricière de toute société humaine.
CONSTRUCTION
DE LA PAIX- Le directeur exécutif de Gorée Institute ajoutera que les jeunes
incarnent la vitalité et qu’il faut miser sur leur énergie pour bâtir le Sahel
et l’Afrique de demain. «Ces jeunes sont dignes de confiance. Ils sont
dynamiques», a témoigné Doudou Dia. Toutefois, dira-t-il, il ne faut pas avoir
une jeunesse qui se fonde sur
l’activisme de contestation. «Il s’agit d’avoir des jeunes qui sont partie
prenante des processus d’élaboration des politiques publiques», a expliqué
Doudou Dia, estimant que l’élite africaine à deux dettes : la première c’est le
patriotisme. «Une élite qui puisse aimer son peuple et répondre au besoin des
populations», a-t-il précisé. La deuxième dette, a poursuivi l’orateur, c’est
la dette de la redevabilité.
Qui plus est d’avoir une gouvernance responsable et transparente
répondant aux préoccupations des
citoyens. «Il faut que cette grande franche de la population soit mise au cœur
du processus décisionnel», a soutenu Doudou Dia, tout en mettant en place une
communauté élargie d’actrices de changement social au niveau du Sahel.
Pour sa
part, le directeur de l’École de maintien de la paix-Alioune Blondin Bèye a
relevé que ce forum constitue une opportunité pour échanger les idées et
surtout un lieu où l’engagement des jeunes du Sahel trouve une tribune
d’expression.
Le Colonel Souleymane Sangaré reste
persuadé que le Sahel traverse une période charnière. «Les menaces
sécuritaires, les crises économiques, les tensions socio-politiques et les
changements climatiques font de notre région, une zone de fragilité et de
résilience», a fait remarquer l’officier supérieur. Pour lui, les jeunes doivent être vus comme les
partenaires essentiels dans la gouvernance et la construction de la paix.
S’adressant aux jeunes, il dira ceci : «Votre créativité, votre énergie et
votre désir de changement sont les ressources les plus puissantes dont dispose
le Sahel pour briser le cycle de la violence et la pauvreté».
L’ambassadrice du Royaume des Pays-Bas au Mali a fait savoir que la gouvernance est un terme clé du partenariat de son pays avec le Mali. Pour Caecilia Wijgers, la jeunesse constitue le capital humain du Sahel. «Au-delà de la contestation», elle trouve que cette expression renvoie au processus de réconciliation entre les couches de la société.
Namory KOUYATE
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