Fatoumata Maïga, présiente de l'Ordre national des Sages-femmes du Mali
À l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont les parcours peuvent inspirer d’autres. La première s’appelle Fatoumata Maïga, présidente du Conseil national de l’ordre des sages-femmes du Mali (CNOSFM).
Sage-femme née à Gao, elle obtient son diplôme à l’École secondaire de la santé du Mali (promotion 1974-1976).
La septuagénaire est mère de 5 enfants dont deux filles. Elle a plusieurs petits-enfants. Fatoumata Maïga a été secrétaire générale du CNOSFM de 2019 à 2022, point focal VBG (Violence basée sur le genre) et chargée de SSRAJ/DNS/DSR de 2016 à 2018. Elle est chargée de la santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes à la Direction nationale de la santé de 2014 à nos jours.
Auparavant, elle fut chargée de la formation en SR/PF, suivi de l’enfant et genre à la Direction nationale de la santé de 2013 à 2014. Poste qu’elle a occupé après avoir été sage-femme à la Direction régionale de la santé de Mopti, chargée des activités de la SR et PF dans les huit districts sanitaires de 1999 à 2006, sage-femme à la Direction régionale de la santé de Gao, responsable de la protection maternelle et infantile au Centre de santé de Gao de 1985 à 1997.
Présidente du Conseil national des sages-femmes du Mali depuis juin 2023, elle dispose de connaissances en obstétrique et médecine de haute qualité pour prodiguer des soins appropriés aux femmes enceintes, aux nouveau-nés et à leurs familles. Mais aussi pour fournir des soins prénataux de haute qualité pour suivre la grossesse, détecter et traiter tôt certaines complications ou orienter la femme vers une personne compétente.
Aussi, ses compétences lui permettent de faire des accouchements sans risque dans les conditions hygiéniques et de faire face à des situations d’urgence particulières pour maximiser la santé des femmes et de leurs nouveau-nés. Notre présidente a une maîtrise des questions de soins postnataux, en counseling des femmes victimes de fistule obstétricale. Elle est conseillère en planification familiale.
Pr Mme Thèra Aminata Kouma
À la question de savoir si elle a rencontré des difficultés dans sa carrière à cause de son statut de femme, Fatoumata Maïga a indiqué que tel n’a pas été son cas. Parlant des difficultés que les femmes rencontrent au Mali, elle dira qu’une fois placées dans l’administration, les femmes subissent une discrimination surtout en matière de poste de responsabilité. Également sur le plan du partage d’héritage, les femmes rencontrent d’énormes difficultés. La sage-femme dénonce qu’en cas de décès de la femme fonctionnaire, si son mari travaille, les enfants ne disposent pas de droit à la pension de leur maman.
Pour améliorer la situation des femmes dans notre pays, Fatoumata Maiga propose de revoir les textes pour mettre les femmes dans leurs droits, ensuite faire un plaidoyer au niveau des leaders et de l’Assemblée nationale. Notre deuxième personnalité est Mme Thèra Aminata Kouma, médecin gynécologue à l’hôpital de Kati. Elle a obtenu son diplôme de gynécologue au Mali à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odonto-stomatogie.
L’enseignante-chercheur a fait un article sur la problématique de l’accouchement chez les adolescents à l’hôpital de Ségou. Elle est l’une des responsables d’enquête et de rédaction du manuscrit « l’accouchement gémellaire en milieu africain: une analyse de 10 ans dans le District de Bamako».
Aminata Kouma est l’une des femmes médecin inscrite sur le tableau 2025 de l’ordre des médecins du Mali, mais également de l’ordre des gynécologues. Elle a été membre de jury, co-directrice de plusieurs thèses de Doctorat. L’ancienne élève au lycée technique nous avoue que son parcours à l’université de médecine n’a pas été difficile.
Se prononçant sur les principales difficultés que les femmes rencontrent au Mali, Aminata Kouma a cité l’accès au leadership assez difficile pour les femmes, l’autonomisation financière, l’auto-suffisance, etc. Pour améliorer la situation des femmes dans notre pays, elle propose l’éducation, l’aide à leur autonomisation.
Binta KEITA
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